Revue de la presse russe du 4 février

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MOSCOU - RIA Novosti

Nezavissimaia gazeta

Les rapports russo-japonais n'inspirent pas l'optimisme

Le 7 février, 150 ans s'écouleront depuis la conclusion du premier traité de paix entre la Russie et le Japon. Cependant, la visite du président russe Vladimir Poutine au Japon à l'occasion de cette date sera probablement annulée. Le différend sur les quatre îles se trouve de nouveau dans une impasse. Le quotidien "Nezavissimaia gazeta" expose l'avis de Konstantin Sarkissov, professeur à la Yamanashi Gakuin University.

La situation est surtout triste, car, l'année dernière, elle inspirait l'optimisme. En effet, la Russie possède du pétrole et d'autres ressources qui tarissent de plus en plus dans le monde. Tout est parfait, semble-t-il. La Russie est prête à construire le pipe-line passant d'Angarsk à Nakhodka, et non pas à Daqing. Les Japonais sont prêts non seulement à financer la construction du pipe-line, mais aussi à investir dans l'infrastructure de la région. Même le durcissement du régime du pouvoir central en Russie n'a pas ébranlé, semblait-il, la foi en elle.

De plus, le facteur géopolitique avait une grande importance. Les deux pays ont une attitude prudente envers leur voisin géant: la Chine. Le rapprochement entre le Japon et la Russie pourrait compenser l'impasse dans les rapports politiques avec la Chine.

Le rapprochement avec Tokyo qui peut compenser les ennuis essuyés en Europe, la tension dans les rapports avec les Etats-Unis et les problèmes éventuels relatifs à la Chine, serait conforme aux intérêts nationaux de la Russie.

Mais les dissertations sur l'intérêt économique réciproque et les intérêts géopolitiques communs seront superficielles, tant que l'impasse ne sera pas surmontée dans le règlement du différend territorial. Il y a plusieurs raisons à cela, dont la principale se réduit à ceci: le niveau réel des rapports est bas, les hommes politiques n'arrivent pas à travailler en pensant à l'avenir. De plus,le volume du commerce entre le Japon et la Russie est des dizaines de fois inférieur à celui du commerce entre la Chine et les Etats-Unis.

En ce moment, il n'y a pas de forces influentes se prononçant pour un compromis dans le règlement du problème des îles, pour sortir de l'impasse et progresser.

Vremia novostei/Vedomosti

La politique de la Géorgie, changera-t-elle après la mort de Zourab Jvania?

Le premier ministre géorgien Zourab Jvania est mort dans la nuit de mercredi à jeudi. La version officielle est l'empoissonnement à l'oxyde de carbone. Les journaux "Vremia novostei" et "Vedomosti" commentent la situation actuelle en Géorgie.

Zourab Jvania a joué un rôle si important dans la politique géorgienne que sa mort subite n'a pu empêcher l'apparition de versions contraires à la version officielle. Certains représentants de la Géorgie se sont déjà empressés d'affirmer que "les forces qui agissent à partir de la Russie" sont impliquées dans la mort du premier ministre géorgien. Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a laissé sur la conscience des accusateurs cette "conclusion politique engagée".

Les fonctions de Zourab Jvania sont assumées par le président géorgien Mikhail Saakachvilli. Selon la Constitution, en l'espace d'une semaine, il doit proposer la candidature du nouveau premier ministre au parlement. De l'avis du ministre d'Etat de la Géorgie Kakha Bendoukidze, ce candidat peut être Mikhail Saakachvili et la composition et la structure du gouvernement seront ensuite changées.

En tout cas, a déclaré Kakha Bendoukidze en se référant au président, "la politique économique de libéralisation ne changera pas" et le programme de privatisation entériné par feu le premier ministre sera mis en oeuvre.

Cependant, a fait remarquer Gueorgui Badzgadze, représentant de la filiale géorgienne d'"Ernst & Young", les cadences de la vente des biens d'Etat peuvent se ralentir: "Zourab Jvania s'occupait lui-même des questions relatives à la privatisation, les investisseurs qui arrivaient dans le pays s'entretenaient tout d'abord avec lui".

Il est peu probable que la politique intérieure de la Géorgie change, car son "orientation stratégique " est déterminée par Mikhail Saakachvili, estime Gueorgui Issakadze, directeur exécutif de l'Union des hommes d'affaires géorgiens. Par contre, les rapports avec les voisins peuvent se refroidir: la mort de Zourab Jvania accroîtra l'influence du ministre de la Défense Irakli Okrouachvili, la politique de la Géorgie à l'égard de la Russie et des autonomies rebelles - l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud - se durcira, estime Alexandre Skakov, expert de l'Institut russe d'études stratégiques. D'ailleurs, le poids politique de Zourab Jvania était en baisse ces derniers mois, rappelle-t-il, certains compagnons du premier ministre dans les structures d'Etat ont été remplacés par les représentants du plus proche entourage du président.

