Le Service fédéral des marchés financiers (FSFR) présentera avant le 1er mars au gouvernement ses propositions sur la création d'un méga-régulateur des marchés financiers.
De l'avis de son directeur, Oleg Viouguine, les six mois d'analyse des régulateurs intégrés des marchés financiers d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, de Hongrie et du Kazakhstan montrent que "tous suivent à peu près le même chemin".
Dans une interview au quotidien "Vedomosti", il a précisé ce travail. A ses dires, un organisme national ou public est en cours de création pour assurer les fonctions de surveillance et de réglementation de l'Etat. Il est régi par une loi spéciale mais reste subordonné au gouvernement. Ses membres sont tous égaux entre eux et sont nommés par le gouvernement, a poursuivi Oleg Viouguine qui a évoqué aussi la collégialité et l'autonomie financière du régulateur en création.
Cet organisme réglementera, en perspectives, tous les marchés financiers, y compris le marché des dépôts, a-t-il indiqué. Les principes de méga-régulation sont déjà utilisés dans le cadre de la surveillance du système bancaire, autant dire qu'ils sont applicables également à d'autres secteurs du marché financier, a-t-il ajouté.
Le directeur du SFMF a attiré l'attention sur la nécessité de rendre l'infrastructure du marché des valeurs compétitive, de "réduire le coût des transactions, de garantir technologiquement le droit de propriété des titres acquis et d'abaisser les barrières pour faciliter aux sociétés russes l'installation sur le marché de capitaux" car, "comme on n'a pas de dépositaire central, tout est dispersé entre différents centres".
"Lorsqu'on aura créé un Dépositaire centrale et un bon système de clearing, les règlements seront comparables avec ceux des marchés occidentaux quant au coût et à la fiabilité (au droit de propriété également) et les fonds étrangers viendront sur le marché russe", a affirmé Oleg Viouguine. Point n'est besoin cependant de créer un Dépositaire central appartenant à l'Etat mais pour assurer la stabilité "l'Etat pourrait y avoir une participation à la première étape", a-t-il fait remarquer.
Le marché des valeurs éprouve également besoin d'instruments nouveaux, en premier lieu de produits dérivés. Une loi sur les produits dérivés devient nécessaire, d'après Oleg Viouguine.
"Pour cette raison, la tâche consiste à mettre en place une régulation nette et transparente du marché boursier des produits dérivés et à prendre une position envers les marchés de gré à gré", a-t-il déclaré.
Commentant les derniers changements opérés sur le marché des valeurs russes, il a fait observer qu'en ce qui concerne la composition des investisseurs le marché n'avait pas beaucoup changé depuis ces cinq dernières années. Mais si auparavant "le marché augmentait principalement grâce à la croissance de la confiance pour la Russie et aux changements des stratégies professionnelles des sociétés" et "considérait ce qui est arrivé à Ioukos comme un phénomène isolé", à l'heure actuelle l'incertitude apparue l'année dernière "empêche de prendre des décisions", estime le directeur du Service fédéral des marchés financiers.