Les auteurs du rapport constatent qu'à ce jour, la Fédération de Russie se classe en septième position dans le monde pour ses réserves de pétrole et en deuxième selon ses exportations d'"or noir", en ne le cédant qu'à l'Arabie Saoudite. Selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, d'ici 2010, les fournitures de pétrole russes dépasseraient 15% de tout le volume du marché mondial du pétrole, mais que vers 2030, ces mêmes livraisons pétrolières russes chuteraient jusqu'à 10%, ce qui correspond à peu près au niveau actuel.
Les positions russes apparaissent encore plus solides en matière de gaz naturel où la Fédération de Russie est le leader mondial incontestable, que ce soit pour l'extraction que pour l'exportation de cette matière premières des plus précieuses. A l'avis des experts de l'Agence internationale de l'énergie, la Fédération de Russie à qui reviennent 26% des réserves mondiales de gaz naturel gardera aussi ses positions leaders d'ici 2030.
Tout cela, estiment les auteurs du rapport, porte à croire que la Russie va jouer un rôle de plus en plus important dans les fournitures et le commerce mondial d'hydrocarbures, ce qui aurait inévitablement des conséquences déterminantes pour la sécurité énergétique du monde.
Quoi qu'il en soit, font remarquer les experts de l'Agence internationale de l'énergie, ce processus a aussi son revers, car non seulement le marché mondial d'hydrocarbures dépendra pour beaucoup de la Russie, mais la Russie pourra, elle aussi, tomber dans une dépendance de plus en plus flagrante vis-à-vis de ce marché.
A cette occasion, les auteurs du rapport craignent qu'en cas d'une éventuelle chute par trop excessive des prix mondiaux du pétrole, la Russie n'essaie, par exemple, d'exercer son propre impact sur le marché, en concertant notamment avec l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) une diminution des volume de la production de pétrole.
Pour éviter une dépendance excessive des prix mondiaux d'hydrocarbures, la Russie devrait progresser plus énergiquement dans la voie de diversification de son économie, avertissent les auteurs du rapport en question. Ils estiment, en outre, que cela est aussi nécessaire car, selon certaines prévisions, dans les années à venir, les cadences de la production pétrolière qui sont aujourd'hui très élevés doivent ralentir.
A l'heure actuelle, rappellent les experts de l'Agence internationale de l'énergie, la Fédération de Russie produit tous les jours 9,1 millions de barils de pétrole, ce qui correspond, somme toute, au niveau de 1991. Ils prévoient que, dans les années qui viennent, la croissance va s'y poursuivre, bien que non pas aussi rapidement sans doute et ce, pour atteindre le cap de 10,4 millions de barils par jour d'ici 2010. Après cela, le niveau de production pétrolière se stabilisera pour constituer d'ici 2020 environ 10,8 millions de barils par jour.
Pour ce qui est du secteur gazier, estiment les experts de l'AIE, ses ressources immenses permettront à la Fédération de Russie d'accroître à l'avenir également la production de gaz et non seulement pour satisfaire les besoins intérieurs du pays, mais aussi et surtout pour en augmenter les exportations vers l'Europe et sur les nouveaux marchés asiatiques.
Quoi qu'il en soit, indiquent les auteurs du rapport, pour que cela se fasse, il faut que des investissements viennent en masse dans des projets parfaitement nouveaux qui devront se substituer aux actuels gisements. Et pour attirer les investisseurs étrangers, soulignent les experts de l'Agence internationale de l'énergie, il fait que le marché russe soit ouverts, et que les prix intérieurs du gaz montent en Russie, est l'avis des auteurs du rapport.
Somme toute, ils considèrent comme très difficilement réalisable le doublement du produit intérieur brut (PIB) en l'espace de dix ans. Selon les experts de l'AIE, pour que cet objectif puisse être atteint, il fait que la croissance économique annuelle en Russie dépasse 7%, ce qui serait sans doute très difficile si, dès 2006, les prix mondiaux du pétrole et de gaz, vont, comme le prévoient les experts de l'Agence internationale de l'énergie, diminuer progressivement.