Les sanctions américaines ne nous effraient pas. Trois pour cent seulement de nos exportations concernent les Etats-Unis. En tout cas, dans le contexte du marché ouvert de la Russie, de l'Ukraine et des autres pays de la Communauté des Etats indépendants les sanctions américaines n'auront pas un fort impact négatif sur notre économie, a déclaré le vice-ministre biélorusse de l'Economie, Andreï Tour.
Conformément à la loi signée mercredi par le président George W.Bush, les ministères fédéraux américains cessent tout concours financier au gouvernement biélorusse, exception faite de l'aide humanitaire.
ExImBank, la Corporation pour les investissements privés à l'étranger et l'Agence américaine pour le commerce et le développement ont été enjointes de ne plus accorder à Minsk de prêts ou de garanties de crédit. Dans le même temps les représentants américains au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale interviendront auprès de ces établissements financiers internationaux pour qu'ils prennent des décisions analogues à l'égard de la Biélorussie. Les sanctions n'auront pas d'effet immédiat, mais ce qu'ils peuvent obtenir c'est qu'en possédant le paquet majoritaire d'actions au FMI et à la Banque mondiale, Washington réussisse à bénéficier du soutien de ces influentes organisations internationales, estime l'analyste économique Valéri Dachkevitch, de l'Institut indépendant d'études socio-économiques et politiques.
Dans ce cas Minsk, qui n'a pas de programmes financiers avec le FMI, pourrait, en réduisant au minimum sa coopération avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), perdre des investisseurs à qui ces organisations mettraient "le feu rouge".
Pour les experts locaux les investissements directs se situent au niveau zéro, annulés qu'ils sont par l'exportation de capitaux.
Valéri Dachkevitch estime que le modèle économique de la Biélorussie, fondé sur les anciennes entreprises soviétiques, peut encore afficher une croissance pendant très longtemps.
Minsk craint plutôt que les sanctions des Etats-Unis, les plus virulents critiques d'Alexandre Loukachenko, puissent être soutenues par l'Union européenne qui représente un quart de ses exportations. C'est que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a qualifié les élections et le référendum en Biélorussie de non démocratiques.
Je pense que compte tenu de la rivalité entre les différents centres d'influence au sein de l'Union européenne, les Etats-Unis ne parviendront pas à convaincre l'UE de suivre leur exemple à l'égard de la Biélorussie... Mais même si c'était le cas, cela ne représenterait que 20 pour cent de nos exportations, estime Andreï Tour.
Actuellement la Biélorussie négocie des quotas concernant la livraison de textiles et d'engrais potassiques sur le marché européen.
L'économie biélorusse ne s'effondrera pas, mais ces sanctions resteront sur la conscience des Etats-Unis. Elles sont dirigées contre l'ensemble du peuple biélorusse, a dit Mikhaïl Miasnikovitch, le président de l'Académie nationale des sciences.