Il fallait s'y attendre puisque les experts militaires russes prévoient l'augmentation du rôle des engins spatiaux dans le maintien de la sécurité nationale.
Cependant il faut aussi être prêt à une réaction qui consistera en déploiement d'armements, avant tout d'armes anti-satellites dans l'espace.
Se rendant compte de ce danger, la Russie et la Chine ont présenté un projet de convention universelle interdisant le déploiement d'armes dans l'espace au cours de la Conférence sur le désarmement. Le projet contient notamment l'engagement de ne pas mettre sur orbite les engins portant des armes, de ne pas installer des armes sur des corps célestes, de ne pas faire recours à la force contre les engins spatiaux ou menacer de le faire.
Le 5 octobre dernier, le représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU à Genève a fait une déclaration remarquable à New York. Il a indiqué que la Russie s'engageait à ne pas être la première à déployer les armes dans l'espace et appelait tous les pays ayant un potentiel spatial à suivre son exemple.
L'initiative russe est une mesure logique d'un pays qui se rend compte de sa responsabilité à l'époque où les doctrines de défense des puissances mondiales deviennent des doctrines militaires spatiales. Dans cette optique, l'analyse élaborée par l'Académie de la cosmonautique Tsiolkovski au début de l'octobre paraît bien significative.
"Le développement des vecteurs et des systèmes à double vocation augmentant l'efficacité des forces spatiales devient un élément clé de garantie de la sécurité nationale", lit-on dans le rapport. Selon les experts de l'Académie, il faut promouvoir les domaines suivants: la création des nouveaux systèmes d'alerte précoce, de liaison et de commande, ainsi que l'intégration des systèmes spatiaux de reconnaissance, de navigation globale, de météorologie et de liaison dans les systèmes de commandement des troupes et des armements.
Les engins spatiaux, qui ne sont pas des armes en soi, deviennent un élément de base d'une utilisation efficace des matériels de guerre et des armements modernes. Dans cette optique, il faut empêcher le déploiement de systèmes anti-satellites de choc, sinon le monde sera engagé dans une course aux armements spatiaux sans précédent dont aucun ordinateur ne saura calculer les conséquences.
De toute évidence, il faut également parvenir à des ententes sur la limitation "des actions passives" concernant les groupes de satellites à double vocation. Le vice-président de l'Académie Ivan Mechtcheriakov estime que le nouveau système américain de brouillage des satellites de télécommunications présente un danger grave pour la constellation russe de satellites, notamment pour les satellites des télécommunications et de navigation "Glonass".
L'installation par les États-Unis de nouveaux radars terrestres vise, en tout premier lieu, les satellites russes, de l'avis du chercheur. "Les systèmes de navigation "Glonass" (Russie) et GPS (États-Unis) utilisent les mêmes fréquences et les mêmes orbites. Mais nous savons que les satellites américains peuvent passer à d'autres fréquences à tout moment alors que nos satellites se trouveront sans défense", a noté l'académicien.
Il faut prendre toute une série de mesures pour parvenir à une entente universelle interdisant le déploiement d'armes dans l'espace. Cependant notre époque des changements imprévus nous oblige à nous dépêcher.