Selon le directeur de la section économie du département des sciences sociales de l'Académie des sciences de Russie, Dmitri Lvov, l'écart entre les revenus des plus pauvres et ceux des plus riches est actuellement de 1 à 92. Nulle part ailleurs dans le monde on n'observe une telle dynamique différentielle des revenus. D'après les estimations de l'académicien, au cours des dix dernières années les revenus ont progressé chez seulement 1,5 pour cent des gens les plus riches. En outre, en ce qui concerne le produit régional brut, la différentiation par régions est colossale. Ces recherches ont amené Dmitri Lvov a conclure qu'il n'y a tout simplement plus de Russie unie aujourd'hui: il y a la Russie "riche" (15 pour cent de la population) et la Russie "pauvre" (85 pour cent).
Le chercheur affirme que depuis le lancement des réformes économiques les Russes exerçant une activité professionnelle sont sous-payés. Le coût de la production approche le niveau mondial alors que les salaires sont restés soviétiques, relève-t-il. Aussi les transformations auraient-elles dû commencer par une réforme de la rémunération du travail, des revenus de la population, prétend l'académicien. Mais jamais par la monétisation.
L'académicien Robert Nigmatoulline estime que tant qu'il n'y aura pas de redistribution des revenus, il sera impossible de relever le pays. Pour le chercheur, on peut répartir correctement les revenus en revenant à l'échelle fiscale: plus les revenus sont élevés et plus l'impôt l'est aussi, dit-il.
Au demeurant, le docteur ès sciences physiques et mathématiques Sergueï Kapitsa estime que le doublement du produit intérieur brut n'apportera rien pour le peuple. Comment peut-on fixer un tel objectif quand on voit comment l'économie fonctionne actuellement? s'est indigné le scientifique de renom.