Il a dit être au courant de l'instruction du premier ministre d'étudier ces propositions. Celles-ci prévoient notamment de ramener la taxe à la valeur ajoutée à 13%, suite à quoi le budget perdra entre 316 et 318 milliards de roubles par an (1 dollar vaut 28,11 roubles). Il est proposé d'utiliser les moyens du Fonds de stabilisation pour compenser ces pertes.
Ces propositions, a poursuivi le ministre, demandent un supplément d'étude sérieux, avant tout du point de vue de "l'évaluation des conséquences macro-économiques et de l'accession aux objectifs que nous nous fixons, en matière de système financier et de croissance économique".
Il a également déclaré que la dépense des moyens accumulés sur les comptes du Fonds de stabilisation conduira à des dérapages inflationnistes "de 1, voire 1,5 point de pourcentage par an au minimum" et à une appréciation supplémentaire du cours effectif du rouble de 0,5 à 1,5%.
Les propositions des services gouvernementaux signifient en outre que les cours du pétrole resteront assez élevés à moyen terme. "Evidemment, cela augmente sérieusement des risques en cas de baisse des prix du brut", a-t-il souligné.
"Autre aspect : c'est uniquement vers 2002 que nous avons rétabli, dans les grandes lignes, les revenus de la population à leur niveau d'avant la crise (de 1998), a dit Alexeï Koudrine. - Nous ne voudrions pas en rester là, nous poursuivons des objectifs très importants de politique sociale, en matière de retraites, de salaire et de soldes des militaires".
Les propositions relatives à l'utilisation du Fonds de stabilisation ne prennent pas non plus en compte ces aspects, a indiqué le ministre des Finances.
"Nous ferions bien d'analyser sérieusement ces propositions du point de vue de leur influence sur la croissance. Evidemment, il nous faut établir un lien plus étroit entre ces propositions et nos objectifs de politique économique et sociale pour les trois années à venir", a ajouté Alexeï Koudrine.