Nezavissimaïa gazeta
Tragédie de Beslan : le ministère de la Défense accuse les structures de force connexes
Le ministère de la Défense a publié hier des documents choquants accusant les unités armées qui avaient opéré à Beslan d'avoir agi en dilettante. Les documents ont émergé à un moment où le parquet militaire, le FSB et une commission parlementaire mènent leurs enquêtes sur de l'attentat de Beslan. Selon les informations à la disposition du quotidien "Nezavissimaïa gazeta", c'est au ministère de la Défense que les procureurs et les parlementaires ont le plus de questions à poser, notamment celle de savoir si l'emploi par ses unités de chars, de lance-flammes et de lance-grenades était justifié et s'il n'a pas abouti à la mort d'habitants civils. L'administration militaire n'a pas voulu attendre d'être "appelée à répondre" et a décidé de s'expliquer par l'intermédiaire de son journal officielle, "Krasnaïa zvezda".
Sur les pages de ce quotidien le général Viktor Sobolev, commandant de la 58e armée cantonnée à Vladikavkaz, explique que la demande de mettre à disposition des chars et des transports blindés avait été faite par les chefs des unités spéciales du FSB. Autrement dit, l'armée affirme que la décision n'a pas été prise au niveau du ministère de la Défense mais par le représentant du FSB qui dirigeait l'opération. On ignore jusqu'à présent qui est cette personne.
D'autre part, le général répond à la question de savoir pourquoi après les explosions dans l'école les unités spéciales du FSB ont pris un retard avant d'agir. Elles sont parties pour Spoutnik (camp d'entraînement dans les environs de Vladikavkaz) pour s'entraîner à organiser la coopération en cas d'assaut. A ses dires, les unités spéciales sont arrivées près de l'école avec retard et, "pratiquement dans la foulée, se sont lancées à l'assaut de l'école dans trois axes". Depuis les premières explosions dans l'école et jusqu'à l'arrivée de l'unité spéciale d'intervention, ce sont des unités du ministère de la Défense et celles de Troupes intérieures qui ont fait face aux bandits.
L'analyse de cette information donne l'impression que le ministère de la Défense cherche à se blanchir. Ainsi que l'a déclaré à la "Nezavissimaïa gazeta" un fonctionnaire haut placé de ce ministère, la publication dans la "Kranaïa zvezda" n'est pas parue par hasard.
Vedomesti
Pourquoi la Russie n'est-elle pas la Finlande ?
Aujourd'hui la Finlande ouvre le classement de la compétitivité globale établi par le Forum économique mondial. La Russie vient en 70e position, écrit le quotidien "Vedomosti".
La Russie a des chances de rattraper les pays mieux développés, lit-on dans un rapport commun intitulé "Pourquoi la Russie n'est-elle pas la Finlande" présenté par le Centre d'étude des économies de transition d'Helsinki et l'Université de la société "Servestal". Pour ce faire, les sociétés russes doivent s'intégrer dans le marché global et l'Etat doit soutenir l'expansion des milieux d'affaires nationaux à l'extérieur et ouvrir les marchés intérieurs aux étrangers. La concurrence augmentera et les sociétés seront obligées, volens nolens, d'améliorer leur compétitivité. En Finlande, les deux processus ont été menés à terme, soulignent les auteurs. A l'heure actuelle, plus de la moitié du personnel des grandes sociétés travaillent à l'étranger et une grande partie des entreprises dans le pays appartiennent à des étrangers.
Les milieux d'affaires russes sont sceptiques sur les recommandations des auteurs du rapport. "Nous n'avons pas beaucoup de sociétés en mesure d'acheter des actifs à l'étranger. Les entreprises moyennes ne peuvent même pas y penser", dit le président du conseil des directeurs de Wimm-Bill-Dann, David Yakobachvili. A son avis, tout achat d'actifs étrangers est assorti, pour les Russes, de problèmes immenses, ils sont traités d'intrus et accusés de tous les maux. "Si nous avons intérêt à acheter une usine à l'étranger, nous l'achèterons sans être encouragés par l'Etat", dit le président du groupe "Cascol", Serguéi Nedoroslev. Il est vrai cependant que, s'agissant de l'achat d'actifs à l'étranger, l'Etat pourrait, à son avis, aider les hommes d'affaires par des crédits à long terme et par des garanties qui, souvent, favorisent la conquête de marchés.
L'idée d'ouvrir nos marchés est absolument pernicieuse, estime le directeur général adjoint du Complexe électrométallurgique d'Oskol, Dmitri Tarassov. "Tout investisseur étranger, en achetant une entreprise métallurgique dans notre pays, fera tout son possible pour la fermer parce que nous sommes des concurrents redoutables pour l'Occident", affirme-t-il, catégorique.
Kommersant
LUKOIL remplacera YOUKOS en Chine
La compagnie LUKOIL présidée par Vaguit Alekperov se prépare à remplacer YOUKOS en qualité de fournisseur principal de pétrole à la Chine. Le président des "Chemins de fer russes" Guennadi Fadeiev a declaré jeudi que sa compagnie menait des pourparlers avec LUKOIL sur les livraisons de pétrole à ce pays. Les représentants de LOUKOIL ont confirmé que la compagnie pétrolière étudiait cette possibilité, a fait savoir le quotidien "Kommersant".
Selon Guennadi Fadeiev, la société "Chemins de fer russes" et la compagnie pétrolière ont l'intention de concerter les tarifs du transport et l'ampleur des livraisons.
Un autre employé de LOUKOIL a déclaré, en requérant l'anonymat, que les livraisons à la Chine pouvaient être avantageuses pour la compagnie, car "la différence du prix du baril de Brent et d'Urals russe constitue 9 dollars en Europe et seulement 2 dollars en Chine".
