Les pays de l'Union européenne constituent le principal débouché pour les produits énergétiques russes. Selon Oleg Gordeev, 61% des livraisons vers l'Europe sont représentées par le pétrole, 24% par le gaz naturel, 12% par des produits pétroliers et 3% par le condensat et les gaz liquéfiés.
L'UE a deux sources extérieures d'hydrocarbures : les pays de l'OPEP et la CEI (Communauté des Etats indépendants). Les livraisons de pétrole de l'OPEP vers l'Europe dépassent un peu celles de la CEI, mais la part de la CEI sur le marché pétrolier et gazier européen dépasse celle de l'OPEP compte tenu des livraisons de gaz et de produits pétroliers. La CEI assume 53,8% de l'approvisionnement de l'Europe en pétrole, en gaz et en produits pétroliers (Azerbaïdjan : 1,4%, Kazakhstan : 7,3%, Russie: 45,1%), contre 46,1% assumés par l'OPEP.
La Russie assure 84% du transit de ces produits énergétiques, et ce chiffre ne diminuera pas, estime Oleg Gordeev.
La Russie peut augmenter considérablement les livraisons de produits énergétiques vers les pays asiatiques, selon le directeur adjoint de l'Agence fédérale de l'Energie.
Pour ceci, il faut remplir deux conditions : élargir la prospection et la mise en exploitation de gisements d'hydrocarbures en Sibérie orientale et en Extrême-Orient russe et développer le réseau des pipelines vers les débouchés.
Selon Oleg Gordeev, ces conditions ne peuvent être remplies qu'en cas d'investissements suffisants. "Les investissements dans la prospection et la mise en valeur des gisements de Sibérie orientale et du plateau continental de Sakhaline sont devenus les premiers projets conjoints dessociétés énergétiques d'Europe et d'Asie, viendront ensuite des projets conjoints dans le domaine du transport du pétrole et du gaz", a indiqué le responsable.
Selon lui, les besoins du marché asiatique en produits énergétiques sont presque égaux à ceux du marché européen. "Ces derniers temps, les livraisons de produits énergétiques de la Russie vers les pays d'Asie augmentent rapidement, néanmoins, la Russie joue toujours un rôle beaucoup plus modeste sur le marché asiatique qu'en Europe", a relevé Oleg Gordeev.
Il a cité en guise d'exemple les exportations russes de pétrole vers la Chine. En septembre, la Russie a fourmi à la Chine 1,9 million de tonnes de pétrole devenant ainsi le premier fournisseur de ce pays. Mais au total, pendant les neuf premiers mois de l'année en cours, c'est l'Arabie Saoudite qui a été le leader en la matière.
Le responsable a indiqué que la Russie était en train de former des systèmes de transport de produits énergétiques censés réunir par la suite les marchés énergétiques d'Europe et d'Asie. Parmi les projets les plus importants, il a cité notamment le système de tuyauteries Taïchet-Nakhodka, le système de gazoducs reliant le gisement de Kovyktino à la Chine et la Corée du Sud, ainsi que la construction de ports pour assurer les exportations de gaz naturel liquéfié russe.