Un grand tireur d'élite

S'abonner
MOSCOU, 31 janvier (par Boris Kaïmakov, commentateur politique de RIA Novosti).

Le nom du grand tireur d'élite Vassili Zaïtsev, héros de la Bataille de Stalingrad, était récemment encore dans toutes les mémoires. La Bataille de Stalingrad, ce n'est pas seulement la Maison du sergent Pavlov et les combats sanglants qui se sont déroulés sur la colline Mamaïev Kourgan. C'est aussi la chasse à l'homme quotidienne à laquelle se livraient mutuellement les tireurs d'élite allemands et russes. Dans la mire du fusil de Vassili Zaïtsev, conservé au musée de la Bataille de Stalingrad, c'est la Mort qui guettait les Allemands.

Dans la copie de la liste des combattants proposés pour une décoration, et signée par le général Tchouïkov le 25 décembre 1942, la mention concernant le lieutenant Vassili Zaïtsev fait état de ses exceptionnelles qualités de tireur d'élite. Vassili Zaïtsev avait alors déjà à son tableau de chasse 225 soldats et officiers ennemis abattus. C'était le stakhanoviste de cette grande bataille. Il avait un rendement journalier de dix à quinze âmes damnées. Mais qui à cette époque se souciait des âmes et de leur salut. "Tuez l'Allemand!", ce slogan de la propagande militaire soviétique, dû à l'écrivain Ilya Ehrenbourg, a été, durant la Seconde guerre mondiale, exécuté avec plus de zèle que tous par ce fils d'un chasseur de l'Extrême-Orient qu'était le lieutenant Vassili Zaïtsev.

Mais lui-même et ses émules ne ressemblaient nullement à ces assassins au sang froid qui sont aujourd'hui au service du monde du crime. Svetlana Argastseva, employée du musée de la Bataille de Stalingrad, le décrit comme "un homme de taille moyenne, plutôt enveloppé, d'une grande modestie. Un garçon taciturne. Il ne se plaçait jamais au premier rang pour la photo".

Grandiose fut la Bataille de Stalingrad, dont l'ampleur est presque inconcevable par l'homme. L'acharnement mis par des centaines de milliers de combattants à se détruire les uns les autres, la Volga charriant des flots de sang rouge, la tragédie vécue par la population de la ville transformée en arène de combat - tout cette horreur est indescriptible. Mais la bataille de Vassili Zaïtsvev est la bataille d'un homme, un homme seul contre tous, le combat d'un grand soldat contre toute une meute, la lutte du Slave contre le Teuton. Ses hauts faits sont grands et nobles par rapport aux exploits d'un Stallone ou d'un Schwartzenegger. Et les cinéastes occidentaux ont été les premiers à le comprendre qui ont fait de Vassili Zaïtsev le héros du film "L'Ennemi aux portes". Et le duel entre le tireur d'élite allemand, le major Koenig, et le Russe Vassili Zaïtsev, tout comme dans "L'Iliade" le duel entre Achille et Hector, est l'annonciateur de la Grande victoire.

Ce duel est connu des deux armées qui s'affrontent et qui voient dans son issue une signification mystique. Au milieu des ruines de Stalingrad deux habiles chasseurs se traquent, à l'affût de la moindre erreur de la victime. Et cette erreur, Koenig l'a commise en voulant vérifier que l'officier russe qu'il venait d'abattre était bien Vassili Zaïtsev. Avant de mourir, l'Allemand a eu le temps de scruter le regard du vainqueur. Aucune joie dans ses yeux où seul le devoir brillait.

La Bataille de Stalingrad appartient peu à peu au passé, et ses héros deviennent mythiques. De grands héros mythiques d'une grande bataille.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала