Revue de la presse russe du 21 janvier

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MOSCOU - RIA Novosti

Novye izvestia

La Russie donne-t-elle des signes d'une situation révolutionnaire ?

Dans bien des régions de la Russie la population proteste massivement contre le remplacement des avantages sociaux par des indemnités en espèces. Le quotidien "Novyé izvestia" a proposé à des experts et hommes politiques de commenter cette situation de crise.

Serguéi Markov, directeur du Centre des études politiques : Des signes d'une situation révolutionnaire sont naturellement évidents en Russie, seulement ils ne sont pas politiques mais sociaux. Un gap énorme existe entre les niveaux des revenus. Les gens voient la publicité des produits qu'ils ne peuvent pas acheter et comparent par tradition leur niveau de vie avec l'européen et le soviétique. La comparaison n'est pas à l'avantage de la situation actuelle. Il n'en découlera aucune révolution tant que les conditions politiques ne seront pas réunies. D'autre part, en Russie l'inertie de la peur des répressions demeure puissante.

Guennadi Goudkov, député RU : La situation révolutionnaire n'apparaît pas seulement lorsque la base ne veut pas vivre comme auparavant et que le sommet ne le peut plus. L'histoire nous enseigne qu'il est parfaitement possible de gouverner comme auparavant sans problème. Aujourd'hui, le féodalisme bureaucratique d'Etat édifié en Fédération de Russie est suffisamment solide. Et l'essentiel est que le peuple ne comprend pas ses propres problèmes. Ce n'est pas le parlement qui gouverne le pays, pas plus que des hommes politiques, je risquerais même d'affirmer que ce n'est pas le président non plus. Le pays est gouverné par une nomenclature bureaucratique énorme et très unie. C'est elle le principal frein au développement du pays. Il ne peut pas y avoir aujourd'hui de révolution. Une rébellion est possible, absolument absurde. Elle ne serait pas impitoyable parce que les jeunes n'y participeraient pas. Mais si le sursis à l'appel sous les drapeaux est annulé, alors une révolution sera possible.

Edouard Limonov, leader du parti bolchevik nationaliste : Les actions réclamant le retour aux avantages sociaux affichent tous les signes des soulèvements populaires. Mais il est prématuré de parler d'une situation révolutionnaire. La colère du peuple a déferlé dans la rue et c'est de la question de savoir à quel point l'opposition est bien organisée qu'il dépend qu'elle prendra ou non une forme révolutionnaire. Il ne s'agit pas tellement des forces politiques mais des forces sociales, dont les organismes de défense des droits de l'homme, les syndicats.

Vremia novostei

La candidature au poste de premier ministre est la dernière intrigue électorale en Ukraine

Hier, la présidence de Viktor Iouchtchenko est devenue légitime, le parlement ukrainien a fixé la date de son investiture: le 23 janvier. Les félicitations adressées à Viktor Iouchtchenko par Vladimir Poutine et le président démissionnaire ukrainien Leonid Koutchma sont probablement la confirmation la plus éloquente de l'achèvement du marathon électoral en Ukraine, fait remarquer le journal "Vremia novostei".

La question de savoir qui sera nommé par Viktor Iouchtchenko au poste de premier ministre reste le dernier mystère. Ioulia Timochenko devient la candidature la plus probable. Le texte de l'accord électoral entre le bloc "Notre Ukraine" de Viktor Iouchtchenko et le Bloc de Ioulia Timochenko (BIT) conclu en juin 2004 a été publié le 20 janvier. Le contenu de ce document restait secret en vue d'éviter l'apparition de désaccords au sein de l'équipe de Viktor Iouchtchenko au moment de la lutte opiniâtre contre le pouvoir. Viktor Iouchtchenko "propose la candidature de Ioulia Timochenko pour son approbation par la Rada (parlement)" et, "jouissant du prestige moral", "contribue au vote efficace au parlement", lit-on dans l'accord. 55 % du gouvernement sont formés par "Notre Ukraine", 23 %, par BIT.

Viktor Iouchtchenko n'a probablement pas besoin de conflits au sein de son équipe qui auront lieu, si l'accord de coalition conclu avec Ioulia Timochenko n'est pas respecté, estime le premier président ukrainien Leonid Kravtchouk. Les membres de l'équipe de l'ancien candidat du pouvoir Viktor Ianoukovitch affirment également que l'approbation de la candidature de Ioulia Timochenko n'aura pas de problèmes au parlement: elle sera soutenue par au moins 260 députés.

D'ailleurs, la décision définitive sur la nomination du premier ministre sera prise début février, à la prochaine réunion de la Rada suprême. Le choix qui sera arrêté par le nouveau chef de l'Ukraine peut être influencé par les résultats de ses entretiens à Moscou. Viktor Iouchtchenko a l'intention de respecter sa promesse d'effectuer sa première visite à l'étranger en se rendant d'abord en Russie (le 24 janvier). "Une seule rencontre ne suffira pas aux présidents de la Fédération de Russie et de l'Ukraine pour régler les problèmes qui se sont accumulés. Ils se rencontreront de nouveau, peut-être, le 27 janvier à Oswiecim" (où auront lieu les actions consacrées au 60e anniversaire de la libération), a supposé Mikhail Ratouchny, directeur de l'Institut ukrainien d'études sur l'Etat.

Kommersant

Un cigarettier dans le collimateur du fisc russe

Des poursuites judiciaires ont été engagées contre la société "Jh.T.I. Marketing&ventes" appartenant à la compagnie Japan Tobacco International (JTI). Cette société, l'une des plus grandes distributrices d'articles du tabac en Russie, est accusé d'avoir fraudé le fisc en 2000. Selon une source du quotidien "Kommersant", les services fiscaux pourraient réclamer 70 millions de dollars à JTI pour l'exercice 2000, ce qui serait le plus important redressement fiscal jamais réclamé à un acteur du marché du tabac en Russie.

Les inspecteurs des impôts s'intéressent aux rapports entre l'usine "Petro" appartenant à JTI et "Jh. T.I. Marketing&Ventes", par l'intermédiaire de laquelle les cigarettes fabriquées parviennent aux distributeurs. Selon le fisc, dans les règlements avec l'usine on recourait à divers rabais fiscaux au moyen de fixation des prix (intracorporatifs) par transfert.

Une source au sein de JTI a indiqué qu'une délégation de consultants du siège genevois était venue tout spécialement à Moscou pour implanter le schéma d'optimisation de la fiscalité, que les services fiscaux trouvent suspect, et que pour cette raison il ne saurait être question d'infractions. Toujours selon cette source, le schéma en question n'a jamais cessé d'être utilisé, par conséquent il faut s'attendre à ce que des vérifications soient également effectuées pour les autres périodes.

Officiellement, le directeur corporatif de JTI, Vadim Botsan-Khartchenko, n'a fait que confirmer qu'un litige existait entre la compagnie et les services fiscaux et que ces derniers réclamaient un complément d'impôts. Il a aussi fait remarquer que les conclusions des services fiscaux reposaient sur des hypothèses de départ erronées et le flou des écritures comptables.

Japan Tobacco International possède deux usines en Russie. Les cigarettes les plus connues fabriquées par la compagnie sont les Camel, Winston, Salem, Piotr-1er. Selon la compagnie d'investigation "Business Analitika", au mois de novembre de l'année dernière la compagnie s'était hissée à la deuxième place sur le marché russe pour les ventes exprimées en valeur et à la quatrième pour les ventes exprimées en volume.

Gazeta

IOUKOS a suspendu ses livraisons en Europe

Après la vente de sa principale filiale d'extraction - "Iouganskneftegaz" - IOUKOS ne peut plus respecter ses contrats européens.

La responsabilité pour la cessation des fournitures incombera au trader de IOUKOS: la société suisse "Petroval" qui appartient à 100 % au holding, lit-on dans le quotidien "Gazeta".

Jeudi, la société suisse "Petroval" qui exporte le pétrole du holding vers l'Europe a cessé d'expédier cette matière première àses clients. Selon une source de "Petroval", cela concerne les fournitures de janvier et de février. Le sort des autres contrats est encore incertain. Cependant, puisque "Youganskneftegaz" (il produisait plus de 60 % du pétrole du holding) ne fait plus partie de IOUKOS, au printemps, la situation deviendra irréversible.

"Petroval" qualifie la suspension des livraisons de cas de force majeure, espérant ainsi se dérober à sa responsabilité pour le retard dans l'exécution de ses engagements, a déclaré Eldar Nazmoutdinov, juriste de la compagnie d'investissement "Prospekt".

De l'avis d'Albert Eganian, partenaire manager de la société juridique "Vegas-Lex", étant donné que la vente de "Youganskneftegaz" a été confirmée par le tribunal, la perte par IOUKOS de sa principale filiale d'extraction ne peut pas être considérée comme un cas de force majeure pour le trader.

Selon Dmitri Tsaregorodtsev, analyste de "Rye, Man & Gor Securities", le trader assume tous les risques commerciaux libérant ainsi la compagnie mère.

Selon ses estimations, le montant maximal de l'amende à payer en cas de retard des livraisons représente 8 à 10 % du coût du produit. Puisque, en plus du pétrole, "Petroval" exporte également des produits pétroliers, ces amendes, rien que pour les mois d'hiver, peuvent dépasser 512 millions de dollars. D'ailleurs, il est peu probable que le trader puisse verser ces dédommagements. Toutes les recettes d'exportation de IOUKOS servent au remboursement des dettes fiscales du holding. Les Européens devront chercher de nouveaux fournisseurs.

