Les entreprises russes ne sont pas admises au marché des quotas d'émissions de gaz à effet de serre

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MOSCOU, 13 janvier - RIA Novosti. L'Union européenne a donné le coup d'envoi du commerce des quotas d'émission de gaz à effet de serre, conformément au protocole de Kyoto. Cependant, pour les entreprises russes la porte de la bourse européenne où elles pourraient faire des millions d'euros de bénéfices reste fermée.

Le 1er janvier, à Paris, l'Europe a lancé une bourse d'échange de droit de polluer l'atmosphère au carbonne. Hier, un premier marché a été conclu : 5000 tonnes de CO2 ont été vendues à 8,40 euros la tonne, informe le quotidien "Vedomosti".

Théoriquement, les entreprises russes peuvent tirer un gain important de la vente de leurs quotas. D'après les accords de Marrakech annexés au protocole de Kyoto, aucun pays signataire n'a le droit de vendre plus de 10% de ses réserves par an. Pour la Russie, cela fait 5 milliards de tonnes dans la période 2008-2012. Le revenu annuel peut donc être de 1 à 3 milliards de dollars, d'après les calculs du ministère du Développement économique et du Commerce. C'est que, par rapport au niveau de 1990, à partir duquel sont calculés les quotas, les entreprises russes polluent l'atmosphère de 30% moins que d'autres.

Mais la porte de la bourse leur est fermée, en attendant. Seules les entreprises européennes ayant un plan de rejets validé par l'UE sont impliquées, explique le directeur des programmes climatiques du Fonds mondial pour la nature (WWF), Alexéi Kokorine. Les Européens peuvent acheter des quotas à des entreprises russes en agissant de gré à gré, en payant non pas au comptant mais au moyen d'investissements dans des projets réduisant la consommation d'énergie, ajoute un représentant de la direction du Fonds pour le carbone énergétique, Mikhaïl Rogankov. Mais ce sont là des sommes peu importantes, soulignent les experts.

Pour vendre ses quotas en bourse la Russie doit mettre en place un marché analogue à l'européen et convertir les quotas russes, à l'instar de l'UE, en des certificats nominatifs à délivrer à des entreprises concrètes.

Le protocole de Kyoto à la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques a été signé en décembre 1997. Ratifié par 125 pays, dont la Russie, il entrera en vigueur le 16 février prochain. Le document oblige les pays industriels à diminuer au cours de la période 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne. Les pays qui polluent l'environnement moins que le prescrivent les normes établies peuvent vendre leurs quotas de rejets de gaz à effet de serre aux Etats qui polluent l'atmosphère au-dessus de la norme.

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