Vremia novosteï
Quelles sont les causes des "malentendus dans les rapports" russo-israéliens?
Mercredi les autorités israéliennes et russes ont démenti les informations selon lesquelles une crise se serait fait jour dans les relations bilatérales. Nous n'observons aucun signe de dégradation, a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Yakovenko. Le chef adjoint de la diplomatie russe, Alexandre Saltanov, est arrivé en Israël pour des négociations.
Les sources du quotidien "Vremia novosteï" au ministère israélien des Affaires étrangères ont admis que l'ambassadeur d'Israël en Russie, Arkadi Mil-Man, restait en Israël qu'il avait rejoint la veille des fêtes du Nouvel An. Toutefois, le rappel de l'ambassadeur dont la presse avait parlé n'a pas été confirmé. L'ambassadeur est rentré en Israël à l'occasion des fêtes en Russie, a indiqué la source. Cependant, il a été contraint de retarder son retour en raison de malentendus dans les relations.
Ici plusieurs raisons de ces malentendus sont avancées. Au mois de novembre dernier la presse israélienne avait qualifié la visite du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, d'échec étant donné que les Israéliens n'ont accepté aucune des propositions de Moscou. Par contre, en Russie la visite avait été considérée comme réussie. Il est remarquable qu'en 2004, à la différence des trois années précédentes, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, ne s'est pas rendu une seule fois en Russie. A la fin de l'année, lors de sa conférence de presse annuelle le président Vladimir Poutine s'était mépris en souhaitant que l'entourage du nouveau président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, soit exempt de gens plaçant leurs ambitions sous des slogans antirusses et sionistes.
On a aussi lu dans la presse des informations selon lesquelles la Russie se préparerait à vendre des missiles "Iskander-E" à la Syrie, ennemi stratégique d'Israël. Le président syrien Bachar Assad est attendu à Moscou dans une dizaine de jours. Les Israéliens appréhendent une coopération de la Russie avec ce voisin inamical.
Cependant, une autre version a été avancée: c'est la Russie qui reprocherait à l'Etat hébreu d'avoir financé la campagne électorale de Viktor Iouchtchenko devenu président de l'Ukraine. L'argent aurait été fourni par le baron du diamant, Lev Levaev (il a critiqué le président russe, en Russie il possède deux entreprises de taille), il aurait également financé l'opposition russe. Certains experts admettent même que la méprise de Vladimir Poutine n'avait rien de fortuite.
Gazeta
Le sort de l'Espace économique unique dépend de Iouchtchenko
Moscou et Astana invitent le nouveau président de l'Ukraine, Viktor Iouchtchenko, à la coopération dans le cadre de la CEI. C'est un des principaux résultats des pourparlers qui ont eu lieu hier à Alma-Ata entre les leaders russe et kazakh, Vladimir Poutine et Noursoultan Nazarbaev, écrit le quotidien "Gazeta". Le prix de la décision est le maintien en vie de l'Espace économique unique (EEU).
Cette organisation qui a pour mission, entre autres, d'unifier les tarifs et de s'entendre sur des échanges commerciaux en franchise regroupe la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie et l'Ukraine. Les résultats de l'élection présidentielle en Ukraine et les difficultés traditionnelles auxquelles se heurtent les négociations avec Minsk ont mis en doute le développement de l'EEU.
Hier, les leaders de la Russie et du Kazakhstan ont examiné les perspectives de développement de l'EEU compte tenu de la position de l'Ukraine et "exprimé l'espoir, on peut dire même la certitude" que cette structure économique continuerait d'exister, selon l'assistant du chef de l'Etat russe pour la politique extérieure, Serguéi Prikhodko. Cette déclaration peut être considérée comme l'invitation à la coopération adressée au nouveau président ukrainien Viktor Iouchtchenko.
Aujourd'hui, compte tenu du facteur ukrainien, le risque du démantèlement de l'EEU est très élevé. L'Ukraine, favorisée par sa position libérale, est près d'achever les négociations sur son adhésion à l'OMC : elle ne tient pas à défendre pendant longtemps ses marchés, à l'opposé de la Russie. Si elle levait pour l'Europe les barrières douanières de son côté de l'Espace économique unique, elle découvrirait la défense des marchés russes.
Moscou mise sur le chiffre d'affaires des échanges commerciaux avec l'Ukraine qui a atteint des milliards de dollars et sur le pragmatisme de Iouchtchenko. "C'est un homme ayant une formation. Il sait que Ioujmach ne saurait être fermé pour la seule raison que cette usine de missiles qui est le plus important producteur d'armes ukrainien coopère avec la Russie. Il en est de même pour la structure bancaire et pour le secteur des matières premières dont l'Ukraine tire un avantage économique évident", a déclaré un membre de la délégation russe. Si ces prévisions doivent se justifier, on le saura d'ici six mois. Moscou espère que ce délai suffit pour tenir un sommet des leaders des pays membres de l'EEU.
Nezavissimaïa gazeta
Les manifestations spontanées de retraités prennent une tournure politique
Bien que revêtant un caractère spontané, les manifestations des retraités réclamant l'abolition de la loi sur la monétisation des avantages (il est prévu de les remplacer par des compensations en espèces) les partis politiques de gauche n'entendent pas y assister en observateurs.
Le KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie) s'est empressé de revendiquer le rôle dirigeant dans ces actions, promettant de mobiliser dans les prochains jours plusieurs milliers de ses sympathisants pour prendre part à des manifestations publiques. "Rodina" a l'intention de se placer à la tête du mouvement de protestation sociale. Le Parti des retraités prépare un grand rassemblement à Toula, annonce la "Nezavissimaïa gazeta".
Le secrétaire du Comité central du KPRF, Oleg Koulikov, a qualifié de "pilotes" les actions de protestation parce que pour le moment elles n'ont lieu que dans les villes, foyers de tension. Rappelons que cette semaine à l'appel du KPRF plusieurs centaines de retraités ont bloqué la circulation dans les rues les plus animées de Samara. Il y a quelques jours les communistes ont mis sur pied un rassemblement nombreux à Oufa.
Nous ne discuterons plus avec "Russie unie" à la Douma, déclare le leader de "Rodina", Dmitri Rogozine. C'est peine perdue. L'opposition est poussée dans la rue où elle va prendre la tête du mouvement de protestation.
Les politiques interrogés sont d'accord sur un point: il est très probable que des mouvements revendicatifs d'envergure vont se déployer dans le pays. Les choses pourraient très bien évoluer à la manière ukrainienne parce que le pouvoir présente actuellement des signes d'impuissance totale, constate Dmitri Rogozine. Son collègue, Oleg Cheïne, attend une flambée de manifestations pour fin janvier-début février, une période où les gens auront à payer le loyer et les charges. Ensuite les choses iront s'accentuant et prendront un caractère plus dynamique, prévoit le politique. Le député est persuadé que ces actions n'épargneront que les régions fortement dépressives, là où les gens ont baissé les bras.
Vedomosti
Les entreprises russes ne sont pas admises au marché des quotas d'émissions de gaz à effet de serre
L'Union européenne a donné le coup d'envoi du commerce des quotas d'émission de gaz à effet de serre, conformément au protocole de Kyoto. Cependant, pour les entreprises russes la porte de la bourse européenne où elles pourraient faire des millions d'euros de bénéfices reste fermée.
Le 1er janvier, à Paris, l'Europe a lancé une bourse d'échange de droit de polluer l'atmosphère au carbonne. Hier, un premier marché a été conclu : 5000 tonnes de CO2 ont été vendues à 8,40 euros la tonne, informe le quotidien "Vedomosti".
Théoriquement, les entreprises russes peuvent tirer un gain important de la vente de leurs quotas. D'après les accords de Marrakech annexés au protocole de Kyoto, aucun pays signataire n'a le droit de vendre plus de 10% de ses réserves par an. Pour la Russie, cela fait 5 milliards de tonnes dans la période 2008-2012. Le revenu annuel peut donc être de 1 à 3 milliards de dollars, d'après les calculs du ministère du Développement économique et du Commerce. C'est que, par rapport au niveau de 1990, à partir duquel sont calculés les quotas, les entreprises russes polluent l'atmosphère de 30% moins que d'autres.