Vedomosti

Les analystes occidentaux doutent des chances de Moscou d'accueillir les JO en 2012

En juillet, le Comité international olympique (CIO) choisira la ville hôte des JO-2012. Selon l'agence de notation financière Standard and Poor's, Moscou et Madrid ont le moins de chances parmi les cinq villes candidates. C'est ce qu'annonce le quotidien "Vedomosti".

"Les cinq villes candidatessont des centres financiers et commerciaux clés avec une économie développée. Elles peuvent emprunter les fonds nécessaires pour financer les projets liés aux Jeux olympiques. Cependant, Londres, Paris et New York pourraient réaliser ces plans d'investissement plus facilement que les deux autres villes", lit-on dans le rapport de Standard and Poor's.

Or, Moscou s'apprête à débloquer 10,07 milliards de dollars à titre d'investissements pour l'organisation des Jeux.

On pourrait mobiliser une telle somme sur le marché des créances. Aujourd'hui, le rapport entre la dette et les revenus de Moscou est d'environ 25 pour cent. Si la capitale russe avait à financer elle-même les projets en question, le rapport serait de 80 ou 90 pour cent, indique le rapport de S&P. Selon les experts de l'agence, il s'agit d'un chiffre acceptable, bien qu'il dépasse celui des autres villes candidates.

D'après les estimations de l'analyste d'Aton Alexeï Iou, en 2004, les revenus de Moscou se sont élevés à 14 milliards de dollars. D'ici l'année des Jeux olympiques, ils peuvent atteindre environ 28 milliards, ce qui permettrait à Moscou d'emprunter quelque 7,78 milliards de dollars pour les projets de transport.

En attendant, indique le président de Moskomzaïm (Comité des prêts d'Etat de Moscou), Sergueï Pakhomov, l'administration moscovite n'examine pas de plans d'emprunts pour les projets olympiques. Mais la mairie se tient rigoureusement aux restrictions qu'elle a adoptées selon lesquelles les fonds empruntés ne doivent pas dépasser 30 pour cent des recettes du budget.

Le président du Comité olympique russe, Leonid Tiagatchev, a pour sa part déclaré qu'il considérait l'analyse de S&P comme "très conditionnelle", en supposant qu'il s'agissait d'un moyen de campagne menée contre Moscou.

Kommersant

Le site putin2000.ru rendu au président

Un scandale a éclaté hier autour du site Internet électoral de Vladimir Poutine créé en 2000 lorsque les internautes ont remarqué qu'à l'adresse putin2000.ru se trouvait une maison de passe virtuelle "Les Filles de la ville des nuits blanches" (spbgirls.ru) : des fouineurs inconnus avaient violé le site, écrit le quotidien "Kommersant".

Sur le site où à la veille de l'élection présidentielle de 2000 était publiée la biographie officielle de Poutine et ses photos on pouvait, jusqu'à hier, trouver également un large choix de photos de femmes avec leurs numéros de téléphone, les services qu'elles offrent et les tarifs.

Le nom du domaine appartient à un certain Konstantin Vorobiev. "Cette adresse avait une cote de fréquentation très élevée, ce qui est particulièrement apprécié sur le marché", a-t-il déclaré. Pour cette raison il a acheté le nom présidentiel pour 20 dollars le 7 mai dernier, le deuxième jour d'investiture de Poutine, en profitant du refus de son ancien propriétaire de prolonger d'un an encore l'utilisation de ce nom de domaine. Ensuite, M.Vorobiev a revendu le droit de publier l'information sur son site aux propriétaires d'une maison de prostitution virtuelle et maintenant ce qui ce se passe sur ce site ne l'intéresse plus mais il en reste le propriétaire.

Cependant, la maison virtuelle a vécu hier ses dernières heures. Après 17h000 les visiteurs du site putin2000.ru ont commencé à être déviés automatiquement sur le site officiel du président de la Fédération de Russie : président.kremlin.ru. D'après le distributeur des "Filles de la ville des nuits blanches", hier sa société a été informée du réaiguillage du site spbgirls.ru sur le site officiel du chef de l'Etat. "Cela ne peut se faire que par le propriétaire du site ou par un fouineur. "Moi, je n'ai rien fait", a assuré Konstantin Vorobiev.

Le chef du département Internet du service de l'information et de presse de l'administration du président de la Fédération de Russie, Mikhaïl Bouben, a déclaré qu'il était au courant de la situation mais s'est abstenu de faire des commentaires officiels.

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