Andréi Illarionov : l'extinction anticipée de la dette extérieure n'est pas dangereuse pour le système financier

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MOSCOU, 10 janvier - RIA Novosti. Opérée en faisant appel au Fonds de stabilisation, l'extinction anticipée de la dette extérieure n'est porteuse d'aucun risque pour le système financier russe, a estimé dans un entretien avec le correspondant de RIA Novosti le conseiller économique du président russe, Andréi Illarionov.

Interrogé la veille d'une réunion des gouverneurs des banques centrales des pays membres du Club de Paris qui s'ouvre ce lundi à Bâle, il a déclaré : "Cela fait quatre ans que j'ai proposé d'amortir la dette extérieure par anticipation. Cela semblait alors étrange, anormal, inconcevable. Mais quatre ans après, telle est la position officielle du gouvernement russe".

"Il y a trois ans nous avons proposé de créer un fonds de stabilisation. A l'époque cette idée semblait également incongrue. Aujourd'hui, un tel fonds existe et remplit bien ses fonctions", a poursuivi le conseiller économique.

Le Fonds de stabilisation sert au remboursement anticipé du Club de Paris. Les fonds nécessaires à l'amortissement à terme des dettes extérieures sont prévus au budget de l'année prochaine, a-t-il précisé.

Au mois de décembre, le ministre des Finances Alexéi Koudrine avait déclaré qu'en 2005 la Russie envisageait d'engager le Fonds de stabilisation au niveau de 10 milliards de dollars pour amortir des dettes envers les pays membres du Club de Paris. Sur ce total, 6 milliards doivent être versés à l'Allemagne et le reste à d'autres pays, par exemple aux Etats-Unis, à la France... Dans ce cas, la Russie pourrait économiser jusqu'à 700 millions de dollars sur le service de la dette, avait fait remarquer Alexéi Koudrine.

"Il s'agit là d'une somme équivalente à 20 milliards de roubles, autrement dit cet argent pourrait bien être employé à payer les salaires, à développer la sphère sociale et à d'autres fins", avait dit le ministre.

La dette de la Russie envers le Club de Paris s'élève actuellement à 46 milliards de dollars dont 40 milliards de dettes soviétiques, avait-il précisé.

Andréi Illarionov affirme, pour sa part, que l'accumulation des fonds à des fins de stabilisation ne nuit nullement au système bancaire du pays.

Le représentant du Kremlin a rappelé que les crédits bancaires augmentaient en Russie de 40% environ par an. "Nous n'avons jamais eu une telle croissance fantastique des actifs bancaires. C'est un rythme également fantastique d'après les normes internationales", a-t-il affirmé.

L'économiste ne voit généralement aucune suite négative de la croissance du Fonds de stabilisation. Il estime nécessaire de s'interdire de dépenser le Fonds de stabilisation et insiste sur la nécessité de l'employer uniquement à l'amortissement anticipé de la dette publique extérieure.

"La discussion se poursuit sur la manière de dépenser le Fonds de stabilisation et nous voyons que les autorités et le gouvernement subissent une forte pression qui ne cesse de monter. J'espère que les autorités et le gouvernement auront assez de force, de courage et d'intelligence pour ne pas céder à cette pression et ne pas permettre que ce fonds soit dépensé et épuisé", a déclaré le conseiller économique.

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