"Aujourd'hui, on est en train de faire un pas très sérieux dans la voie de la solution des problèmes de la société", a indiqué Mikhaïl Fradkov, en intervenant à la session plénière de la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe) qui s'est penchée, ce mercredi, sur la question de confiance au gouvernement fédéral.
"Tout n'y va pas évidemment comme il se doit. Néanmoins, il a fallu bien agir, car on ne pouvait plus repousser à plus tard cette réforme", a déclaré le chef du gouvernement.
Quoi qu'il en soit, tout en reconnaissant ses propres erreurs, Mikhaïl Fradkov critique aussi tous ceux qui se sont montrés très sceptiques au sujet de la réforme en question.
"Se trompent lourdement ceux qui pensent qu'en s'attaquant à de tels problèmes de taille et réalisant des réformes aussi grandioses, on pourrait se contenter facilement des recettes toutes prêtes", a noté le Premier ministre.
Et d'ajouter que la critique par le Président du pays des erreurs commises par le gouvernement a incontestablement joué son rôle très positif.
Mikhaïl Fradkov a également reconnu qu'à l'adoption de la loi sur la monétisation des avantages en nature, tout n'avait pas été dûment calculé.
"Il est tout à fait évident qu'aucune économie ne tiendra si la moitié de la population du pays bénéficie de tels ou tels avantages. Pourtant, en prévision de la mise en application de cette loi, il aurait bien fallu calculer tout dans le moindre détail", a précisé le chef du gouvernement fédéral.
"Cela se rapporte, entre autres, aux possibilités financières des budgets de différents niveaux. Il aurait fallu, en outre, éviter une différenciation flagrante entre les bénéficiaires régionaux et fédéraux d'avantages et de prestations. Il aurait fallu, finalement, prévoir tous les défauts éventuels dans le fonctionnement des rapports interbudgétaires", a estimé Mikhaïl Fradkov.
Qui plus est, est persuadé le Premier ministre, le gouvernement aurait sans doute dû mener un grand travail d'explication parmi la population.
"Le schéma opaque d'avantages et de prestations avait créé l'illusion que l'Etat se souciait de tous ses citoyens. Pourtant, il aurait fallu démontrer que la réforme profiterait effectivement à tous, sans exception aucune", a noté le chef du gouvernement.
Comme l'a affirmé Mikhaïl Fradkov, le gouvernement a tiré des conclusions de ses erreurs au cours de la mise en application de la loi, et un grand travail est à réaliser qui sera bien intensifié.
Les auteurs de la loi sur la monétisation des avantages en nature auraient dû tenir compte de la psychologie de ceux qui en avaient bénéficié, a précisé Mikhaïl Fradkov. "Dans cette question, il est nécessaire de prendre en compte son aspect psychologique, car il ne s'agit pas là uniquement de l'argent, mais aussi et surtout du respect et du statut des gens au sein de la société", a-t-il continué.
"Je ne peux pas, non plus, ne pas réagir à la critique concernant la monétisation. Cette critique est extrêmement grave, mais je ne veux pas du tout que l'on pense que je refuse d'en assumer la responsabilité ou que je cherche à la rejeter sur d'autres", a déclaré Mikhaïl Fradkov.
Somme toute, le Centre fédéral et les régions répondent dans la même mesure des problèmes sociaux, est l'avis du Premier ministre.
"Il est tout simplement impossible de diviser la responsabilité avec les régions quand il s'agit de résoudre les problèmes sociaux", a précisé Mikhaïl Fradkov.
A la ferme conviction du Premier ministre, la solution des problèmes sociaux, ainsi que l'élévation des salaires et des retraites ne sont tout simplement pas possibles sans la coopération la plus étroite avec les régions. "Il serait bon également si le gouvernement connaisse plus en détail la situation dans les régions du pays", a noté, en conclusion, Mikhaïl Fradkov.