En ce moment, YOUKOS est l'unique fournisseur de pétrole russe à la Chine.
Mikhail Perfilov, analyste d'Argus Media, estime que LOUKOIL qui n'a pas, à la différence de YOUKOS, son propre terminal de transbordement en Sibérie orientale utilisera, pour fournir du pétrole à la Chine, l'itinéraire jadis utilisé par "Sibneft" pour les fournitures expérimentales (par la localité de Meguet dans la région d'Irkoutsk).
LOUKOIL qui a extrait l'année dernière 81,5 millions de tonnes de pétrole est à même de venir à bout de cette tâche, car au maximum 10 % de son extraction seront destinés à la Chine.
Les médias chinois supposaient que LOUKOIL remplacerait YOUKOS dans le domaine des fournitures à la Chine en cas d'aggravation de la situation autour de cette compagnie. A la veille de la visite de Vladimir Poutine en RPC, le journal "Dongfang Zabao" a argumenté cette supposition comme suit: "Avant l'enquête engagée par l'administration de Vladimir Poutine sur YOUKOS contrôlé par Mikhail Khodorkovski, LOUKOIL de Vaguit Alekperov était son principal concurrent. A présent, LOUKOIL est la plus grande compagnie pétrolière de la Russie".
Vedomosti
Y aura-t-il un boom sur le marché russe des ordinateurs?
Les Russes devraient acheter bientôt des ordinateurs plus activement, a dit ces jours-ci Leonid Reiman, ministre des Technologies de l'information et des Télécommunications, à l'ouverture de l'exposition "InfoCom". Selon lui, la Russie compte un ordinateur pour 10 personnes, leur nombre total est de 15 millions. Dans d'autres pays, le développement accéléré du marché a commencé lorsque le cap des 10 % a été franchi, lit-on dans le quotidien "Vedomosti".
Jusqu'à présent, les ordinateurs ont été et sont achetés en Russie, pour l'essentiel, par les entreprises et les sociétés, souligne Olavi Filppula, directeur régional de la compagnie de marketing Market Visio. Selon les études de Gartner, les personnes morales russes acquièrent 86 % de tous les ordinateurs vendus ici, alors que cet indice est de 70 % sur les marchés d'Europe occidentale. Mais, selon Maxime Sorokine, vice-président de la Corporation nationale des ordinateurs, le marché russe des ventes au détail, traditionnellement plus faible, se développe à des cadences inouïes. En général, ces derniers temps, le marché russe des technologies informatiques enregistre tous les ans un accroissement de 20 à 25 %, alors que la plupart des marchés de l'Europe stagnent ou bien enregistrent un accroissement de 5 % par an, a dit Maxime Sorokine.
L'optimisme des intervenants sur le marché n'est pas partagé par les analystes de la compagnie de marketing IDC. Au début de 2004, cette agence prédisait le maintien des taux d'accroissement au niveau de l'année dernière et n'a pas l'intention de revoir aujourd'hui ses pronostics, a déclaré Robert Farish, chef de la représentation de la compagnie à Moscou. "Le marché se développe d'une façon stable, mais nous ne nous attendons pas à un bond spectaculaire, a-t-il expliqué. Les taux de croissance du marché PC sont entravés par l'accès insuffisant de la société aux informations des établissements publics, estime Robert Farish, car l'ordinateur n'est qu'un instrument de traitement de l'information.
D'après les données d'IDC, en 2003, 3,8 millions d'ordinateurs ont été vendus en Russie, soit 26 % de plus qu'en 2002. En 2002, les taux de croissance du marché PC avaient constitué 18 %. D'après les données de l'Union internationale des télécommunications, à la fin de 2003, il y avait dans le monde, en moyenne, 9,97 ordinateurs pour 100 personnes. Il y en avait 70,87 en Suisse, 65,89 aux Etats-Unis, 62,2 à Singapour, 8,87 en Russie et 1,9 en Ukraine.
"Finansovye izvestia"
Les passagers des trains seront répartis par sexe
Dans plusieurs régions de la Russie, les cheminots introduisent simultanément, de leur propre initiative, un nouveau service: les wagons et les compartiments "pour messieurs" et "pour dames" ont fait leur apparition dans les trains de grandes lignes. Les passagers peuvent choisir le wagon. Cependant, la Direction fédérale des "Chemins de fer russes" pour les passagers n'a pas donné d'instructions à ce sujet, c'est pourquoi les cheminots locaux introduisent cette nouveauté à leurs risques, lit-on dans le journal "Finansovye izvestia".
Les trains "Iarmarka" et "Nijegorodets" à destination de Moscou sont les premiers à répartir les passagers par sexe. Cela ne se répercute pas sur le prix des billets. Selon les caissiers, les compartiments "pour dames" jouissent d'une demande particulièrement élevée.
"Les femmes craignent souvent de se trouver dans le compartiment avec des hommes inconnus. Nous les comprenons et suivons les règles européennes qui visent à protéger les passagers", a dit Vladimir Kaliapine, chef adjoint du chemin de fer de Gorki chargé du transport des passagers.
La division des compartiments selon le sexe est également pratiquée depuis plus de cinq ans dans deux trains de Petrozavodsk qui circulent entre Moscou et Saint-Pétersbourg.
Les chemins de fer du Nord et du Caucase du Nord s'apprêtent aussi à soutenir cette expérience. Les compartiments séparés apparaîtront dans les wagons de l'express "Kislovodsk-Moscou". Le chemin de fer du Nord commencera la division des passagers dans les trains d'Arkhangelsk.
Cependant, les dirigeants de la compagnie "Chemins de fer russes" à Moscou ne sont pas prêts à commenter les actions de leurs subordonnés.