Izvestia

Un crédit chinois à Rosneft a porté les réserves de change à un niveau record

Au cours de la semaine dernière les réserves de change de la Russie ont augmenté de 10 milliards de dollars. Les experts soutiennent que ce record a été rendu possible par un crédit obtenu par Vnecheconombank en Chine pour Rosneft (la société publique s'est fait concéder par la China National Petrolem Company 6 milliards de dollars à titre de prépaiement de ses livraisons de pétrole), écrit le quotidien "Izvestia".

Selon les données de la Banque centrale, la semaine dernière ses réserves de change ont marqué la croissance la plus importante de toute l'histoire de leur existence, en passant de 118 à 128 milliards de dollars. D'habitude, elles progressaient de 300 à 800 millions de dollars. Le dernier bond impressionnant a été constaté en novembre dernier (5,5 milliards) où, en raison d'une hausse des impôts, les compagnies pétrolières avaient été obligées à augmenter leurs ventes de la monnaie étrangère à la Banquecentrale pour s'acquitter envers le fisc.

La semaine dernière l'offre du dollar en bourse surpassait sensiblement la demande. Aussi, la Banque centrale était-elle obligée à racheter l'excédent de la monnaie étrangère pour prémunir le cours du dollar d'une chute brutale. D'après les calculs d'un expert du Centre de l'analyse économique, Viktor Konovalov, rien que le 24 janvier la Banque centrale a acheté 3 milliards de dollars. On suppose que le reste de l'accroissement des réserves de change n'a pas été acheté sur le marché mais a été versé directement par un seul intervenant, a-t-il ajouté.

Les deux tiers de l'accroissement des réserves de change peuvent être constitués de l'emprunt concédé par la Chine au profit de Rosneft, estime un économiste du Groupe financier unifié, Iaroslav Lissovolik. Ayant reçu l'argent des banques chinoises, Vnecheconombank l'a tout de suite vendu à la Banque de Russie.

Un autre facteur de l'accroissement est le versement éventuel d'une partie des ressources du Fonds de stabilisation dans les réserves de change, suppose l'expert. Mais il n'est pas, bien entendu, déterminant.

Maintenant, la Russie a pris une place honorifique parmi les pays ayant les plus grandes réserves de change, en laissant dernière elle Hongkong (123,6 milliards de dollars) et l'Inde (123,7 milliards). Avant elle, sur la liste, vient la Corée du Sud : 199,07 milliards de dollars.

Novaia gazeta

Pas de Boulava pour le Dolgorouki et le Donskoï

Il y a quelques jours le premier vice-ministre russe de la défense, Alexandre Belooussov, a annoncé que cette année la Marine de Guerre russe prendrait possession de deux sous-marins nucléaires équipés de missiles balistiques Boulava, écrit la "Novaïa gazéta".

Cependant, ce missile n'existe pas encore, son constructeur général, Youri Solomonov, a déclaré il y a peu de temps que le premier tir d'essai ne pourrait pas avoir lieu avant 2006. Ce qui signifie que les Boulava ne seront pas opérationnels avant quatre ans pendant lesquels les silos des deux submersibles en question resteront vides.

Le "Dolgorouki" avait été mis à l'eau en 1996. La modernisation du "Donskoï", elle, durait depuis plus de dix ans, mais dès que de l'argent avait été disponible, les chefs de la Marine de guerre avaient achevé les travaux, ce qui montre bien que le ministère de la Défense n'y connaît rien en matière de planification. Cela n'empêche pas le département militaire de se plaindre sans cesse du sous-financement. Le même général de corps d'armée Alexandre Belooussov, a annoncé que pour la préparation au combat des militaires on n'allouait que 25 pour cent de la somme nécessaire.

Il serait bien à cet égard de reparler du contrôle social. Les militaires dépensent inconsidérément l'argent des contribuables du moment que le parlement octroie des fonds au ministère de la Défense sans même savoir comment ils seront dépensés.

Ainsi, les députés ont voté sans sourciller l'octroi cette année de 187 milliards de roubles (le dollar s'échange contre 28 roubles) pour l'équipement de l'armée. Les spécialistes du ministère ont attendu que le budget soit entériné pour envisager comment cet argent serait dépensé. C'est alors qu'il a été décidé de livrer d'urgence le "Dolgorouki" et le "Donskoï" à la Marine de guerre. Même sans missiles.

Vedomosti

La Russie s'implante sur le marché indien de la téléphonie mobile

Le groupe financier russe Sistema se propose de faire ce que n'ont pas réussi les autres opérateurs de téléphonie mobile, à savoir, s'implanter sur le marché indien. Il envisage d'acheter 49% des actions de l'opérateur indien Aircel pour 450 millions de dollars US. Mais pour rendre possible cette transaction, le gouvernement russe doit autoriser Sistema à racheter une partie de la dette indienne envers la Russie, indique le quotidien Vedomosti.

