Nezavissimaia gazeta
La popularité de Vladimir Poutine risque de chuter
L'annulation des avantages sociaux qui a frappé la partie des électeurs la plus fidèle au président ne peut, de l'avis des experts, ne pas se répercuter sur la cote de popularité du chef de l'Etat, écrit le quotidien "Nezavissimaïa gazeta".
"C'est la première fois qu'il (le président) ne peut pas éluder la responsabilité. Cela ne peut rester sans influer sur sa cote de popularité", a déclaré Iouri Levada, l'un des sociologues russes les plus réputés.
Un chercher de l'Institut de sondage "Centre Levada", Léonide Sedov, constate que le mécontentement vise le président pour la première fois.
"Le peuple semble avoir abandonné l'idée de l'infaillibilité du président", constate le sociologue.
Parmi les signes annonçant le changement des états d'esprit, Léonide Sedov évoque les attaques directes contre le président et l'apparition subite d'un mouvement de la jeunesse "Ceux qui marchent sans Poutine".
D'après la fondation sociologique "Opinion publique", la popularité du chef de l'Etat a affiché une baisse constante tout au long de l'année dernière. Au cours du premier semestre, elle s'est maintenue à 54% en moyenne mais le 19 décembre elle est descendue à 46% pour remonter à 48% vers le Jour de l'An.
De l'avis du directeur du service analytique de la fondation, Grigori Kertman, "si le prestige de toute l'élite politique est assez bas et qu'elle ne comporte pas de personnages brillants, la côte du président peut rester stable même en dépit du mécontentement qui s'accroît parmi le peuple".
Le directeur scientifique de la société sociologique Romir-Monitoring, Nikolaï Popov, constate, quant à lui, que les évaluations pessimistes des affaires dans le pays n'ont eu aucun impact sur la popularité du président au cours de ces temps derniers.
"Jusqu'à présent le président est resté le dernier îlot de confiance et d'espoir. Ce qui va suivre, il est difficile de le pronostiquer", estime l'expert.
Kommersant
Les communistes restent seuls dans leur lutte pour la destitution du gouvernement
L'initiative du KPRF qui propose de voter une motion de censure contre le gouvernement resterait sans effet. Malgré les déclarations faites lundi dernier par les députés du parti nationaliste de gauche Rodina et du Parti démocrate libéral, qui se disaient prêts à apposer leur signature au bas du projet, les leaders des deux partis ont annoncé que leurs députés à la Douma ne soutiendraient pas les communistes. Ces derniers ne peuvent donc compter que sur les députés indépendants, souligne le quotidien "Kommersant".
Rodina a choisi ses propres moyens de lutter contre le gouvernement, sans s'allier sur ce terrain avec d'autres forces de l'opposition. Vendredi ses députés s'apprêtent à demander la suspension de la loi sur la compensation des avantages sociaux et à demander ensuite à la Cour des comptes de vérifier l'affectation donnée aux fonds destinés à la réalisation de ce document. D'autre part, il projette d'interpeller la Cour constitutionnelle sur la non-conformité de la loi sur la compensation des avantages sociaux avec la Constitution.
Le leader des démocrates-libéraux, Vladimir Jirinovski, a déclaré que son parti ne pourrait soutenir l'idée de la motion de censure qu'à condition de changer la ligne des réformes en cours, "autrement, ce serait un remue-ménage stérile". Il a laissé entendre que les députés de son parti n'avaient pas l'intention de demander la destitution de tout le gouvernement qui "travaille bien dans son ensemble".
Tout porte à penser que maintenant le KPRF ne pourrait collecter les signatures que de 60 à 70 députés alors que le consentement de 90 députés est nécessaire pour mettre en mouvement la procédure de vote d'une motion de censure.
Les protestations de la population et les problèmes liés à l'application pratique de la loi remplaçant les avantages sociaux par une compensation en espèces ont fourni aux observateurs et aux médias un prétexte pour évoquer une éventuelle destitution du gouvernement. Beaucoup attendaient que Poutine admoneste les ministres. Rien de tel. A partir de là, seuls les députés pourraient poser la question de la confiance pour le gouvernement.
