Tennis: un "cadeau" de Noël pour Svetlana Kouznetsova

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MOSCOU, 19 janvier - par Mikhaïl Smirnov, commentateur sportif RIA Novosti.

En acceptant de participer, à la mi-janvier, au tournoi exhibition de Charleroi, la lauréate de l'US Open de tennis 2004, Svetlana Kouznetsova, ne pouvait imaginer le cadeau que lui réserverait le père Noël en la personne de Claude Eerdekens, ministre de la fonction publique et des sports de la communauté française de Belgique.

Il a commencé par intriguer tout le monde en annonçant que l'une des joueuses s'était révélée positive au contrôle antidopage. Et il s'est empressé de préciser que parmi les quatre participantes - la Russe Svetlana Kouznetsova, sa compatriote Elena Dementieva, la Française Nathalie Dechy et la Belge Justine Henin-Hardenne - seule cette dernière était hors de cause. Ensuite, sans laisser aux joueuses le temps de reprendre leurs esprits, il a révélé le nom de Svetlana Kouznetsova, mettant en avant son "souci de transparence" pour expliquer cette décision d'annoncer les résultats des tests antidopage bien avant la fin de la procédure.

La réaction de la communauté mondiale du tennis a été unanime: par son "souci de transparence" le ministre a violé toutes les normes éthiques existantes et doit s'excuser auprès des joueuses dont les noms ont été publiquement évoqués. Le directeur du circuit professionnel de l'Association du tennis féminin (WTA), Larry Scott, a été parmi les plus catégoriques. "Au cours de toutes les années passées dans le monde du sport, je n'ai jamais été témoin d'un acte aussi scandaleux et irresponsable de la part d'un responsable du sport", a-t-il dit, en accusant Claude Eerdekens de violation grave de la procédure des contrôles antidopage, strictement confidentielle.

Le président de la Fédération russe de tennis, Chamil Tarpichtchev, a qualifié de "calomnieux" les propos du ministre belge. "Ce n'est pas une simple erreur ou un bavardage irresponsable. Il engage sa responsabilité pour préjudice moral et calomnie", a-t-il déclaré ajoutant qu'une procédure judiciaire pourrait être intentée contre Claude Eerdekens lorsque les documents relatifs à cette affaire auraient été obtenus. "Pour le moment, nous ne faisons que commenter les propos du fonctionnaire qui n'avait pas le droit d'intervenir en public sur le sujet", a souligné Chamil Tarpichtchev dans une interview à RIA Novosti.

Dans le même temps, Svetlana Kouznetsova, actuellement en lice à l'Open d'Australie, s'est déclarée indignée par le comportement du ministre belge qui, contrairement aux règles de confidentialité qui sont de mise pendant l'examen des dossiers antidopage, a mêlé la presse à l'affaire. "Effectivement, j'ai pris des médicaments contre le rhume en décembre. C'est mon seul tort. Mais je n'ai pas pris de produits dopants. Je n'en ai pas besoin ", a indiqué la Russe qui, rien qu'en 2004, a été soumise à 11 tests antidopage, tous négatifs. Elle n'a pas exclu qu'elle engage une procédure judiciaire contre Claude Eerdekens qui "doit payer pour ses paroles".

Pour sa part, dans une interview à RIA Novosti, le chef du département contrôle antidopage de l'Agence russe pour la culture physique et les sports, Nikolaï Dourmanov, invite à ne pas anticiper les choses. "Avec ses déclarations hâtives le ministre s'est lui-même mis dans une situation délicate et cherche à tout faire pour en sortir tout en sauvant la face, a-t-il supposé. "En somme, moi, je ne me ferai pas de souci et j'attendrai de voir quelle tournure prennent les événements. L'important est que l'éphédrine n'est pas considérée comme une substance dopante hors compétition et que les sportifs ont le droit d'en prendre pour soigner leurs rhumes", a-t-il souligné.

Pour l'instant, le héros du scandale refuse de se rétracter . "Je ne m'excuserai jamais auprès de ces joueuses", a déclaré le ministre Eerdekens.

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