Revue de la presse russe du 25 octobre

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MOSCOU, RIA Novosti

Vedomosti

Ioukos délaissé par son partenaire stratégique

La société française Schlumberger, le numéro un mondial des services en matière d'extraction de gaz et de pétrole, récupère son matériel dont sont équipés les gisements du holding russe Ioukos. Le résultat de son départ ne s'est pas laissé attendre : au mois d'octobre la production de sa principale filiale, Iougansknegtegaz, diminuera de 8% (jusqu'à 3,95 millions de tonnes de brut), a annoncé au quotidien "Vedomosti" un représentant du groupe pétrolier. Au train où vont les affaires de la filiale de Ioukos, elle ne produira que 40 millions de tonnes au lieu des 51 millions de tonnes programmés et la production de tout le holding ne dépassera pas 74,5 millions de tonnes au lieu des 96 millions de tonnes planifiés, prédisent les analystes.

"Sans Schlumberger, Ioukos n'est plus le même", indique l'analyste de Troïka-Dialogue, Valeri Nesterov. De 1998 à 2001 le trésorier de la société française a même été le directeur financier de Ioukos et il fait partie, aujourd'hui, du conseil des directeurs du holding. Lorsque le groupe pétrolier a commencé, il y a cinq ans, à coopérer avec la société française, il produisait 45 millions de tonnes de pétrole par an. Les technologies Schlumberger lui ont permis de réaliser des progrès importants en augmentant sa production de 10% à 20% par an.

Les analystes s'accordent pour établir un lien entre la décision du sous-traitant français et les problèmes que Ioukos a avec les autorités. Ces problèmes se sont répercutés aussi sur Schlumberger. Le porte-parole de Ioukos a souligné que le partenaire russe s'était retrouvé redevable de 30 millions de dollars à la société française qui, pourtant, promet de ne pas l'abandonner. "A l'heure actuelle Ioukos a moins besoin de nos services à cause de ses problèmes mais lorsque la demande augmentera nous reprendrons notre coopération", a promis un représentant de Schlumberger.

Cependant, les observateurs ne pensent pas que la chute de la production puisse influer sur le prix auquel Iouganskneftegaz sera vendue.

Kommersant

La crise bancaire de l'été dernier reconnue au niveau international

L'agence russo-américaine Moody's Interfax Rating Agency, contrôlée par Moody's Investor Service qui est l'une des plus prestigieuses agences de notation mondiales, a publié un rapport intitulé "Le Syndrome d'après-crise" consacré à l'état actuel du secteur bancaire russe, écrit le quotidien "Kommersant".

D'après ce document, "les événements qui ont eu lieu dans le système bancaire russe en été 2004 doivent être considérés comme une crise bancaire". En dépit des déclarations optimistes des autorités financières et des dirigeants de la Banque de Russie, les conséquences de la crise de confiance de juillet dernier se sont fait vivement sentir à la fin de l'été. D'après Moody's Interfax, au mois d'août les dépôts et les crédits en portefeuille ont diminué chez plus de la moitié des banques. Les tensions se maintiendront dans le secteur bancaire jusqu'à la fin de l'année.

En juillet, les banques russes ont connu la fuite la plus imoportante de dépôts de la population depuis la crise de 1998. Les déposants ont assailli Guta-Bank, Alfa-Bank et d'autres établissements prêteurs, de moindre traille. Cette ruée a abouti à ce que Guta-Bank a été rachetée par la Banque publique pour le commerce extérieur qui s'est fait verser à cet effet 700 millions de dollars par la Banque centrale tandis que Afla-Bank a été maintenue à flot par ses actionnaires qui lui ont confié des dépôts importants. De l'avis d'un vice-président de la Banque de Russie, Guennadi Melikian, 12 milliards de roubles de dépôts privés ont été retirés au mois de juillet dernier. Ce serait une erreur que de penser que les déposants privés étaient les seuls à se laisser gagner par la panique. Moody's Interfax souligne que l'expérience des banques qui ont souffert le plus montre que souvent la fuite des capitaux des entreprises était plus importante que celle des fonds retirés par les particuliers.

Il est encore prématuré d'annoncer que la crise du système bancaire a été surmontée, prévient le chef du service de la notation de Moody's Interfax, Mikhaïl Matovnikov. Il a analysé les bilans des 699 banques qui affichent leurs résultats sur le site Web de la Banque centrale et a constaté que le montant des dépôts privés dans les banques avait augmenté de 20 milliards de roubles au mois d'août et que 84% de cet accroissement ont été enregistrés par les banques d'Etat et par les succursales des banques étrangères. Dans la plupart des banques régionales et dans la quasi-moitié des banques privées moscovites, les déposants ont continué à retirer leur argent. Le retrait des capitaux des entreprises reste également sensible.

Vrémia novostéi

Une banque moscovite a financé un attentat terroriste ?

Le deuxième anniversaire de l'attentat terroriste contre le centre théâtral de Doubrovka (plus de 900 spectateurs et acteurs de la comédie musicale "Nord-Ost" ont été pris en otages par cinquante terroristes. 130 personnes ont trouvé la mort dans cet attentat) a été passé sous silence par les autorités russes, comme il y a un an. Seul le parquet de Moscou a diffusé un communiqué de presse arride consacré à la marche de l'enquête.