Novye izvestia
Le président de la Cour des comptes a demandé sa démission
Le président de la Cour des comptes Serguei Stepachine a fait savoir hier aux députés de la Douma (chambre basse du parlement russe) qu'il démissionnerait. La motivation officielle est la nécessité de respecter la loi sur le mode de formation de l'établissement de contrôle et de révision, lit-on dans le quotidien "Novye izvestia".
Selon la nouvelle loi, le président de la Cour des comptes est nommé par la Douma sur proposition du président de la Fédération de Russie. Le président doit proposer la candidature au poste de président de la Cour des comptes trois mois, au plus tard, avant l'expiration du mandat du président de la chambre des comptes en exercice. Le mandat de Serguei Stepachine expire le 19 avril 2005. Mais, après la démission, le président de la Cour des comptes peut réoccuper ce poste.
Cependant, Dmitri Orechkine, chef du groupe analytique "Merkator", estime que Serguei Stepachine sera démis de ses fonctions pour des raisons politiques. "C'est un homme aux ambitions politiques non satisfaites, il n'est pas impliqué dans la corruption, a déclaré Dmitri Orechkine. Le rapport sur les résultats de la privatisation pendant la période de 1993 à 2003 préparé par la Cour des comptes, rapport qui inspire la peur bleue aux oligarques, a été considéré par Serguei Stepachine comme un point de départ pour reprendre l'activité politique, mais certains l'empêchent de le faire".
L'examen à la Douma du rapport qui a suscité un tollé a été maintes fois reporté. "Kommersant" qui dispose de son texte fait remarquer que ce document contient les conclusions aussi bien sur le non-fondé de l'annulation éventuelle ou de la révision des résultats de la privatisation que sur la nécessité "d'assurer par voie judiciaire le rétablissement des droits violés du propriétaire légitime: l'Etat".
Une bonne partie du rapport est consacrée à la privatisation dans le secteur pétrolier, il mentionne souvent "Sibneft" et son patron Roman Abramovitch. Les médias supposent également que le rapport marquera le début de la nouvelle campagne présidentielle qui se déroulera sous le mot d'ordre de la lutte contre les ressources et les biens illégalement obtenus.
Kommersant
La Tchétchénie présentera un compte à la Russie pour les répressions staliniennes
Taous Djabraïlov, président du Conseil d'Etat de la Tchétchénie, a annoncé hier l'achèvement du travail sur le projet de traité sur la répartition des pouvoirs entre la République de Tchétchénie et le centre fédéral. Ce traité qui prévoit notamment l'octroi à la République de plusieurs milliards de roubles pour verser les compensations aux victimes des répressions staliniennes sera signé prochainement, fait savoir le quotidien "Kommersant".
Taous Djabraïlov rappelle que la Tchétchénie est l'unique région de la Russie où la loi fédérale de 1991 sur la réhabilitation des peuples victimes des répressions n'a pas été appliquée. A présent, les autorités tchétchènes ont l'intention de faire triompher la justice.
Les auteurs du projet de traité proposent d'établir les montants des compensations à raison de 500 salaires munimums pour la perte des biens et de 1000 salaires minimums pour la perte du logis. Compte tenu du nouveau salaire minimum qui constitue, depuis le 1er janvier 2005, 720 roubles (un dollar équivaut à 28,11 roubles), chaque habitant de la république victime des répressions peut compter recevoir une compensation de plus d'un million de roubles.
Il y a des centaines de milliers de prétendants, car, selon la loi, les victimes des répressions sont non seulement les Tchétchènes déportés en 1944, mais aussi ceux qui sont nés en exil jusqu'à 1957.
Vedomosti
Le groupe Menatep s'est défait de l'actif pour lequel Khodorkovski a été arrêté
Le groupe Menatep a vendu la compagnie "Apatit" pour laquelle l'ex-patron de la compagnie IOUKOS, Mikhaïl Khodorkovski, et le président du directoire de la compagnie "MENATEP", Platon Lebedev, s'étaient retrouvés sur le banc des accusés. Le quotidien "Vedomosti" a appris que Group Menatep avait vendu la moitié des actions du holding chimique "Fosagro" qui lui appartenaient et dont fait partie "Apatit". Selon le directeur de Group Menatep, Tim Osborne, le paquet d'actions a été acquis par le management de "Fosagro".
