Le nombre d'immigrés diminue en Russie

S'abonner
MOSCOU, 19 janvier (par Olga Sobolevskaia, commentatrice de RIA-Novosti). La Russie a un besoin de plus en plus pressant d'immigrés. A partir de 2006, la population active russe commencera à se réduire considérablement. D'ici 2050, elle pourrait se réduire de 45 % par rapport à 2000.

Les immigrés pourraient compenser les pertes démographiques et économiques. Pour l'instant, la Russie a peu profité de cette possibilité. Selon Janna Zayontchkovskaia, chef du laboratoire des migrations auprès de l'Institut de prévisions de l'économie nationale, "il est impossible d'élever le niveau de vie sans accroître le nombre de travailleurs. Parmi les républiques de l'ex-URSS, seuls l'Ukraine et le Kazakhstan ont libéralisé leur politique dans le domaine de l'immigration. Quant à la Russie, ces 15 dernières années, elle a raté sa chance de devenir l'"Amérique du 21e siècle" et de s'attirer deux fois plus de main-d'oeuvre, a souligné Janna Zayontchovskaia. Or, dès aujourd'hui, un tiers des entreprises de Russie - Etat dont l'économie est en essor - éprouvent un grand besoin d'effectifs.

Dans les années 1990, l'Ukraine, le Kazakhstan et d'autres ex-républiques de l'URSS ont régulièrement approvisionné la Russie en main-d'oeuvre bon marché. Selon les statistiques officielles, la moitié des ouvriers immigrés sont, jusqu'à présent, des ressortissants des pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Pour l'instant, la Russie vient en tête parmi les pays qui accueillent les immigrés: la population complémentaire s'accroît à un taux de 1,8 % par rapport au nombre total d'habitants.

Mais, peu à peu, la Russie commence à subir la concurrence de l'Ukraine et du Kazakhstan. "A présent, ils nous prennent des immigrés et même les spécialistes russes vont y travailler", fait remarquer Janna Zayontchkovskaia. La production se développe rapidement dans ces pays. Quant aux barrières législatives, elles y sont moins nombreuses, par exemple, les ouvriers immigrés "ne sont pas soumis à l'enregistrement ".

La Russie ne peut compléter ses ressources démographiques et celles de main-d'oeuvre que grâce au Tadjikistan et à l'Ouzbékistan. Mais la plupart des ressortissants de ces pays sont des ouvriers non qualifiés. En Extrême-Orient russe, la RPC est la plus grande source d'ouvriers immigrés. Le Vietnam occupe la deuxième place en ce sens. Mais le marché russe de la main-d'oeuvre n'intéresse plus les Chinois hautement qualifiés qui sont les bienvenus au Japon. La Russie se transforme en outsider de l'immigration, estime Janna Zayontchkovskaia. "Nous pouvons attirer les habitants des autres pays d'Asie-Pacifique, mais, quoi qu'il en soit, nous ne pouvons pas compter sur l'arrivée d'immigrés hautement qualifiés", estime Janna Zayontchkovskaia.

La Russie doit "assimiler" le flux multiethnique et intégrer la plupart des immigrés dans la société, souligné Anatoli Vichnevski, chef du Centre de démographie et d'écologie de l'homme. "Les nouveaux venus - les gens d'une autre culture - doivent devenir les "nôtres". Autrement dit, il faut aider les "hôtes" à s'assimiler dans l'intérêt de la Russie et dans leur propre intérêt.

L'enseignement doit y jouer un rôle important. La Russie doit contribuer à améliorer la qualification des travailleurs étrangers, instruire leurs enfants, les initier à la culture russe sur une base gratuite. Même le ministère de l'intérieur juge nécessaire d'atténuer la politique dans le domaine de l'immigration. Comme l'a déclaré, fin décembre dernier, au cours d'une table ronde, le vice-directeur du Service fédéral des migrations Mikhail Tiourkine, tous les départements intéressés doivent "élaborer une conception commune des actions". Il faut "simplifier la législation" pour attirer les "immigrés respectueux des lois", a-t-il résumé.

La crise de l'immigration en Russie préoccupe même la Banque mondiale. Sa représentation en Russie a réuni en décembre les scientifiques pour examiner ce problème. Bien que la BM n'ait pas encore de projets concrets de stimulation financière de la migration de travailleurs en Russie, ce problème est à l'étude.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала