La nouvelle a causé une véritable surprise pour beaucoup d'opérateurs du marché russe, écrit le quotidien "Vedomosti". Une banque ne peut avoir une note supérieure à celle de l'État qu'au cas où une plus grande partie de ses actifs ou recettes reviennent à un pays titulaire d'une note supérieure ou si une part substantielle de ses créances sont garanties par des organisations étrangères, constate Irina Penkina, analyste à Standard & Poor's. Ce n'est pas le cas en Russie, et c'est très rare dans le monde, ajoute-t-elle. Pour sa part, James Watson, de Fitch Ratings, rappelle que dans les pays dont la note est inférieure à celle d'investissement c'est la note nationale plafond (elle équivaut normalement à la note souveraine) qui couvre les créances non garanties.
Jusque-là, une seule émission d'eurobonds de Gazprom avait reçu la note souveraine. La note d'investissement BBB- (la souveraine étant à BB+) de S&P et Fitch avait permis au géant gazier d'emprunter cet été 1,25 milliard de dollars à un taux plancher record de 7,2% par an. Mais ces créances étaient garanties d'exportations de Gazprom, une raison pour laquelle la note n'avait pas étonné les experts.
Moody's "a sa vision des banques à participation publique": l'agence estime que même en cas de défaut de paiement pour les dettes souveraines les autorités russes aideront les deux banques à rembourser leurs dettes envers les créditeurs occidentaux, explique l'analyste de cette agence internationale, Dmitri Poliakov. Selon lui, une étude de Moody's a montré qu'il n'y avait pas eu de cas dans le monde où de grosses banques publiques attirant des dépôts privés ne s'acquittent pas à leurs obligations en devise. Il a rappelé qu'au moment de la crise de 1998 la Banque centrale avait sauvé la Vneshtorgbank et la Sberbank moyennant ses crédits et d'autres mécanismes.