Des experts commentent une nouvelle augmentation des réserves de change russes

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MOSCOU, 21 octobre - RIA-Novosti. Par Elena Orekhova. Du 8 au 15 octobre les réserves de change de Russie, ayant augmenté de 1,8 milliard de dollars, ont atteint le chiffre de 100,1 milliards de dollars. Les réserves de la Banque centrale s'alourdissent sept semaines d'affilée, augmentant de 23 milliards depuis le début de l'année.

Sergueï Ignatiev, président de la Banque centrale, prédisait que la barre des 100 milliards ne devait être franchie qu'à la fin 2004.

"De toute évidence, la tendance à l'augmentation ne s'inversera pas prochainement", estime Stanislav Klechtchev, de la société d'investissement Financial Bridge. A son avis, les cours records des matières premières parallèlement aux tentatives de refréner le raffermissement du cours réel du rouble "pousse la Banque centrale à émettre des roubles pour racheter le flux de pétrodollars en hausse".

Les réserves de change de la BR placent le pays à la huitième place du monde, devant l'Allemagne et les Etats-Unis. Seuls la Chine, le Japon et de nouveaux pays industriels d'Asie possèdent des réserves encore plus importantes.

L'augmentation des réserves de change a un impact sur l'attrait de la Russie sur le plan des investissements, mais son accroissement au-dessus du niveau optimal pourrait être estimé comme un défaut de l'économie nationale, souligne Stanislav Klechtchev. De l'avis de l'expert, le montant qui permet de desservir les créances et de réaliser sans à-coup les opérations commerciales internationales du pays serait de 48 milliards de dollars. De ce fait, Klechtchev doute que des réserves au-dessus des 100 milliards fassent du bien au pays.

"L'unique objectif que poursuit la Banque centrale en augmentant les réserves consiste à empêcher le raffermissement du rouble et, conséquence, la détérioration de la compétitivité des producteurs nationaux", constate l'expert.

Valeri Vaisberg, de la compagnie d'investissement Reguion, estime que dans le contexte des hauts coursdu pétrole et de la poursuite de l'afflux en Russie des recettes en devises, la Banque centrale a toujours plus de mal à combattre le raffermissement de la monnaie nationale.

D'autre part, la hausse de l'euro sur le marché financier international exerce un supplément de pression sur les positions du dollar sur le marché russe.

"C'est bien le résultat de la campagne électorale aux Etats-Unis. En cas de victoire de Bush, qui semble plus probable que celle de Kerry, le cours du dollar baissera, car la politique de l'administration en place tend à augmenter le déficit commercial des Etats-Unis. En cas de victoire de Kerry, le cours du dollar sur les marchés internationaux se stabilisera, ce qui exercera une influence sur la politique de la Banque centrale", estime Vaisberg.

De l'avis de l'expert, une accélération du reflux de capitaux de Russie sur fond d'attentes pessimistes au sujet de Yukos et de versements sur la dette extérieure à la fin de l'année pourrait contenir l'accroissement vertigineux des réserves de change nationales.

Il n'en reste pas moins que l'inflation ne saura être contenue fin 2004 au niveau des 10% promis, dit-il. "Tout montre que cette barre sera franchie", estime Valeri Vaisberg.

"Avant que ne soit prise la décision de principe sur l'admission des étrangers au système bancaire russe et que les banques les plus importantes ne soient privatisées, la Banque centrale aura du mal à poursuivre deux objectifs à la fois : empêcher le raffermissement réel du rouble et combattre l'inflation", rappelle, pour sa part, Stanislav Klechtchev. Selon lui, "les réserves de change en hausse symboliseront alors avec éclat les problèmes en suspens du secteur bancaire russe".

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