"L'une des tâches évidentes que nous nous assignons en priorité consiste à adopter une législation nouvelle, moderne, rénovée et efficace", a-t-il dit dans son intervention ce mercredi à une conférence internationale sur les problèmes de l'investissement.
L'Etat doit effectuer une régulation beaucoup plus stricte dans ce domaine, selon son expression.
L'Etat manque d'outils pour limiter l'influence des monopoles et développer un milieu concurrentiel, a-t-il ajouté.
La Russie compte peu de marchés où la concurrence est normale et "les monopoles sont donc naturellement tentés de renforcer davantage leurs positions et de les étendre pour s'adjuger une rente monopoliste", a fait remarquer Guerman Gref.
L'Etat a des moyens d'influence limités sur les monopoles, a dit le ministre qui estime que la législation anti-monopole nécessite une modernisation approfondie.
A ses dires, un projet de loi concerté sur la concurrence serait formulé avant la fin de l'année et la Douma pourrait l'adopter au cours du premier semestre de l'année prochaine.
Selon une information publiée précédemment, le Service fédéral anti-monopole (SFA) a annoncé cette semaine qu'il avait préparé une nouvelle rédaction de la loi sur la concurrence.
D'après Guerman Gref, 19 milliards de dollars de capitaux étrangers ont été investis dans l'économie russe au cours des six premiers mois de l'année, soit 50% de plus que pendant la même période de 2003. "Le gouvernement fait tout le nécessaire pour rendre le climat dans le pays plus propice à l'investissement, il considère ce travail comme prioritaire et ne cessera de s'en occuper", a-t-il souligné.
Que les conditions d'investissements se soient déjà améliorées en Russie, toute une série de facteurs le confirment, notamment le rétablissement de la confiance des investissteurs, les décisions des agences de notation internationales, l'attribution par nombre de pays européens à la Russie du statut de pays à économie de marché.
"Aujourd'hui, force est de constater que la Russie est de par sa nature un pays à économie de marché. C'est un grand avantage. Cela veut dire que dans ce pays il est possible de mener des affaires d'après les règles du marché", a fait observer le ministre.
En même temps, il existe un problème qui ralentit l'affluence d'investissements dans notre pays. C'est l'imperfection du contrôle de l'Etat, notamment en ce qui concerne la concurrence.
Il est impossible de résoudre ce problème immédiatement, cela demandera des années, a estimé Guerman Gref.
Les ressources du fonds de stabilisation qui se trouvent excédentaires par rapport au montant planifié doivent être employées en premier lieu à la modernisation et au développement de l'infrastructure, estime le ministre.
A son avis, il est impossible de développer l'infrastructure autrement que par l'intermédiaire de l'Etat. Il nous faudra commencer à réaliser de tels projets dès 2005, a-t-il déclaré.
De l'avis de Guerman Gref, le montant du fonds de stabilisation doit être "juste nécessaire pour maintenir les indices macro-économiques au niveau actuel".
"Le fonds de stabilisation est aujourd'hui un outil constant et indispensable de maintien de la stabilité macro-économique qui elle-même est à la base de toute chose", a souligné le ministre.
L'Etat ne doit pas se substituer aux milieux d'affaires mais doit créer des conditions nécessaires à leur développement dont la pierre angulaire est une infrastructure en essor, a déclaré Guerman Gref.