Selon les estimations de chercheurs, on dénombre en Russie aujourd'hui près de 55.000 jeunes qui se disent appartenir au mouvement des skinheads. Il y a deux ou trois ans, ils vivaient, dans leur grande majorité, à Moscou et Saint-Pétersbourg, aujourd'hui, la "mode du nazisme" envahit les régions.
Les analystes évoquent déjà la "deuxième vague du mouvement des crânes rasés", écrivent les Novyé-Izvestia.
Depuis le début de l'automne, une vague d'attaques contre les ressortissants des pays du Caucase et les étudiants étrangers a déferlé sur l'ensemble du pays. Il y a quelques jours, une bande fascisante a attaqué la synagogue à Penza.
"La première vague a été vécue par la Russie à la fin des années 1990. En 2002, le pays dénombrait près de 40.000 skinheads", dit Alexandre Tarassov, chef du secteur de la nouvelle sociologie et des études sur la jeunesse du Centre Phoenix.
Les causes de cette flambée du mouvement xénophobe, dit l'expert, doivent être recherchées dans la campagne médiatique agressive déployée il y a deux ans, à la veille de l'adoption, par la Douma, de la loi sur la lutte contre les activités extrémistes. A l'époque, les chaînes TV publiques se sont mises à présenter les sujets qui parlaient des "crânes rasés".
Les scènes de vandalisme organisées par des supporters de football et retransmises en direct depuis la Douma, place du Manège au centre de Moscou, sur l'ensemble du pays en juin 2002, ont fait déborder le vase. Résultat, la Russie a connu ceux qui s'appellent skinheads.
La loi sur la lutte contre l'extrémisme a été adoptée. Il n'en reste pas moins que les tendances xénophobes s'accentuent dans le pays et le mouvement des skinheads continue de croître. Des chercheurs prédisent que leur nombre pourraient atteindre 80.000 dans les années à venir.