Les leçons à méditer du "scandale des missiles syriens"

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MOSCOU, 14 janvier (par Dmitri Kossyrev, commentateur politique de RIA Novosti). L'histoire des livraisons de missiles russes "Iskander" à la Syrie, qui permettraient à ce pays de maintenir dans son collimateur le centre nucléaire d'Israël dans le désert du Negev, était donc pure fiction. Séjournant il y a quelques jours aux Etats-Unis, le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, s'était exprimé de manière très précise sur ce sujet: il n'y a pas plus de pourparlers sur ce thème entre Moscou et Damas qu'il y a de contacts sur cette question avec les Etats-Unis. Pour Mikhaïl Marguélov, influent sénateur spécialiste des affaires internationales, toute cette histoire est une "affabulation".

Chose étrange, dès après la mise au point de Sergueï Ivanov, le porte-parole du Département d'Etat américain, Richard Boucher, avait été contraint de déclarer que "nous sommes opposés à la vente... de matériels de guerre meurtriers à la Syrie qui est un Etat sponsor du terrorisme", et que théoriquement des sanctions pourraient être prises contre la Russie "conformément à la législation américaine... si ces livraisons ont bien lieu".

Comment expliquer cet énervement manifeste du Département d'Etat? L'histoire concernant la Syrie est bien sûr un cas à part. Elle a vu le jour dans les tréfonds du monde politique chaotique et fébrile d'Israël. Pour les Etats-Unis Israël est un cas particulier en politique tant intérieure qu'étrangère. D'où la mise en garde.

Ce comportement suscite plusieurs objections. Tout Etat peut être unilatéralement accusé de financer le terrorisme et de bien d'autres choses encore. Or, on sait ce que valent les déclarations de ce genre. Nous le voyons aujourd'hui sur l'exemple de l'Irak où les Etats-Unis ont officiellement renoncé à poursuivre la recherche d'armes de destruction massive, ces armes qui avaient servi de prétexte pour l'occupation malheureuse de ce pays. Le commerce des armes, comme tout autre commerce, a pour corollaire la concurrence d'affaires avec des éléments de politique militaire internationale. Tout naturellement, la Russie vend ses armes là où, pour des considérations de prix ou de politique internationale, les produits analogues de ses concurrents - France, Suède, Israël, Etats-Unis, etc. - n'ont pas de place. Ce serait trop simple si un pays quelconque s'arrogeait le monopole de décider à qui on peut ou il est interdit de vendre des armes meurtrières, dont, entre autres, des missiles sol-air, un domaine où la Russie affiche des avantages technologiques évidents. S'il en était ainsi, les Etats-Unis seraient le seul et unique fournisseur sur les marchés des armements.

Bien évidemment, Moscou n'entend pas prendre en compte chacune de ces mises en garde commerciales et technologiques des Etats-Unis ni de tout autre pays d'ailleurs. L'Iran en constitue le meilleur exemple. Ce pays lui non plus n'est pas en odeur de sainteté en Israël et aux Etats-Unis, mais ce n'est pas pour cela que Moscou renoncera à coopérer avec l'Iran dans le domaine de l'électronucléaire ou des fournitures d'armements conventionnels comme les véhicules de combat blindés. Seulement il y a une autre question "commune". C'est celle de l'alliance des puissances dans la lutte contre le terrorisme, une alliance dont nous avons impérativement besoin. Il est notoire que Moscou n'a pas établi de liste de pays proscrits ou de pays sponsors du terrorisme. Mais la Russie envisage avec le plus grand sérieux le problème du terrorisme en tant que tel, la situation au Proche-Orient et les relations des diverses civilisations avec le monde musulman en général. Ces questions réclament effectivement que des rapports d'alliés s'établissent entre tous les pays desquels beaucoup de choses dépendent dans le monde d'aujourd'hui.

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