Vrémia novostéi
Guerman Gref rêve de grands projets budgétisés
Le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, cherche à persuader le gouvernement d'employer le Fonds de stabilisation au financement de projets importants concrets. "Ce serait du gaspillage que de grignoter cet argent", a-t-il déclaré. Ce ne serait pas une moindre perte que de le laisser dormir, a-t-il laissé entendre de ces dissertations sans le dire pourtant carrément, écrit le quotidien "Vrémia novostéi". Le ministre des Finances juge, quant à lui, de tels investissements trop risqués : en dépensant ces fonds à l'intérieur du pays, il y a le danger d'éperonner l'inflation.
Les experts réagissent différemment aux idées de Gref concernant le Fonds de stabilisation. Anton Stroutchenevski, analyste de la société d'investissement "Troïka-Dialogue", estime que cet argent doit être employé en premier lieu à l'amortissement de la dette extérieure (tel est également le point de vue du ministère des Finances). Les 500 milliards de roubles (tel pourrait être le montant de ce fonds à la fin de l'année (1 dollar US = 29,22 roubles) sont une somme insuffisante pour servir de "coussin de sécurité". Il est nécessaire, d'après l'analyste, que le fonds soit suffisant aussi pour équilibrer le budget au cas où le baril de brut coûterait 10 à 15 dollars pendant deux ou trois ans. Pour ce faire, il est souhaitable de porter le montant du Fonds de stabilisation à 1000 milliards de roubles.
L'analyste du groupe financier Ouralsib, Vladimir Tikhomirov, est, au contraire, solidaire avec Guerman Gref. "Le ministre des Finances dit qu'il ne faut pas dépenser le Fonds de stabilisation parce que c'est un outil contre l'inflation. Mais il est plus important d'encourager les restructurations de l'économie". A son avis, il est nécessaire d'investir ces ressources, par exemple dans les transports ou dans les hautes technologies. Le Fonds de stabilisation institué au début de cette année accumule l'argent encaissé par l'Etat en plus du prix de référence du baril fixé à 20 dollars.
Vedomosti
Le ministre de la Justice n'est pas pressé de connaître la valeur de la filiale de Ioukos ?
La banque d'investissement Dresdner Kleinwort Wasserstein ne peut pas transmettre son compte rendu de travail à son client, le ministère de la Justice. Les experts estiment que les fonctionnaires ont peur d'apprendre la valeur exorbitante de Iouganskneftegaz.
Hier deux experts qui sont au courant des résultats du travail de la banque DKW ont expliqué au quotidien "Vedomosti" que la société pétrolière était évaluée à 15,7 - 17,3 milliards de dollars. L'un d'entre eux a précisé que dans la journée de lundi la banque avait expédié son rapport au ministère de la Justice qui, cependant, refusait de prendre acte officiellement de ce document. "Aucun des fonctionnaires du ministère n'a voulu signer la réception du document", se plaint un interlocuteur qui connaît le prix de l'entreprise. Les représentants de DKW se sont abstenus de tout commentaire. Un porte-parole du ministère affirme que le document n'est pas arrivé dans les bureaux ministériels.
Le résultat de l'évaluation de Iouganskneftegaz pourrait s'avérer être une surprise pour les fonctionnaires qui attendent maintenant la décision du ministère des Ressources naturelles de révoquer la licence de la filiale de Ioukos, estime un des fonctionnaires du ministère de la Justice. Il rappelle que le ministère des Impôts et Perceptions a constaté récemment des irrégularités dans le 21e accord de licence de Iouganskneftegaz et lui a accordé trois mois pour les supprimer.
Les analystes soutiennent que l'évaluation donnée par Dresdner Kleinwort Wasserstein est équitable et correspond aux attentes du marché, mais les fonctionnaires ne veulent pas l'accepter pour garder une large marge de manuvre. De l'avis de Michael Bobochko, de la société Sovlink, l'Etatcherche un moyen facile de remplacer le propriétaire de Ioukos mais "personne ne pourra acheter Iouganskneftegaz au prix de 15,7 à 17,3 milliards de dollars". Le gérant des fonds de Prosperity Capital Management, Ivan Mazalov, ajoute qu'aucun fonctionnaire du ministère de la Justice n'ose apposer sa signature au bas du document parce que "cela implique une très grande responsabilité".
Kommersant
La victoire remportée en Lituanie par le parti d'un millionnaire d'origine russe
Le nouveau premier ministre de la Lituanie pourrait être d'origine russe. Le Parti du travail populiste de gauche avec à sa tête le multimillionnaire Viktor Ouspaskikh a remporté le premier tour des élections législatives. Les experts estiment que son arrivée au pouvoir peut aider Moscou à améliorer les rapports avec l'OTAN et l'Union européenne.
Selon le quotidien "Kommersant", Viktor Ouspaskikh n'a pas encore exposé ses plans, mais il a déjà fait connaître ses ambitions: "Je peux devenir un des premiers ministres pas les plus malchanceux".
