Présidentielle en Ukraine: Viktor Ianoukovitch tente de séduire les Ukrainiens résidant en Russie

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MOSCOU, 11 octobre - par Vladimir Litovkine, commentateur politique RIA Novosti.

La Salle des colonnes de la Maison des Unions, l'une des plus prestigieuses de Moscou, vient d'héberger le Congrès des organisations non gouvernementales ukrainiennes en Fédération de Russie. Il a regroupé 1200 délégués ukrainiens résidant en Russie. Le premier ministre ukrainien et candidat à la prochaine présidentielle, Viktor Ianoukovitch, est notamment venu présenter un exposé circonstancié sur la situation en Ukraine. Lui et le président en exercice, Leonid Koutchma, ont été reçus par le président russe Vladimir Poutine, dans sa résidence de campagne de Novo-Ogarevo. A cette occasion le président russe a exprimé un soutien tous azimuts à la promotion des liens politiques, économiques et culturels russo-ukrainiens, mais aussi à l'extension des contacts entre simples citoyens.

Comme l'a fait remarquer Vladimir Poutine, la Russie "respectera le choix du peuple ukrainien quel qu'il soit", mais ce choix "ne nous est pas, bien sûr, indifférent". Les délégués du congrès sont encore plus clairs: l'essentiel pour la Russie, ont-il déclaré, est que le peuple ukrainien mise sur celui qui continuera à consolider l'amitié et la coopération entre la Russie et l'Ukraine.

Pratiquement tous les délégués au congrès ont des parents en Ukraine, et ils savent combien leur vie a été difficile au cours des premières années qui ont suivi l'éclatement de l'Union soviétique. Les flux financiers vers l'Ukraine en provenance des régions russes du Nord, de Sibérie et d'Extrême-Orient qui abritent aujourd'hui plus de 200 000 Ukrainiens de souche ne tarissaient pas.

La plupart des ouvriers qualifiés du bâtiment, des chauffeurs des transports publics et des commerçants sur les innombrables marchés de Moscou sont des ressortissants ukrainiens. La Russie en compte de 5 à 7 millions, selon des estimations différentes. Tout comme les dirigeants russes ils ne sont pas indifférents à la tournure que les relations entre les deux pays frères vont prendre après l'élection du 31 octobre.

Les promesses électorales d'amender la Constitution ukrainienne pour instaurer le droit à la double nationalité - le rêve des Ukrainiens résidant en Russie -, donner au russe le statut de deuxième langue nationale, faciliter le passage frontalier entre les deux pays et créer un espace économique uni mettent du baume au coeur aussi bien des Russes que des Ukrainiens.

Mais le rapprochement avec la Russie, précise le premier ministre ukrainien, ne doit pas se faire au détriment du rapprochement avec l'Occident et l'Europe. Nous ne cherchons pas à intégrer l'OTAN, dit-il, car cela signifierait la mort de l'industrie de guerre qui est l'ossature du potentiel industriel ukrainien: l'Alliance atlantique n'a pas besoin d'équipements et armements fabriqués en Ukraine. Par ailleurs, il serait impossible aujourd'hui de veiller à la sécurité du pays, de renforcer sa capacité défensive et de lutter contre le terrorisme en s'appuyant seulement sur ses propres forces en dehors de toute coalition avec les pays européens, les États-Unis et la Russie. L'Ukraine ne fera partie d'aucun bloc, mais elle poursuivra la coopération militaire avec ses voisins, résume Viktor Ianoukovitch.

Idem sur le plan économique. L'orientation vers le rapprochement avec l'Union européenne, l'adhésion à l'OMC et la mise en place d'un espace économique uni avec la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan ne change pas et ne peut changer, car elle est pour le bien de l'Ukraine.

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