Kommersant
Les missiles russes ont mis les relations russo-israéliennes au bord d'une crise
Les relations russo-israéliennes se sont retrouvées au bord d'une crise à la suite de la décision de la Russie de vendre à la Syrie des missiles du théâtre de très haute précision Iskander-E.
Israël s'est dit vivement préoccupé du fait qu'au cas où des Iskander seraient déployés, par exemple à proximité de la ligne de démarcation dans le Golan, ils pourraient atteindre pratiquement tout point sur le territoire de l'Etat hébreu. Les missiles pourraient toucher des cibles sur le territoire israélien avec une précision de 20 mètres près, écrit le quotidien "Kommersant".
Le problème de la livraison d'Iskander à la Syrie serait débattu lors de la visite que le président Bachar El-Assad doit effectuer en Russie le 24 janvier. La semaine dernière la Syrie a annoncé son intérêt à acheter non seulement des Iskander mais aussi des missiles de DCA S-300PMU-2 Favorit et Top-M1, ainsi qu'à faire des achats supplémentaires d'engins antichars Kornet et Metis.
Mardi, le premier ministre israélien Ariel Sharon a informé les Etats-Unis de la crise des relations russo-israéliennes sans leur demander pourtant d'exercer leur influence sur la Russie pour résoudre les problèmes qui surgissent.
Les premières annonces de la complication des relations entre la Russie et Israël avaient paru au début de l'année. Le 4 janvier le premier ministre israélien Ariel Sharon avait tenu une réunion spéciale consacrée aux relations avec la Russie. Les médias israéliens avaient alors annoncé alors que la réunion avait donné lieu à l'examen de certaines mesures inamicales prises par la Russie et à la mise au point d'une politique à appliquer en l'occurrence, sans préciser d'où venaient les problèmes des relations bilatérales.
Plus tard, l'ambassadeur israélien Arkadi Mil-Man a été rappelé d'urgence à Jérusalem de Moscou et la visite que le vice-ministre des Affaires étrangères, Alexandre Saltanov, qui avait assisté à titre d'observateur à l'élection du président de l'Autorité palestinienne, n'a pas eu lieu sans que la raison de son annulation ait été annoncée.
Vrémia novostéi
Sergueï Ivanov ne discutera pas la question du contrôle des sites nucléaires russes
Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, est arrivé aux Etats-Unis pour une visite de travail qu'il poursuivra jusqu'au 15 janvier. Le chef du département militaire russe rencontrera des représentants des hautes instances dirigeantes américaines.
Pendant l'escale effectuée à l'aéroport irlandais de Shannon, Sergueï Ivanov a inopinément apporté quelques précisions au caractère de sa visite, écrit le quotidien "Vremia novosteï". Je ne subordonne pas ces rencontres au sommet de février (une rencontre Poutine-Bush est programmée pour le 24 janvier à Bratislava), a-t-il dit.
Le ministre de la Défense a probablement été poussé à faire cette déclaration par les nombreux articles parus dans la presse occidentale ainsi que par les propos de certains experts selon lesquels Vladimir Poutine serait enclin à accepter l'établissement d'un contrôle international sur "les sites potentiellement dangereux implantés en territoire russe". Il s'agit des centrales nucléaires, des arsenaux d'armes nucléaires non encore détruites et des dépôts de matériaux fissiles".
Cette idée paradoxale et, de l'avis de nombreux experts, dangereuse est nourrie depuis longtemps dans les structures du pouvoir des Etats-Unis et elle pourrait se matérialiser sous forme de lutte contre le terrorisme international, de coopération dans le domaine de la sécurité militaire ou les deux à la fois.
L'interlocuteur du journal, un personnage haut placé dans la structure militaro-diplomatique de la Russie, estime que la proposition américaine pourrait se matérialiser dans la protection conjointe des sites sensibles des deux pays. Toutefois, les Russes ne seront acceptés en Russie que dans un premier temps, pour affermir la confiance, ensuite sous un prétexte spécieux, l'action prendra un caractère unilatéral. Les conséquences d'une acceptation de la proposition américaine par la Russie sont difficilement prévisibles.