L'annonce comportait du neuf : le parquet a évoqué une banque moscovite, "Prima-Bank", en rapport avec l'affaire Nord-Ost, écrit le quotidien "Vrémia novostéi". Ainsi que l'a expliqué un porte-parole du parquet, l'enquête a mis en évidence une information sur l'implication de cette banque "dans le financement d'actes de terrorisme et de complicité avec les terroristes". Les enquêteurs n'ont cependant pas osé de dire de quoi il était vraiment question, quel était le banquier qui a aidé les terroristes et comment il les a aidés.

"Prima-Bank" a déjà figuré dans les chroniques scandaleuses, rappellele journal. L'année dernière, la Banque centrale l'a placée sous une administration externe et a révoqué en juin 2003 sa licence. En août 2003, la banque a été mise en faillite et peu après son président du conseil d'administration, Moussa Gatiev, de nationalité tchétchène, et l'une de ses assistantes ont été accusés d'avoir détourné plus d'un million de dollars. D'autre part, des procédures pénales ont été engagées contre le nouveau président du conseil d'administration, Poulat Ousmanov, et le président du conseil des directeurs, Moukharbek Barkinklhoev. D'après les enquêteurs, le premier a mis délibérément sa banque en faillite et le second a roué de coups l'administrateur externe désigné par la Banque centrale.

D'ailleurs, la déclaration du parquet a été une surprise pour les services spéciaux et pour les anciens représentants de "Prima-Bank". Aucun d'entre eux n'a encore jamais entendu dire que cette banque était impliquée dans la prise d'otage du centre théâtral de Doubrovka. D'autre part, le parquet avait lui-même déclaré précédemment que l'organisation de l'attaque contre Nord-Ost avait coûté seulement 40 000 dollars à Chamil Basaev.

Gazeta

Le cours du dollar a baissé jusqu'à la cote psychologique de 29 roubles

Pour la première fois depuis ces six derniers mois, le cours du dollar a baissé au-dessous de la cote psychologique de 29 roubles. De l'avis des experts, il est peu probable que la monnaie américaine connaisse une hausse avant la fin de l'année, lit-on dans le quotidien "Gazeta".

Etant un grand exportateur d'"or noir", la Russie reçoit des recettes importantes en pétrodollars qui renforcent la monnaie nationale. En raison du cours élevé du rouble, l'importation devient plus avantageuse que la production nationale et la création de produits compétitifs.

Le gouvernement et la Banque centrale ont décidé de sacrifier l'essor économique à l'inflation, mais cette priorité est erronée. Il est impossible de lutter contre l'inflation dans le contexte du maintien des hauts prix du pétrole", estime Vladimir Tikhomirov, économiste principal d'"Uralsib".

La Banque centrale poursuit l'objectif de maintenir l'inflation dans les limites de 10 %. Cependant, le taux d'inflation enregistré en septembre a déjà été de 11,3 %.

Dans les prochaines années, l'économie russe aura un caractère unilatéral. Alors que les secteurs qui travaillent pour l'exportation seront prospères, les secteurs intérieurs dépériront, car, en raison du haut cours du rouble, les produits russes ne seront pas achetés", estime Vladimir Tikhomirov.

De l'avis d'Evguei Gavrilenkov, économiste principal de "Troïka Dialogue", le dollar baisse à cause de la guerre en Irak qui sape les indices de l'économie américaine, ainsi qu'en raison de "l'affaiblissement prémédité du cours de la monnaie ayant pour but de stimuler l'essor économique".

Novye izvestia

La Russie essuiera des pertes à cause de l'introduction des déchets nucléaires

Au cours de la Conférence "Radioactivité dans l'environnement de l'homme" qui s'est tenue ces jours-ci, un groupe d'écologistes russes a, en fait, accusé le Minatom (ministère de l'Energie atomique) en affirmant que les fonctionnaires ont sciemment minimisé le devis des dépenses pour la reconversion du combustible nucléaire usagé. Estimant que les bénéfices de la Russie seraient de 20 milliards de dollars, le ministère n'a pas tenu compte d'environ 34 milliards de dollars de dépenses, font savoir les "Novye izvestia".

Les experts du Minatom avaient assuré qu'au bout de dix ans 20 000 tonnes de combustible usagé rapporteraient au budget d'Etat près de 20 milliards de dollars. Déjà vers 2003, la Russie devait gagner environ 4 milliards de dollars en introduisant des déchets nucléaires dans le pays. Cependant, d'après les données de Vladimir Sliviak, coprésident du groupe écologique "Ekozachtchita" ("Protection écologique"), pour la période de 2001 à 2003, toutes les opérationsavec le combustible nucléaire étranger n'ont apporté au Minatom qu'environ 100 millions de dollars.

Selon les récentes études soumises à la conférence internationale, les fonctionnaires n'ont pas tenu compte de 33,87 milliards de dollars de dépenses. Le retraitement des déchets radioactifs liquides d'activités forte, moyenne et faible qui apparaîtront inévitablement à la suite de la reconversion du combustible nucléaire usagé étranger en Russie n'a pas été pris en considération. Cela demandera environ près de 3,62 milliards de dollars. De plus, les dépenses pour le stockage des déchets nucléaires pendant 260 ans et du plutonium pendant 50 ans n'ont pas été non plus prises en considération. Cela demandera encore 4,8 milliards et 24 milliards de dollars, respectivement.

"Le plan du Minatom d'introduction des déchets nucléaires en Russie n'est pas seulement cynique et dangereux du point de vue écologique, mais il est aussi préjudiciable du point de vue économique", résume Vladimir Sliviak.

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