Le montant et les conditions de la transaction n'ont pas été révélés par Tim Osborne qui a déclaré que d'un commun accord avec les dirigeants de "Fosagro" cette information devait rester confidentielle.
De l'avis des experts, le montant de la vente de la part de Group Menatep à "Fosagro" ne peut pas être estimé en raison de l'opacité de la compagnie. Toutefois, ils estiment que cet actif pourrait avoir été cédé à un prix nettement inférieur à celui du marché.
Platon Lebedev et Mikhaïl Khodorkovski avaient été arrêtés pour détournement de 20 pour cent des actions de la compagnie "Apatit", qui par la suite avait constitué l'élément essentiel du holding "Fosagro". Le parquet prétend qu'en acquérant illicitement les actions d'"Apatit", Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev avaient causé à l'Etat un préjudice de 283 millions de dollars, n'ayant pas respecté les conditions d'investissement de l'appel d'offres. Il sont notamment accusés de détournement de fonds particulièrement importants, de fraude fiscale, de faux en écritures et de non-exécution de décision de justice.
L'"affaire Ioukos" a concerné aussi le management de "Fosagro". Au mois de juillet 2003, les magistrats instruisant le procès intenté à Platon Lebedev avaient procédé à une saisie de documents au siège d'Apatit". Un top-manager de la compagnie chimique estime que la vente par Menatep group des actions de "Fosagro" ne met pas les nouveaux propriétaires à l'abri de réclamations patrimoniales émanant de l'Etat. Certains analystes relèvent même que si le parquet reprend l'affaire de la restitution des actions à l'Etat, les nouveaux propriétaires auront beaucoup de mal à démontrer leur bonne foi.
Finansovye izvestia
Dans les prochaines années, la moitié des Russes préféreront des voitures étrangères
En 2005, environ 500 000 à 600 000 voitures étrangères seront vendues en Russie. Cela rapportera aux producteurs étrangers environ 12,6 milliards de dollars, annoncent les "Finansovye izvestia" en se référant aux pronostics des distributeurs et des experts du marché automobile.
Selon les analystes, en 2004, 352 000 voitures étrangères ont été vendues officiellement en Russie. L'accroissement de ce marché a atteint, en espèces, 80 %.
Les évaluations des experts pour cette année sont plus conservatrices: le volume des ventes de nouvelles voitures étrangères en Russie s'accroîtra d'environ 40 %. D'ailleurs, il y a un an, les évaluations les plus hardies de l'accroissement des ventes de voitures étrangères en Russie ne dépassaient pas 50 % par rapport à 2003.
La corporation financière "Ouralsib" fait un pronostic modéré également pour 2005: les ventes de nouvelles voitures étrangères, importées et assemblées sur le territoire de la Russie, constitueront, en espèces, 21 % de plus. Pour la période allant jusqu'à 2010, le pronostic est encore plus prudent: 15 %, en moyenne, par an.
De l'avis unanime des experts, les produits de l'industrie automobile étrangère continuent à évincer les voitures russes du marché local. Il y a plusieurs raisons à cela. Selon Nikolai Sorokine, vice-directeur du département de l'industrie du ministère russe de l'Industrie et de l'Energie, les voitures russes coûterontprochainement 8 à 10 000 dollars, alors que leur qualité ne s'améliorera probablement pas beaucoup.
D'après les données de la firme de conseil PricewaterhouseCoopers, si le marché russe se développe aux cadences actuelles, le nombre de voitures étrangères vendues en Russie dépassera celui de voitures russes dès 2007. Le ministère de l'Industrie et de l'Energie estime que le bien-être des Russes n'atteindra que vers 2010 le niveau tel qu'une voiture achetée sur deux sera étrangère.
De toute évidence, le facteur principal de l'accroissement de la popularité des voitures étrangères en Russie sera le développement du système d'octroi de crédits à la consommation qui est capable, selon les évaluations des observateurs, d'accroître le taux d'accroissement des ventes de nouvelles automobiles d'environ 40 %.