Au cours de la visite de décembre du président russe, Vladimir Poutine, en Inde, les deux parties ont convenu de convertir une partie de la dette indienne en investissements dans des entreprises conjointes russo-indiennes, apprend-on d'une source émanant de la délégation russe.

Sistema a choisi le bon moment, estime la rédactrice de l'agence internationale d'analyse Informa Telecoms & Media, Abigail Browne. Jusqu'ici, le gouvernement indien interdisait aux étrangers de posséder plus de 49% des actions des entreprises de l'Inde, ce qui a poussé beaucoup de grands acteurs internationaux à quitter le marché indien. Or, les autorités indiennes ont déclaré, il y a quelques jours, que la barre serait relevée jusqu'à 74%. L'accord avec Aircel Televentures Ltd. (ATVL) prévoit justement que Sistema pourra augmenter sa part dans la société jusqu'à 51% lorsque l'interdiction sera annulée.

A l'heure actuelle, le marché indien est beaucoup moins développé que le marché russe. A la mi-janvier 2005, seulement un peu plus de 50 millions d'Indiens, soit environ 4,5% de la population, étaient abonnés au téléphone mobile. Par contre, la Russie comptait plus de 70 millions d'utilisateurs de téléphone mobile à la fin de l'année 2004, c'est-à-dire, plus de 50% de la population possédaient des portables, selon ACM-Consulting.

L'analyste de la banque MDM-Bank Sergueï Reznik est de l'avis que les plus grands opérateurs européens de téléphonie mobile ne se hâtent pas de s'implanter sur le marché indien à cause de risques d'entreprise importants et de problèmes liés à la protection des droits de propriété. Cependant, Sistema a l'habitude de travailler dans des conditions difficiles. L'analyste en chef de Pyramid Research, Svetlana Issaïeva, estime que vu la population énorme de l'Inde, la part des utilisateurs de téléphone mobile dans le pays restera dans les années à venir une des plus petites par rapport à d'autres pays asiatiques.

Gazeta

Rosneft en quête de fonds

Le patron de Rosneft, Sergueï Bogdantchikov, recherche de nouveau de l'argent. Jeudiil a déclaré qu'il entendait obtenir 5 milliards de dollars des actionnaires de Ioukos en vue de rembourser la dette fiscale de Iouganskneftegaz. Compte tenu que Rosneft est une compagnie publique, la position de Sergueï Bogdantchikov peut être considérée comme étant celle de l'Etat, commente la "Gazeta".

Iouganskneftegaz, la principale entreprise extractive de Ioukos, avait été vendue le 19 décembre pour la somme de 9,35 milliards de dollars pour rembourser la dette de la compagnie mère. A l'époque les experts unanimes avaient pensé que la dette de l'entreprise serait rééchelonnée, mais il n'en a pas été ainsi. Au demeurant, Rosneft ne semble pas avoir l'intention de mettre la main à la poche pour rembourser les dettes de Iouganskneftegaz.

De l'avis de l'analyste de Rye, Man & Gor Securities, Dmitri Tsaregorodtsev, les exigences du président de Rosneft sont étranges. Dans ce cas il faut aussi revoir le prix pour lequel Iouganskneftegaz a été vendue, relève l'expert. Si Sergueï Bogdantchikov bénéficie de l'appui de l'Etat, alors les réclamations adressées à Iouganskneftegaz doivent désormais l'être à Ioukos, estime Mikhaïl Zak, chef du service analytique de la compagnie d'investissement Veles Capital.

Rosneft aurait dû savoir qu'elle acquérait une compagnie endettée jusqu'au cou et à risques. C'est la raison pour laquelle Iouganskneftegaz aurait été vendue avec un rabais, a déclaré un représentant du Groupe MENATEP (principal actionnaire de Ioukos) qui a requis l'anonymat.

Selon le juriste Eldar Nazmoutdinov, de la compagnie d'investissement Prospekt, Rosneft aurait dû tout d'abord rembourser la dette de Iouganskneftegaz et seulement après réclamer des indemnités à Ioukos.

La déclaration de Sergueï Bogdantchikov indique que l'Etat n'entend pas accorder un délai de paiement. Présentement Rosneft recherche de l'argent. La ONGC indienne est disposée à lui accorder un prêt de 4 milliards de dollars et à acheter pour 2 milliards de dollars une part de l'ancienne filiale numéro un de Ioukos. Rosneft a déjà reçu 6 milliards des Chinois. Au sein de la compagnie on affirme que cet argent sera utilisé pour financer l'activité économique ainsi que des sites stratégiques. Toutefois, les experts estiment que les investissements réclament au maximum 2 milliards de dollars par an.

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