Mais la porte de la bourse leur est fermée, en attendant. Seules les entreprises européennes ayant un plan de rejets validé par l'UE sont impliquées, explique le directeur des programmes climatiques du Fonds mondial pour la nature (WWF), Alexéi Kokorine. Les Européens peuvent acheter des quotas à des entreprises russes en agissant de gré à gré, en payant non pas au comptant mais au moyen d'investissements dans des projets réduisant la consommation d'énergie, ajoute un représentant de la direction du Fonds pour le carbone énergétique, Mikhaïl Rogankov. Mais ce sont là des sommes peu importantes, soulignent les experts.
Pour vendre ses quotas en bourse la Russie doit mettre en place un marché analogue à l'européen et convertir les quotas russes, à l'instar de l'UE, en des certificats nominatifs à délivrer à des entreprises concrètes.
Le protocole de Kyoto à la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques a été signé en décembre 1997. Ratifié par 125 pays, dont la Russie, il entrera en vigueur le 16 février prochain. Le document oblige les pays industriels à diminuer au cours de la période 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne. Les pays qui polluent l'environnement moins que le prescrivent les normes établies peuvent vendre leurs quotas de rejets de gaz à effet de serre aux Etats qui polluent l'atmosphère au-dessus de la norme.
Vremia Novosteï
Le manque de transparence financière retarde la fusion de Gazprom et de Rosneft
Le processus de fusion de Gazprom et de Rosneft ne sera pas achevé avant le mois de mars 2005, a annoncé mercredi le directeur de l'Agence fédérale des biens fédéraux, Valeri Nazarov.
Il était prévu que la fusion de Gazprom et de Rosneft soit chose faite à la fin de l'année 2004, ensuite la date a été reportée à janvier 2005, rappelle le quotidien "Vremia Novosteï". Pour les analystes ce report de la fusion des compagnies serait dû, entre autres, au passage sous le contrôle de Rosneft de l'ancien principal actif de Ioukos, Iouganskneftegaz (cette entreprise a été vendue à titre de remboursement d'une dette fiscale de la compagnie mère le 19 décembre 2004 à la société Baïkalfinansgroup, celle-ci ayant été par la suite acquise par Rosneft, ce qui a été annoncée le 23 décembre).
Cependant, le directeur de l'Agence des biens fédéraux a déclaré mercredi que la fusion avait été reportée non pas à cause de Iouganskneftegaz, mais en raison du retard pris dans la constitution du dossier d'estimation de la compagnie. Celle-ci n'était probablement pas aussi transparente que l'on pensait, a dit Valeri Nazarov. L'un des critères de la transparence d'une compagnie réside dans la rapidité avec laquelle un auditeur qualifié ou un évaluateur peut constituer le rapport d'estimation. Le responsable a ajouté que le délai optimal de la fusion était le premier trimestre 2005.
Rappelons que les résultats de l'évaluation de Gazprom et de Rosneft, effectuée parallèlement par la Dresder Kleinwort Wasserstein et la Morgan Stanley, avaient été publiés dès la mi-décembre. Cependant, ils n'avaient pas été officiellement entérinés. Pour les analystes, il s'agit là d'une conséquence du projet d'acquisition de Iouganskneftegaz par Gazprom. On se demandait comment l'évaluation de Gazprom pouvait rester juste une fois cet actif acquis. Et après l'achat de Iouganskneftegaz par Rosneft des problèmes similaires se sont fait jour quant à l'objectivité de son estimation, la compagnie étant devenue trois fois plus importante.
De hauts fonctionnaires russes ont annoncé que la fusion de Gazprom et de Rosneft aura bien lieu, mais sans Iouganskneftegaz qui va devenir compagnie publique indépendante. Toutefois, le directeur de l'Agence des biens fédéraux n'a pas indiqué que Iouganskneftegaz serait exclu du marché concernant la fusion.