Revue de la presse russe du 19 octobre

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MOSCOU, RIA Novosti

Gazeta

Le ministre des Finances refuse d'adhérer au "parti du pouvoir"

Le principal financier du pays et l'un des ministres les plus influents du "contingent poutinien", Alexéi Koudrine, a refusé hier d'adhérer à "Russie Unie" (RU). Il a démenti net les propos du secrétaire du conseil général de RU, Valeri Bogomolov, qui affirmait avoir dans son "coffre-fort" une demande d'adhésion de Koudrine. Cette histoire a des dessous sérieux, écrit le quotidien "Gazeta" : depuis l'adoption des amendements à la loi sur le gouvernement de la Fédération de Russie qui autorisent les hauts fonctionnaires à occuper des postes de responsabilité dans les partis politiques, RU s'emploie à organiser un appel massif des membres du gouvernement sous ses drapeaux.

"La demande de Koudrine est dans mon coffre-fort. Il est vrai qu'elle est rédigée de façon incorrecte. Nous l'examinerons lorsque toutes les imprécisions auront été éliminées", a affirmé au cours d'une réunion des responsables de la fraction RU à la Douma, Valeri Bogomolov. Alexéi Koudrine, lui, affirme qu'il ne s'est pas proposé d'adhérer à Russie Unie parce que "ce n'est pas encore un véritable parti". "Je pense que Russie Unie a encore à gagner la confiance de la population", a dit le ministre.

Dans un entretien avec le correspondant du journal "Gazeta", Valeri Bogomolov sont favorables à a soutenu que la demande de Koudrine existait réellement, ajoutant cependant qu'elle avait été "écrite par plaisanterie". Au cours d'une réunion de la fraction RU à la Douma à laquelle Koudrine a assisté, il aurait déclaré qu'on pouvait "le considérer comme membre de Russie Unie" et aurait griffonné sur un bout de papier par plaisanterie une demande d'adhésion". A la question de savoir si l'on pouvait jeter un coup d'œil sur l'écrit ironique Valeri Bogomolov a répondu, en plaisantant, qu'il l'avait "mangé".

De l'avis du directeur adjoint du Centre des technologies politiques, Alexéi Makarkine, "on aurait tort de s'attendre à une affluence massive de ministres dans les rangs de Russie Unie". "Les premiers à y adhérer seront ceux qui sont conscients de la faiblesse de leur situation. Alexéi Koudrine n'a pas besoin du soutien de RU", souligne l'expert.

Vrémia novostéi

Les Russes refusent leur confiance aux serviteurs de Thémis

67% des personnes interrogées estiment que la majorité des juges russes perçoivent des pots-de-vin et seulement 12% de la population sont de l'avis contraire, d'après un sondage effectué récemment par la fondation "Opinion publique" (FOM), écrit le quotidien "Vrémia novostéi".

D'une façon générale, 46% des personnes interrogées ont porté un jugement négatif sur l'activité des tribunaux et des juges en Russie et seulement 26% (près de deux fois moins) émettent un avis positif. 47% trouvent que les décisions prononcées par les tribunaux sont injustes et seulement 24% estiment que les erreurs judiciaires sont rares. De ce point de vue l'appréciation de l'activité du système judiciaire national s'est un peu améliorée car en 2001 58% des sondés parlaient de l'injustice des décisions. Cependant, cette année 62% ont estimé que dans leurs décisions les juges se fondaient non seulement sur la loi mais également "sur d'autres circonstances".

Pour régler des conflits, 39% des personnes interrogées sont prêtes à saisir la justice et 44% estiment qu'il vaut mieux éviter tout contact avec le système judiciaire quand cela est possible.

Selon des représentants du système judiciaire, malgré les résultats de ce sondage qui mettent en évidence l'absence de confiance dans les juges, le nombre de recours devant les juridictions civiles ne cesse d'augmenter. "Au cours des huit dernières années, il est passé de 1 à 6 millions par an", a déclaré le président du Conseil des juges de Russie, Iouri Sidorenko.

D'après les résultats du sondage, les opinions sur l'indépendance du pouvoir judiciaire sont partagées: 40% des personnes le considèrent comme autonome et 38% comme sensiblement contrôlée par les instances supérieures.

Au cours de ce sondage, 2 000 personnes ont été interrogées.

Vedomosti

Ceux qui désirent acheter "Youganskneftegaz" devront verser un acompte sans précédent

Les huissiers veulent établir un acompte de 800 millions de dollars pour ceux qui désirent participer à la vente aux enchères de "Youganskneftegaz", la principale entreprise de production de YOUKOS. Jusque-là, la somme demandée aux prétendants aux actifs pétroliers était beaucoup moindre. Ainsi, rappelle le quotidien "Vedomosti", les acomptes demandés à la vente aux enchères de 7,6 % d'actions de "LUKOIL" (avec une mise à prix de 1,928 milliard de dollars) et de 74,95 % de celles de "Slavneft" (avec une mise à prix de 1,7 milliard de dollars) n'étaient que de 450 millions de roubles (un dollar équivaut à 29,11 roubles).

