Selon S&P, ce leadership est en rapport avec "le coefficient de capital élevé du secteur qui fait que ces compagnies cherchent à réduire la valeur du capital engagé et à relever celle de leurs activités".
L'étude a couvert 60 compagnies russes, dont 50 bénéficient d'un coefficient de capital et d'un taux de liquidité élevés et 10 autres ont vu inscrire leurs obligations dans les listes de cotation premier et deuxième niveau au Marché interbancaire des changes de Moscou, explique Ioulia Kotchetygova, directrice du service gestion corporate de S&P, lors de la présentation du rapport. La capitalisation globale des 50 premières compagnies s'est élevée à 816 milliards de dollars, soit 95% de l'ensemble du marché des valeurs russes, a-t-elle ajouté.
L'étude qui se fondait sur l'analyse de la transparence, en premier lieu du point de vue de l'investisseur international, comportait 89 points.
"L'étude a terminé le 13 août, et les résultats qui ont été publiés à cette date sont donc considérés comme ouverts et ceux qui ne l'ont pas été comme fermés", a expliqué la directrice.
L'analyse a démontré une certaine amélioration de la transparence par rapport à 2003. "Les compagnies qui ont été les meilleures sont restées telles, et les pires sont toujours en bas de la liste", a dit Ioulia Kotchetygova.
L'agence de notation constate que les compagnies aux meilleurs taux de transparence - Rostelekom, Wimm-Bill-Dann et MTS - appliquent des normes proches de la pratique internationale avancée. Les compagnies aux taux de transparence les plus faibles - Krasnyi Oktiabr et Krasnoyarskenergo - n'ont révélé que de petites améliorations, selon le rapport de S&P.
"Parmi les cas de redressement exemplaires on peut citer Lenenergo, AvtoVAZ, GAZ, VolgaTelekom, Severo-Zapadny Telekom, Mosenergo, Gazprom, Baltika et Sberbank", précise le rapport. Ces améliorations seraient dues à la volonté de ces compagnies de rendre plus attractives leurs actions et créances aux yeux des investisseurs étrangers. Dans le même temps, la transparence bat de l'aile chez Yukos, Tatneft et Irkutskenergo.
S&P constate également un taux élevé de concentration de la propriété dans les 50 plus grandes compagnies: 57% de leurs capitaux sont des blocs de contrôle ou des participations de nature lobbyiste. Seules 32 entreprises sur 50, indépendamment de leur catégorie, consentent à dévoiler leurs grands actionnaires. Selon Ioulia Kotchetygova, la part globale de la propriété non dévoilée s'élève à 114 milliards de dollars, et "sur tous les biens de propriété privés en Russie plus de 100 milliards de dollars appartiennent on ne sait à qui".
En outre, les experts de S&P notent que la gestion corporate en Russie reste en dessous des normes internationales et que son amélioration est bloquée par des imperfections juridiques.
"L'amélioration de la pratique de la gestion corporate pourrait consolider une confiance nécessaire à attirer des investissements en Russie afin d'engager le potentiel de ses ressources humaines et naturelles", a estimé Ioulia Kotchetygova.