Confirmant indirectement les propos du diplomate militaire, Sergueï Ivanov a déclaré mardi qu'en avril prochain des exercices de sécurité nucléaire auraient lieu dans l'Etat de Wyoming. Des officiers du 12-e Département principal du ministère russe de la Défense, en charge de l'arsenal nucléaire russe, y seront les seuls observateurs. Une première dans ce genre d'exercices.
Nezavissimaïa gazeta
Le conseiller de Poutine emboîte le pas de Iouchtchenko
La démission du conseiller économique du président russe, Andréi Illarionov, de ses fonctions de représentants de la Russie au G8 est expliquée par de nombreux experts par les déclarations qu'il a faites dernièrement. Fin décembre, il a lancé des critiques acerbes contre les actions du Kremlin et cela non seulement en matière de problèmes relevant de la compétence d'un conseiller économique, souligne le quotidien "Nezavissimaïa gazeta".
Il est douteux qu'Illarionov n'ait pas été conscient qu'il faisait des déclarations politiques retentissantes, plutôt propres à un leader de l'opposition qu'à un employé de l'administration présidentielle et que la réaction serait adéquate. Nolens volens, le conseiller du président risque de devenir un "Iouchtchenko russe".
Illarionov, tout comme le président ukrainien nouvellement élu, a été, jusqu'à un certain moment, "chair de la chaire" du pouvoir. Le leader des "orange" avait gouverné la Banque nationale d'Ukraine depuis 1993 avant d'assumer la charge du premier ministre de 1999 à 2001. Andréi Illarionov coopère avec le gouvernement russe depuis 1992, en occupant différentes fonctions : de celles de conseiller économique hors cadre du vice-premier ministre à celles de chef du groupe d'analyse et de planification du gouvernement fédéral. Les deux hommes sont très libéraux en ce qui concerne leurs idées économiques. Les deux se sont souvent montrés en Occident où ils bénéficient d'une large popularité.
Il est prématuré d'affirmer qu'Andréi Illarionov a des ambitions politiques sérieuses. Mais Viktor Iouchtchenko, tout comme le leader géorgien Mikhaïl Saakachvili, n'a pas été, jusqu'à un certain moment, considéré comme une personnalité publique sérieuse.
Pratiquement, de tous les points de vue, le conseiller présidentiel est un candidat idéal au rôle de chef de l'opposition. Comme Iouchtchenko et Saakachvili, il n'est mêlé dans aucun scandale financier, ni dans une affaire de privatisation douteuse. Que l'opposition ait besoin d'un nouveau leader ne suscite pas de doute. Toutes les tentatives de s'allier ont échoué jusqu'à ici. Si l'on suit la logique des événements ukrainiens et géorgiens, le conseiller présidentiel doit, dès cette année, ou bien donner sa démission ou bien se faire renvoyer, pour s'occuper de la mise en place d'un bloc d'opposition.
Vedomosti
Mikhaïl Khodorkovski a remis Youkos à son partenaire Léonide Nevzline
Le plus connu des détenus russes, Mikhaïl Khodorkovski, a transmis la gestion de 59,5 pour cent des actions du Groupe Menatep et son principal actif, Ioukos, à son partenaire de longue date, Léonide Nevzline, annoncent le quotidien "Vedomosti" se référant à une source proche du Groupe Menatep.
Cette information a également été confirmée par l'homme d'affaires russe Boris Berezovski résidant à Londres. Il a déclaré que mardi il s'était entretenu avec Léonide Nevzline et que celui-ci lui avait personnellement annoncé que désormais il était propriétaire de Ioukos. Boris Berezovski suppose que sous la coupe de Léonide Nezvline le Groupe Menatep se montrera plus rigoureux dans la lutte menée avec le Kremlin pour les actifs de Ioukos. Le problème de Khodorkovski consiste en ce qu'il avait tenté de sauver la compagnie au moyen de négociations pacifiques, a dit Boris Berezovski. Seulement le pouvoir a préféré agir autrement.
