S&P relève la note de la Russie

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MOSCOU, 31 janvier - RIA Novosti. Standard & Poor's vient de classer la Russie dans la catégorie "investissement" en relevant sa note de BB+ à BBB-, selon un communiqué de l'agence de notation internationale.

Elle a également rehaussé de B à A3 sa note à court terme en devises étrangères, de BBB- à BBB sa note à long terme en monnaie nationale et de ruAA+ à ruAAA sa note sur l'échelle nationale, toutes les notes ayant une perspective stable.

La Russie est le onzième pays que S&P a passé de la catégorie "spéculative" (speculative grade) à la catégorie "investissement" (investment grade).

Cette révision à la hausse des notations traduit d'importants progrès dans le service de la dette nationale et des liquidités extérieures, a expliqué l'analyste à S&P, Helena Hessel. "Ces améliorations sont sensibles au point qu'elles éclipsent les risques politiques croissants, le principal obstacle au relèvement des notes russes", a-t-elle dit.

Fin 2004, le cabinet russe est devenu créancier net, un argument important pour opérer une révision des notes dans le contexte des problèmes politiques et structurels durables, car la souplesse financière du cabinet a plus de poids que les autres difficultés, a rappelé Helena Hessel.

"On s'attend à ce que le gouvernement consolide cette nouvelle position de créancier net d'ici deux ans, que le montant global de ses actifs dépassent 22% des recettes courantes d'ici fin 2005 et atteignent 35% d'ici fin 2007, selon le communiqué de S&P. La dette extérieure à recouvrir s'élèverait à 13,6 milliards de dollars US en 2005 et à moins de 12 milliards en 2006 et 2007". Ces chiffres apparaissent tout à fait réalistes si l'on se rappelle que le fond de stabilisation a accumulé 18,8 milliards de dollars vers la fin de 2004, qu'il continuera probablement de croître d'ici trois ans et le volume des réserves de change de la Banque centrale de Russie demeure élevé (118 milliards de dollars, fin 2004). "Compte tenu des prix toujours élevés en perspective du pétrole, la Russie aura de fortes positions fiscales et budgétaires, et sa liquidité extérieure continuera de s'améliorer pour équilibrer la croissance rapide de la dette extérieure du secteur privé", estime-t-on à S&P.

S&P constate toutefois que les incertitudes politiques en Russie se sont renforcées l'an dernier, alors que les réformes se sont ralenties en limitant la prévisibilité politique.

"De rares réformes ont été couronnées de succès en 2004: les tentatives pour réaliser une réforme judiciaire et une autre administrative n'ont pas été efficaces, la réforme concernant l'énergie électrique s'est ralentie, celle de Gazprom a été suspendue", a ajouté Helena Hessel.

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