A son avis, il faut que la législation soit perfectionnée de façon à permettre de prélever intégralement sur les auteurs des vols les dépenses occasionnées par la réparation des ouvrages endommagés.
Selon un responsable de la Direction principale de répression des crimes économiques du ministère russe de l'Intérieur, Sergueï Neklioudov, l'Etat devrait rétablir son monopole sur le circuit des rebuts de métaux ferreux et non ferreux, ou bien imposer une centralisation à ce secteur. Il affirme qu'il faut interdire la réception auprès des personnes physiques des rebuts des métaux d'origine industrielle.
D'autre part, a poursuivi le responsable du ministère, il convient d'amender le Code pénal dans le sens d'un durcissement de la responsabilité pénale pour les activités en matière de circuit de métaux non ferreux sans licence pour les personnes qui ont déjà fait l'objet de poursuites administratives.
Sergueï Neklioudov a annoncé également que le ministère avait présenté ses propositions au gouvernement et à la Douma (chambre basse du Parlement russe), mais "leur réponse n'est pas encore arrivée".
Pavel Smirnov, membre du Conseil d'administration de RAO EES, a souligné pour sa part que le holding énergétique soutiendrait ces amendements.
Selon Andreï Trapeznikov, lui aussi membre du Conseil d'administration du Groupe énergétique, en 18 mois, de fin 2002 à juillet 2004, il a été volé 28 000 kilomètres de fils électriques pour un montant de 500 millions de roubles (d'après le cours actuel de la Banque centrale, 1 dollar vaut 29,12 roubles). Près de 1 milliard de roubles ont ainsi été dépensés pour la réparation des lignes de transport d'électricité.
"Cela veut dire que le montant des dégâts dus aux vols de pièces en métaux non ferreux a dépassé pendant cette période 1,5 milliards de roubles", a dit Trapeznikov. "Le rétablissement des lignes HT "mises à sac" est un facteur d'enrichissement des tarifs", a-t-il dit. Des coupures d'électricité dues à ces vols ont été enregistrées durant cette même période dans près de 7 000 localités. Durant ces 18 mois, les vols de métaux se sont accompagnés de plus de 400 accidents dans lesquels 235 personnes ont trouvé la mort.
"Nous considérons ce problème comme une menace réelle à la sécurité énergétique dans les régions", a encore déclaré Alexandre Fadeev. "Par la gravité de leurs conséquences, ces vols pourraient être comparés aux actes de terrorisme", a-t-il ajouté.