Léonide Nevzline s'est refusé à tout commentaire.
Le changement du principal propriétaire du groupe s'est probablement effectué après la perte, le 19 décembre, par Ioukos de son principal actif, à savoir Iouganskneftegaz. Le même jour, tous les droits sur 59,5 pour cent des actions du groupe sont passés automatiquement de Khodorkovski à Nevzline du moment que le schéma de propriété du Groupe Menatep prévoyait initialement que le contrôle du groupe pouvait passer à un autre actionnaire en cas de décès de Mikhaïl Khodorkovski, de condamnation par un tribunal, d'enlèvement ainsi qu'en cas de perte par Ioukos de son principal actif.
Les experts pensent qu'il est peu probable que ce changement de propriétaire ait un impact sur le déroulement de l'"affaire Ioukos". Quant à Khodorkovski, ils lui prédisent un brillant avenir politique. C'est vrai qu'il aura du mal à se faire une large popularité, estime le député à la Douma (chambre basse du parlement), Vladimir Ryjkov. Il n'est pas prêt de se débarrasser de l'étiquette d'oligarque, une espèce que les Russes n'ont pas en odeur de sainteté comme le révèlent tous les sondages.
Le Groupe Menatep basé à Gibraltar contrôle 61,01 des actions de Ioukos et gère par ailleurs 10 pour cent de la compagnie par le truchement du fonds Veteran Petroleum. Mikhaïl Khodorkovski possède directement 9,5 pour cent des actions du groupe, auxquels il faut ajouter les 50 pour cent qu'il contrôlait via un schéma similaire à une société de placement. Léonide Nevzline possédait 8 pour cent des actions du Groupe Menatep. La valeur de Ioukos est tombée de 41 milliards à 1,49 milliard de dollars à la clôture mardi, 11 janvier.
Nezavissimaïa gazeta
La catastrophe en Asie du Sud-Est peut se répercuter sur les exportations d'armes russes
Le tsunami qui s'est abattu sur les pays d'Asie du Sud-Est peut modifier sensiblement l'une des rubriques les plus importantes du chapitre des produits du budget russe, celle des exportations d'armements, estime le quotidien "Nezavissimaïa gazeta".
En effet, le ministre de la défense de l'Indonésie, pays le plus touché par l'élément, a déclaré qu'au lieu des douze avions de chasse russes Su-30 (le contrat qui se préparait était estimé à 890 millions de dollars) son pays achèterait des appareils de transport militaires américains Hercules et des hélicoptères nécessaires à la lutte contre les conséquences du tsunami.
De l'avis d'un expert du Centre d'analyses des stratégies et des technologies, Konstantin Makienko, il est fort possible que la Thaïlande, pour sa part, gèle pour plusieurs années son intention de faire l'acquisition de Su-30MK. En ce qui concerne la Malaisie, il ne s'agit pas d'envisager des contrats à l'avenir pays mais d'un accord conclu en 2003 et portant sur l'achat de 18 chasseurs SU-30MKM pour plus de 900 millions de dollars. Les premières livraisons doivent commencer en 2006.
Les experts évaluent le manque à gagner du complexe militaro-industriel russe à 1,5 milliard de dollars. C'est une perte très sensible vu qu'en 2004 le montant des exportations d'armements s'est élevé à 5,6 à 5,7 milliards de dollars, d'après le directeur du Service fédéral de la coopération militaro-technique, Mikhaïl Dmitriev.
La Russie fondait certains espoirs sur les pays sinistrés. Au Salon Indodefence-2004 qui s'est tenu en novembre à Djakarta le pavillon russe était le plus important. De nombreux observateurs ont porté un jugement positif sur le bilan de la participation de 24 sociétés russes à cette exposition.