Revue de la presse russe du 11 janvier

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MOSCOU, RIA Novosti

Vedomosti

Vladimir Poutine écarte du G8 son conseiller Illarionov

Le 3 janvier le président Vladimir Poutine a destitué son conseiller économique Andreï Illarionov de ses fonctions de représentant de la Russie au G8. C'est l'assistant du président, Igor Chouvalov, qui va donc devoir préparer le sommet russe du G8 de 2006.

Ces deux hauts fonctionnaires se sont abstenus de commentaires officiels. Une source de "Vedomosti" au Kremlin a indiqué que la destitution d'Andreï Illarionov s'expliquait par le fait que depuis six mois celui-ci avait ignoré les mesures concernant les préparatifs du G8 et qu'il n'assistait pas aux conférences. De l'avis de la source, Igor Chouvalov a été nommé parce que c'est un économiste compétent et ayant d'assez larges contacts à l'étranger. D'autre part, compte tenu de son expérience de travail au sein du gouvernement il est à même de coordonner l'activité des ministères lors de la préparation du sommet de 2006.

Igor Chouvalov est le septième sherpa russe. Ce nom qui désigne les guides dans l'Himalaya a été donné aux représentants des présidents au G8. Le sherpa doit être un professionnel confirmé et, surtout, bénéficier de la confiance absolue du chef de l'Etat, dit l'ancien ministre russe des Finances, Alexandre Livchits, qui lui-même avait assumé ces fonctions en 1996-1999.

A la fin du mois de décembre, Andreï Illarianov avait critiqué la position du Kremlin dans l'affaire "Ioukos". D'autre part, son opinion concernant la ratification du Protocole de Kyoto avait nettement divergé de la politique appliquée par le Kremlin. De l'avis du représentant de la Russie au G8 en 1994, Alexandre Chokine, le remplacement du représentant est lié à la préparation du sommet de 2006 où pour la première fois la Russie pourra fortement influencer sur l'ordre du jour. Or, c'est évident pour l'Occident, Andreï Illarionov ne reflète plus le point de vue du président. Pour Alexandre Chokine il ne fait pas de doute que Vladimir Poutine a été contraint de le remplacer pour conférer davantage de poids à son représentant au sein du club des sherpas.

Un représentant de la Maison Blanche (siège du gouvernement russe) pense que la destitution définitive d'Andreï Illarionao est inévitable, mais que le pouvoir n'entend pas précipiter les choses. Sherpa en 1995-1996 et ancien ministre de l'Economie, Evguéni Yassine est convaincu qu'Illarionov exercera longtemps encore un impact sur la politique économique. Je ne pense par que le président envisage de l'écarter tout à fait. En tant que source d'idées il ne gêne personne, a-t-il dit.

Kommersant

Guerman Gref : la privatisation de Rosneft et de Iouganskneftegaz est indispensable

Rosneft et Iouganskneftegaz doivent être privatisés, a estimé le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref.

"Dans les conditions actuelles je ne trouve pas justifiée la présence directe de l'Etat dans le secteur pétrolier", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien "Kommersant". "Si l'Etat gardait son monopole dans le secteur pétrolier, nous aurions une dynamique aussi lente que dans le secteur gazier", a-t-il ajouté.

L'inefficacité de Gazprom est évidente, aux yeux du ministre. "Il est nécessaire de mettre en route les mécanismes du marché. Pour ce faire, une réforme doit être opérée dans le secteur gazier. Un rôle important doit, de ce fait, revenir à l'encouragement de la concurrence avec les producteurs de gaz indépendants. Les producteurs indépendants sont capables, selon nos évaluations, de produire jusqu'à 20% de la totalité du gaz. Mais ils sont engloutis un à un par Gazprom. Cette question sera inscrite à l'ordre du jour", a déclaré Guerman Gref.

"L'Etat ne doit en aucune manière s'ingérer dans les secteurs compétitifs. Nous avons aujourd'hui beaucoup de problèmes consécutifs à la présence excessive de l'Etat. L'Etat doit se concentrer sur la régulation", a-t-il ajouté.

Le ministre s'est dit en même temps persuadé que "la propriété publique peut être efficace" mais l'efficacité de l'Etat dans l'économie est fonction de son efficacité générale. Aujourd'hui, d'après le ministre, "l'Etat n'est pas efficace et, par conséquent, les sociétés publiques ne le sont pas non plus, dans leur majorité".

Cependant, de l'avis de Guerman Gref, "le secteur pétrolier a été mal privatisé mais il existe dès maintenant des "mécanismes suffisants de régulation du secteur pétrolier et d'imposition de la branche". Parmi d'autres mécanismes, il a cité "notamment la politique fiscale, la politique douanière, la réglementation technique et les licences". Il ne reste, de l'avis du ministre, qu'à adopter une nouvelle loi sur les richesses du sous-sol qui, d'ailleurs, pourrait l'être au cours du premier semestre 2005.

Vedomosti

Réunir Gazprom et Rosneft devient de plus en plus malaisé

Les derniers jours de l'année écoulée Rosneft avait réussi à devenir propriétaire de plein droit de Iouganskneftegaz (principale entreprise extractive de Ioukos, vendue aux enchères le 19 décembre à titre de remboursement d'une dette fiscale de la compagnie mère). L'acquéreur avait été la société Baïkalfinansgroup, qui avait proposé 9,35 milliards de dollars pour 76,8 pour cent des actions de Iouganskneftegaz. Quelques jours plus tard, Baïkalfinansgroup avait été vendue à Rosneft en échange de la somme symbolique de 10.000 roubles (le dollar s'échange contre 27;75 roubles).

Le 31 décembre, annoncent "Vedomosti", Rosneft a versé les 7,65 milliards restant (1,7 milliard ayant préalablement été payé en qualité de caution de participation à la vente aux enchères), et en même temps changé le PDG et le gérant de la compagnie Iougansk.

Les choses se sont produites le lendemain de l'annonce par le chef de l'administration du président et président du directoire de Gazprom, Dmitri Medvedev, que Iougansk pourrait ne pas revenir à Rosneft et que d'icià la fin du mois de janvier la compagnie publique pourrait fusionner avec Gazprom. Le ministre de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko, avait alors déclaré que les actifs de Iouganskneftegaz seraient remis à une compagnie publique séparée.

Maintenant il sera malaisé d'unir Rosneft à Gazprom sans insérer Iouganskneftegas dans la transaction. Pour l'instant il n'y a pas de schéma concret, a déclaré un représentant haut placé d'un ministère connexe. Selon lui, Rosneft pourrait être scindé en deux compagnies. Dans l'une on introduira Iouganskneftegaz et les engagements de remboursement du crédit de 7,65 milliards de dollars (peut-être obtenu auprès de banques russes). La deuxième compagnie resterait en possession des autres actifs de Rosneft, qui ultérieurement seront remis à Gazprom en échange d'actions. Selon une autre hypothèse, Rosneft ne sera pas partagé; ses actions seront simplement remises aux filiales actuelles du monopole gazier, en laissant seulement Iouganskneftegaz à la compagnie pétrolière publique. Il sera assez compliqué de réaliser ces schémas car l'entreprise réclame de multiples concertations.

L'employé de Gazprom est certain que désormais de sérieux changements vont être apportés au schéma de fusion de Rosneft avec Gazprom (initialement il était prévu d'échanger la totalité des actions de la compagnie pétrolière contre 10,7 pour cent des actions de Gazprom.

Les analystes font remarquer que les démarches de Rosneft attestent que son management n'entend pas abandonner Iouganskneftagaz.

Novyé izvestia

La Russie peut faire des économies en remboursant sa dette extérieure avant terme

Le Club de Paris qui est l'une des plus grandes organisations des Etats créanciers tiendra demain une réunion. La Russie espère d'en profiter pour s'entendre avant la fin du mois avec le Club sur un remboursement anticipé de sa dette. Dans ce cas, elle pourrait compter sur un discount qui lui permettrait d'économiser une vingtainede milliards de roubles (1 dollar US = 27,75 roubles), écrit le quotidien "Novyé izvestia".

