Les leaders de la croissance de la production par rapport à 2003 sont Sourgoutneftegaz (de 10,3% ou de 59,6 millions de tonnes), Rosneft (10,2% ou 21,599 millions de tonnes) et TNK-BP (10,1% ou 70,26 millions de tonnes). Viennent ensuite Sibneft (8,2%), Ioukos (6,1%) et Lukoil (3%). La Russie a livré aux pays étrangers autres que ceux de la CIA 182,2 millions de tonnes, soit 17,5% de croissance par rapport à 2003.
Cependant la fin de l'année a été marquée par un ralentissement des exportations, rappellent les analystes. Pour le premier trimestre 2005 ils prédisent même une baisse de 2% en raison du facteur saisonnier et du passage de Iouganskneftegaz à de nouveaux propriétaires. Selon certaines prévisions, cette année les exportations augmenteraient de 6,6% environ, contre 17% en 2004. L'extraction augmentera lentement elle aussi, de 5% environ.
Tous les experts interrogés expliquent le ralentissement de la production et de l'exportation de brut par le niveau excessif des cours du pétrole, ainsi que par l'absence de moyens supplémentaires de transporter cet hydrocarbure. Les itinéraires d'exportations les plus rentables - via Novorossiisk, Ventspils et Primorsk - sont surchargé à refus tandis que la rentabilité des livraisons intérieures reste relativement basse pour les pétroliers. Quels que soient les cours du brut sur le marché extérieur, les sociétés russes continueront à en exporter des quantités maximales, au détriment du marché intérieur.
Les experts soulignent que la hausse du pétrole sur le marché mondial n'influera plus sur le niveau de la production, comme cela a été le cas l'année dernière, car toutes les réserves sont épuisées. Mais une chute des cours peut diminuer sensiblement, de plusieurs fois, les exportations. Et alors le gouvernement sera obligé de décider ou bien d'abaisser le tarif de transport de pétrole par rail ou bien de s'attaquer au problème de façon radicale en allégeant la pression fiscale sur le secteur pétrolier.