L'équilibre a été perturbé par les actions de Yukos, le marché ayant réagi aux nouvelles négatives de mardi: la révision à la baisse de la note de crédit et la déclaration d'Andreï Charonov, le vice-ministre du développement économique et du commerce. Ce dernier avait dit que les actifs de Yuganskneftegaz pourraient ne pas suffir à rembourser les arriérés fiscaux du géant pétrolier.
Les nouvelles de mardi ont poussé les non-résidents, agressifs, à écouler les titres de Yukos, et les cotations des récépissés de dépôt (ADR) ont clôturé mardi au RTS en baisse de presque 10% par rapport aux actions.
Mercredi, le recul des ADR russes s'est poursuivi, mais les opérateurs étaient peu actifs.
Selon Sergueï Kossynkine, de Tserikh Capital Management, la chute générale a coïncidé avec une baisse globale sur les places internationales.
La chute constante des actions de Yukos s'est légèrement ralentie dans l'après-midi avant de reprendre de plus belle vers la soirée. Les titres de Yukos ont clôturé en baisse de 13,4% au MMVB (Marché interbancaire des changes de Moscou) et de 21,69% au RTS (Système informatique de marché de Russie).
"La chute de Yukos a englouti l'ensemble du marché, commente Nikolaï Podlevskikh, de Tserikh Capital Management. Résultat, vers la fin de la journée, la plupart des fiches bleues ont fléchi de plus de 3% par rapport à la clôture de mardi".
Une autre compagnie dont les fluctuations ont fait rage parmi les opérateurs, Gazprom, a vu son titre grimper jusqu'à des sommes historiques au lendemain des nouvelles de mardi. Le Service fédéral de la lutte antidumping a toutefois gâché la fête annonçant que le géant pétrolier aurait violé la loi sur la concurrence en fermant le robinet aux fournisseurs indépendants de gaz.
Par leurs déclarations, le vice-ministre du développement économique et du commerce et le patron de Gazprom ont relancé les achats des titres du géant gazier. Mardi, Alexeï Charonov avait supposé qu'une compagnie affiliée à Gazprom pourrait participer aux enchères de Yuganskneftegaz.
Mardi, le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a laissé entendre que la compagnie pourrait également absorber une autre entreprise publique, Zarubezhneft. Les 10,7% de Gazprom qui manquent à l'État pour contrôler le géant coûtent plus cher que les 100% de Rosneft, et si ces conclusions sont confirmées, Gazprom se verra transférer Zarubezhneft, avait-il indiqué.
"Toutefois, le pessimisme général et la baisse du marché ont été si forts que même les actions de Gazprom n'ont su y résister, poursuit Nikolaï Podlevskikh. Résultat, le marché a terminé sur une note négative".
A 18h00 locales, l'indice du RTS a perdu 4,05%, à 641,19 points, celui du MMVB a reculé de 4,64%, à 605,4 points.
281 transactions ont été conclues pour un montant de 24,141 millions de dollars sur le marché classique des titres RTS.
Jeudi, selon Nikolaï Podlevskikh, il est fort probable que le marché continuera sa chute.
Au RTS et au MMVB, EES Rossii a perdu 5,73% et 4,52% respectivement, Norilsk Nickel a reculé de 4,61% et 4,92%, Lukoil a fléchi de 4,44% et 4,05%. Les titres de Sberbank ont regressé de 4,66% et 3,7% par rapport à la clôture de mardi, ceux de Sibneft ont plongé de 3,4% et 3,19%, et Surgutneftegaz a revu ses cotations à la baisse en perdant 4,94% et 3,68%.
"En somme, les actions ont chuté sans soubresauts, et il serait difficile de pointer quelqu'un, à part Yukos", commente Mikhaïl Cheïn, de Brokercreditservice.
À son avis, la croissance doit reprendre après une certaine stabilisation.