Dans un an la dette de la Russie envers le Club pourrait diminuer de 10 milliards de dollars (elle s'élève actuellement à 44,4 milliards de dollars, dont 40 milliards de dettes de l'ex-URSS). C'est cette somme que, d'après les calculs effectués par le ministre des Finances Alexéi Koudrine, la Russie est capable d'amortir en 2005 en faisant appel à son Fonds de stabilisation. De ce total, 6 milliards seront versés à l'Allemagne, le plus important créancier de la Russie qui lui doit 20 milliards de dollars environ, et 4 milliards seront répartis entre d'autres pays, "par exemple les Etats-Unis, la France et d'autres", selon l'expression du ministre.

Pour le moment la situation est favorable à la Russie. Premièrement, le Fonds de stabilisation qui servira à éteindre la dette envers le Club de Paris s'élève à 522,3 milliards de roubles (au 30 décembre 2004). Ayant amassé la somme indispensable, fixée à 500 milliards de roubles, le gouvernement a le droit de donner une affectation à l'argent excédant ce montant.

Deuxièmement, les pays membres du Club pourraient accéder à la demande de la Russie de lui concéder un discount en cas de remboursement anticipé, comme l'a annoncé récemment l'ambassadeur allemand en Russie, Hans-Friedrich von Pletz, confirmant que une "extinction d'une dette avant l'échéance entraîne une récompense".

L'Allemagne serait obligée d'en accorder une, du fait des problèmes auxquels sont confrontées les économies des Etats européens. L'année dernière le déficit budgétaire est resté supérieur à 3% du PIB en France et en Allemagne, ce qui contredit les dispositions du Pacte européen de stabilité. Les plus grands Etats de la zone euro projettent de mettre en œuvre cette année des mesures pour réduire leur déficit budgétaire et les milliards russes leur seront les bienvenus.

Finansovyé izvestia

La BERD accorde une bonne note à l'économie russe en 2004

Sur la toile de fond de déclarations fracassantes des financiers occidentaux sur la violation des droits de l'entreprenariat en Russie et la récession de l'économie russe, le directeur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Jean Lemierre, a annoncé voici quelques jours que l'année dernière l'économie russe était devenue plus attractive aux yeux des investisseurs tant étrangers que russes. Qui plus est, la banque entend renoncer aux garanties publiques de la Russie pour l'octroi de crédits aux entreprises et organismes russes.

Un des axes de la nouvelle stratégie de la BERD sur lequel la banque est disposée à opérer dans garanties publiques est le financement de la modernisation et de la construction de pipelines en Russie, annoncent "Finansovye izvestia". Des investissements dans le secteur gazier pourraient suivre. Cependant, avant que ces injections soient faites il faut procéder à une refonte du monopole gazier.

Les banquiers de la BERD n'ont pas non plus renoncé à leur idée de financement en roubles des entreprises russes.

En accordant des crédits aux compagnies russes, la BERD poursuit deux objectifs d'emblée: créer un marché de capitaux et renforcer les petites entreprises pour faire contrepoids aux grosses et les régions pour contrebalancer le centre. En fournissant des moyens, la banque accordera la préférence aux petites et moyennes entreprises du secteur privé plutôt qu'aux compagnies publiques.

Par contre, en ce qui concerne les banques et les finances, la BERD n'est pas encline à promouvoir les petites entreprises. En aidant à la privatisation des établissements publics de crédit, les banquiers européens entendent stimuler les fusions et les absorptions dans le secteur bancaire russe. Toutefois, ici aussi ils se tourneront de préférence vers les banques régionales.

En 2004, la banque européenne a engagé près d'un milliard de dollars dans la réalisation de projets en Russie. En 2005, la BERD compte porter ce chiffre à 1,1-1,3 milliard de dollars.

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