Les actions entreprises à l'encontre de Ioukos par la justice et les services fiscaux russes sont strictement conformes à notre législation. Cela se rapporte pleinement à la récente vente aux enchères consécutivement à laquelle la compagnie nationale Rosneft est devenue propriétaire de la filiale de Ioukos, Iouganskneftegaz, a dit Sergueï Ivanov.
Je me permets de relever que cette transaction s'est effectuée selon un procédé de marché, a-t-il souligné.
Utilisant des mécanismes légaux, l'Etat a réussi à faire valoir ses intérêts économiques. A la différence de ce qui s'était passé au début des années 90, quand pendant la privatisation de nombreux acteurs du marché, recourant à divers subterfuges, y compris en violant la législation alors en vigueur, avaient accaparé des biens publics d'une valeur considérable, a relevé le ministre russe.
Celui-ci a également abordé l'affaire Ioukos examinée dans un tribunal du Texas. Il me semble que peu de gens savent qu'il y a deux ans un actionnaire étranger de Ioukos avait saisi ce même tribunal d'une affaire tout autre. A l'époque il avait été débouté au motif que la juridiction du tribunal ne s'étendait pas à une compagnie enregistrée en Russie, a dit Sergueï Ivanov.
Concernant la situation actuelle, il a indiqué qu'avant de saisir la justice un actionnaire avait acheté de toute urgence un appartement à Dallas et transféré sur son compte plusieurs millions de dollars. Le tribunal s'est ainsi retrouvé habilité pour juger une affaire portant sur des dizaines de millions de dollars, a dit Sergueï Ivanov.
Je pense qu'aux Etats-Unis on entretient artificiellement la peur d'investir en Russie. En tout cas, nous ne ressentons pas cette crainte chez les investisseurs européens et asiatiques, a fait remarquer le ministre russe de la Défense.
Pour ce qui est de la culpabilité de Mikhaïl Khodorkovski, selon le ministre seule la justice est habilitée à dire s'il est coupable ou non. Il doit en être ainsi dans tout Etat démocratique, a dit Sergueï Ivanov en ajoutant qu'en tant que ministre de la Défense il ignorait tous les détails de l'affaire Ioukos. J'ai d'autres chats à fouetter, a-t-il dit.