"Regardez combien Ioukos coûte aujourd'hui et vous pourrez calculer les pertes des actionnaires. Le Group Menatep n'est pas le seul à en subir les conséquences, les investisseurs qui nous faisaient confiance, des fondations suédoises, américaines aussi sont touchés", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien "Vedomosti", la première depuis le printemps dernier où il avait annoncé qu'il mettait fin à son activité politique et renonçait pour plusieurs années à tout contact avec la presse.
Léonid Nevzline se propose de superviser tous les procès opposant le Group Menatep et les autorités russes que les partenaires de Khodorkovski accusent d'avoir détruit la compagnie pétrolière. "Nous saisirons toutes les instances judiciaires internationales possibles, en Europe, en Amérique, pour demander à être indemnisés", a-t-il dit avant d'expliquer : " Ce ne seront pas des procès contre des personnes concrètes, ce seront des procès contre les autorités russes".
Commentant sa prise de contrôle du Group Menatep, il a tenu à faire remarquer qu'il n'y avait pas eu d'entente personnelle avec Khodorkovski. "Il y a un accord collectif qu'on a mis du temps à préparer et qui a été signé au début de 2003". D'après ce document, le contrôle du groupe passe à un autre actionnaire en cas de décès ou de condamnation ou d'enlèvement de Khodorkovski, ainsi qu'en cas de perte par Ioukos d'un actif important. Le 19 décembre, pour éteindre une dette fiscale, la principale unité de production de Ioukos, Iouganskneftegaz, a été vendue aux enchères pour 9,1 milliards de dollars à BaïkalFinansGroup (dont l'acquisition a été annoncée plus tard par Rosneft).
Le principal bénéficiaire du Group Menatep a jugé l'activité de l'actuel management de Ioukos "très positive". "En ce qui concerne le conseil des directeurs, nous envisageons d'inviter tous les actionnaires de Ioukos disposés à occuper une position active à proposer leurs candidats qui siégeront dans cet organe", a déclaré Léonide Nevzline.
D'une façon générale, il voit en noir les perspectives de Ioukos : "Autant que nous le comprenions, les réclamations fiscales sont loin d'être closes. Il y a donc lieu de supposer le pire".