Cependant, les experts estiment que les leaders de la course électorale devront se réunir. Constantin Zatouline, directeur de l'Institut des pays de la CEI, député à la Douma (chambre basse du parlement russe), estime que, si le parti de Viktor Ouspaskikh ne s'unit pas à d'autres forces politiques, il est douteux qu'il puisse s'assurer de la majorité parlementaire et former un gouvernement. Constantin Kossatchev, président du Comité des affaires internationales de la Douma, n'exclut pas que le Parti du travail s'unisse aux sociaux-démocrates et aux sociaux-libéraux.
Les experts expliquent la victoire remportée par le Parti du travail de Viktor Ouspaskikh par le mécontentement d'une partie des Lituaniens des conséquences de l'adhésion de leur pays à l'UE et à l'OTAN. "Le résultat de l'intégration effectuée par les autorités actuelles n'a pas justifié les attentes des Lituaniens", a expliqué Mikhail Marguelov, président du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). Par contre, la Russie, pays d'origine de Viktor Ouspaskikh, a fait ses preuves comme un voisin avec qui il est possible de régler les problèmes complexes, par exemple, celui du transit à partir de Kaliningrad". Constantin Kossatchev n'attribue pas la victoire du Parti du travail à l'origine russe de son leader. Constantin Zatouline qualifie la victoire de Viktor Ouspaskikh de "début de la relève des générations au sein de l'élite politique de la Lituanie" où avaient été au gouvernail, jusque-là, des hommes politiques de la vieille génération. L'expert n'exclut pas que, si Viktor Ouspaskikh occupe le poste de premier ministre en Lituanie, la Russie puisse améliorer ses rapports avec l'UE et l'OTAN. Mikhail Marguelov admet aussi qu'un premier ministre lituanien d'origine russe serait "une garantie du développement positif des rapports russo-lituaniens".
Gazeta
Premier gratte-ciel "Moscou-City"
La première des trois "Tours sur le quai" qui constitueront la base du Centre international d'affaires "Moscou-City" a été inaugurée hier. La construction de l'immeuble de 17 niveaux a coûté environ 238 millions de dollars. Il est prévu de construire, un an plus tard, une tour de 27 niveaux et, vers 2007, un gratte-ciel de 57 niveaux. De l'avis du maire de Moscou Youri Loujkov émis à la cérémonie d'inauguration de la tour, "le plus difficile est passé et le programme d'achèvement de la construction du centre "City" en 2007 sera mis en oeuvre, lit-on dans le quotidien "Gazeta".
Les locaux des offices de la classe "A" de la tour de 17 niveaux occupent une surface d'environ 17 500 mètres carrés. Ce sont, pour l'essentiel, de grandes compagnies transnationales qui vont louer des bureaux dans la tour au prix d'environ 600 dollars le mètre carré par an. Les noms de certains locataires sont déjà connus: IBM, General Electric et Nortel Networks.
La conception de la construction du Centre international d'affaires "Moscou-City" a été approuvée en 1990. Le coût du centre est évalué à 12-13 milliards de dollars ; il comprend des immeubles de bureaux, des hôtels, des centres commerciaux et de loisirs, un noyau central à plusieurs niveaux, dont la partie terrestre sera couverte par une coupole de 350 à 150 mètres, une infrastructure de transports et un mini-métro. Il s'agit de l'immeuble le plus haut d'Europe (sa hauteur est de 389 mètres).
Entre 1990 et 2000, les investisseurs n'ont investi dans le projet que 110 millions de dollars, la ville a dépensé 250 millions de dollars. Pendant trois ans, jusqu'au printemps 2003, le projet a été pratiquement gelé. Un procès est en cours pour détournement de fonds à hauteur d'un milliard de roubles lors de la construction du centre d'affaires "Moscou-City".
Komsomolskaia pravda
Un Japonais élu dirigeant d'un district à Sakhaline
Aux élections qui ont eu lieu dimanche dernier dans le district de Tomari, Sokichi Nishiyama, ancien professeur de géographie du coin, a remporté une victoire haut la main en recueillant 117 voix de plus que son principal concurrent: le dirigeant du district, aujourd'hui ex-dirigeant. Pour un district de 9 000 habitants, c'est un chiffre imposant, estime le journal "Komsomolskaia pravda".
Sokichi Nishiyama - citoyen russe - est né dans la famille d'un paysan qui s'était installée à Sakhaline en 1936. Après la guerre, le jeune Nishiyama a terminé l'Institut pédagogique de Sakhaline et enseigné aux enfants.
A l'heure actuelle, Nishiyama est un homme respectable du district. Il possède un réseau de magasins, de boutiques de confiserie et vend du poisson.
"C'est un moujik normal! Il a l'esprit d'initiative et l'âme russe", disent les gens.
Les autorités officielles ne voient pas non plus d'inconvénient à ce que le district soit dirigé par un Japonais. "Nishiyama a la citoyenneté russe. Selon la loi, tout est en ordre, il s'est présenté aux élections et a remporté la course électorale", estime l'administration de la région de Sakhaline.