Les fonctionnaires estiment que seul un acompte important peut prévenir l'échec de la vente aux enchères. "Nous voulons que ceux qui viennent aux enchères souhaitent acheter "Youganskneftegaz", et non pas faire échouer les ventes, a dit une source au sein du ministère de la Justice qui connaît le contenu des documents concernant "Youganskneftegaz" soumis par les huissiers au Fonds russe des biens publics (RFFI). Si un des participants propose un prix exagéré et renonce ensuite au rachat en vue de faire échouer la vente aux enchères, son acompte ne lui sera pas restitué, mais "personne ne voudra perdre 800 millions de dollars", a fait remarquer le fonctionnaire.

Le RFFI n'a pu citer d'exemples concrets relatifs à l'échec de vente aux enchères à cause du refus du vainqueur de payer, en se bornant à dire que cela arrive. "C'est pourquoi un acompte important est une bonne idée qui permettra de défendre les intérêts de l'Etat", a déclaré un représentant du Fonds.

Selon Serguei Souverov, analyste de la banque "Zenit", les structures du "Groupe Menatep" sont les plus intéressées à l'échec de la vente aux enchères de "Youganskneftegaz", car ce groupe est le principal propriétaire de YOUKOS et il ne voudrait pas perdre son actif principal.

Steven Dashewsky, de la compagnie d'investissement "Aton", souligne que si l'acompte est de 800 millions de dollars, seules de grandes compagnies russes et occidentales peuvent participer aux enchères. D'ailleurs, aucune d'elles ne se hâte, pour l'instant, d'avouer son intérêt pour cet actif.

Vremia novostei

"Rosoboronexport" vendra des armes datant des guerres mondiales

En Europe occidentale, il y a un grand nombre de collectionneurs d'armes. Les armes de l'Armée russe et de l'Armée Rouge qui datent des deux dernières guerres mondiales et des premières années d'après-guerre doivent être détruites, étant donné leur état technique, mais leur destruction demande des sommes importantes, c'est pourquoi leur vente est plus avantageuse pour l'Etat à tous les égards.

"Rosoboronexport", principal marchand d'armes russe, a l'intention d'organiser la vente de ces échantillons à l'étranger, mais la vente de cette catégorie d'armements sur le marché mondial exige des documents autorisant l'exportation, écrit le quotidien "Vremia novostei".

D'après les normes du droit international, cette production n'est pas considérée comme militaire. Cependant, selon la législation russe, les types d'armements cités ci-dessus figurent toujours, malgré leur âge, parmi les produits d'usage militaire.

Bref, pour agir dans cette sphère nouvelle, il faut rendre, dans les plus brefs délais, la législation russe conforme aux normes du droit international. Un décret spécial du président serait la solution optimale, estiment les experts de la coopération technico-militaire. Ou bien on pourrait adopter une loi fédérale à ce sujet. Les experts de "Rosoboronexport" procèdent déjà, avec leurs collègues du ministère de la Défense, à l'inventaire des arsenaux et préparent des armements et du matériel de guerre appropriés à l'exportation.

Les légendaires chars T-34 - meilleurs chars de la Seconde Guerre mondiale - et les canons de 76 mm ZiS-3, les célèbres mitrailleuses "Maxime" mises au point en 1910, 1932 et 1942, ainsi que les pistolets-mitrailleurs Chpaguine se trouvent dans les entrepôts d'armes russes depuis l'époque soviétique. Des armes uniques en leur genre datent de deux périodes: 1891-1910 et 1930-1944.

L'ampleur des fournitures et les recettes prévues sont, pour l'instant, un secret commercial. Mais il est connu que le célèbre fusil de Mossine (ayant trois lignes de tir) est apprécié sur le marché mondial comme les échantillons modernes des armes d'infanterie.

Nezavissimaia gazeta

L'aéronautique russe vus par le vice-ministre des transports

La Russie a réussi à reporter de trois ans l'introduction des amendes écologiques dont l'Union européenne menaçait de frapper les compagnies aériennes russes pour l'utilisation de types d'avions obsolètes. Mais le pays n'est pas garanti pour l'avenir. Serguei Aristov, vice-ministre des Transports de la Fédération de Russie, a reconnu, dans une interview accordée au quotidien "Nezavissimaia gazeta", qu'il était douteux que l'industrie russe puisse satisfaire, avant la fin de cette année, les exigences de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Selon lui, les exigences de moderniser les moteurs des avions russes sont parfaitement justifiées. Mais il n'existe pas encore de preuves adéquates et argumentées du préjudice qu'ils exercent sur l'environnement. "En fait, l'écologie est aujourd'hui un instrument pour évincer les concurrents du marché européen", a dit le vice-ministre.

Les compagnies aériennes russes achètent volontiers des avions occidentaux, alors que Rosaviaprom (Agence aéronautique russe) aspire à vendre sa production à l'étranger. "Certes, de même que tout autre Etat, nous devons nous assurer la priorité nationale dans ce domaine, si nous voulons qu'on nous considère comme une puissance aérienne mondiale", a dit Serguei Aristov. Mais la Russie a perdu ses positions dans la construction d'aéronefs convenables. "Naturellement, nous ne pouvons pas faire la concurrence aux grandes compagnies aériennes mondiales, y compris européennes, constate le vice-ministre. Par conséquent, le soutien de l'Etat aux producteurs du matériel aéronautique doit constituer la base de l'ensemble des mesures destinées à protéger l'aviation nationale". A son avis, il est possible d'employer des schémas de leasing, des garanties de l'Etat et pas nécessairement le financement. Cela étant, les principes de la concurrence économique et ceux du marché ne seront pas violés, car il y a des lois et des normes restreignant le monopolisme.

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