Novyé izvestia
L'élection des maires des grandes villes peut être abrogée en Russie
Commentant le 28 septembre le projet de loi sur l'annulation de l'élection directe des chefs des régions soumis à la Douma, le chef adjoint de l'administration du président de la Fédération de Russie, Vladislav Sourkov, a laissé entendre que l'idée d'accorder aux gouverneurs régionaux le droit de nommer les maires "était à l'étude" mais que la décision définitive n'avait pas encore été prise.
Le quotidien "Novyé izvestia" a cependant établi qu'un projet de loi prévoyant l'approbation du principe de la nomination des autorités locales par les gouverneurs régionaux était déjà fin prêt. Le politologue Stanislav Belkovski, proche du Kremlin, a confirmé lui aussi au journal que la Douma se ferait communiquer tout prochainement un projet de loi prescrivant la nomination des maires des grandes villes. Seulement, il ne concernerait que les maires des chef-lieux régionaux, estime le politologue. L'adoption de ce texte signifiera la perpétuation des élites régionales et l'impossibilité de les moderniser.
Le président de la Commission électorale centrale, Alexandre Vechniakov, a été l'un des premiers à faire connaître son avis sur la nouvelle initiative : "Je n'exclus pas que ce travail soit effectivement en cours mais je ne peux pas dire à quel stade il est actuellement". A son avis, les autorités pourraient attribuer le statut de membre de la Fédération aux villes comptant plus d'un million d'habitants. Dans ce cas, la nomination de leur chef lui semblerait être plus logique. Pour réaliser le "modèle à la Vechniakov", il est nécessaire de modifier la Constitution pour augmenter le nombre des membres de la Fédération. Pour le moment, parmi les villes dont la population excède un million d'habitants seuls Moscou et Saint-Pétersbourg ont ce statut.
Les libéraux du Kremlin retardent la communication du projet de loi à la Douma. Une source au sein de l'administration présidentielle qui a réclamé l'anonymat a déclaré au journal : "Nous éprouvons aujourd'hui une pression énorme pour faire inscrire les collectivités locales dans la verticale du pouvoir. Mais il existe les fondements de l'ordre constitutionnel du pays et les tentatives de s'en écarter risquent de se retourner contre nous". L'interlocuteur du journal a refusé de dire d'où venait cette pression.
Nezavissimaïa gazeta
Des experts commentent le rôle qui sera accordé aux assemblées législatives régionales après la réforme du système électoral
Le rôle des assemblées législatives régionales changera-t-il après l'adoption de la loi électorale et, si oui, quel sera ce changement ? Le quotidien "Nezavissimaïa gazeta" a posé cette question à plusieurs experts. Voici leurs réponses.
Serguéi Markov, directeur de l'Institut des études politiques : Si l'assemblée législative doit approuver une seule candidature ou si en cas de rejet, elle est dissoute, alors son rôle ne changera point. Il diminuera avec celui des élites régionales en général. Mais si la disposition sur la dissolution est modifiée ou si le président propose plusieurs candidatures, alors son rôle pourra augmenter.
Gueorgui Satarov, président de la fondation INDEM : Premièrement, les assemblées législatives doivent, théoriquement, devenir plus dociles aux autorités fédérales, craindre la dissolution et voter humblement. Elles resteront cependant l'unique institution autonome capable de se montrer en principe récalcitrante. Deuxièmement, la verticale présidentielle sera l'élément fondamental, autant dire que le rôle des assemblées et l'avantage d'en être membre et d'y constituer un lobby régional, diminueront. Par conséquent, les assemblées législatives seront formées de gens d'un autre type. Le mandat de député sera brigué essentiellement pour y trouver le refuge que procure l'immunité. Il en résultera une dégénérescence graduelle du parlementarisme régional.
Oleg Koulikov, secrétaire du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie : Dans tous les cas le rôle de l'assemblée législative augmentera considérablement. Elle sera l'unique organe régional élu et de loin plus légitime que le gouverneur nommé. Le prix du mandat augmentera considérablement, une lutte acharnée s'engagera et les diverses forces politiques s'affronteront pour faire élire leurs candidats. Les gouverneurs s'efforceront à leur tour de placer l'assemblée législative sous leur contrôle et de préparer ainsi le terrain pour se faire réélire ou pour écarter un concurrent.
Vedomosti
Dans trois mois, "Youganskneftegaz" peut être privée de ses licences
Le ministère des Ressources naturelles a amorcé la procédure de retrait de la plupart des licences pour l'exploitation du sous-sol à "Youganskneftegaz", principale entreprise d'extraction de YOUKOS, à cause des arriérés fiscaux. Bien que trois mois aient été donnés à "Youganskneftegaz" pour rembourser sa dette de 3,5 milliards de roubles (un dollar équivaut à 29,22 roubles), les analystes sont certains que les licences seront retirées.
Comme l'a appris le quotidien "Vedomosti", la commission pour les accords sur les licences du ministère des Ressources naturelles a décidé d'envoyer à "Youganskneftegaz" l'avertissement du retrait possible de 21 licences donnant droit d'exploiter le sous-sol. Les réserves totales de ces terrains constituent 1,1 milliard de tonnes de pétrole. Cette information a été confirmée au quotidien par un fonctionnaire du Service fédéral de contrôle de l'exploitation du sous-sol (FSNSN). "Youganskneftegaz" ne peut éviter le retrait des licences que si elle rembourse, en l'espace de trois mois, ses arriérés d'impôt sur l'extraction des minéraux utiles.
"Nous ne payons pas cet impôt depuis le mois d'août, ce qui est certainement une violation des accords sur les licences", admet Alexandre Chadrine, chef du service de presse de YOUKOS. Mais cela s'explique par le blocage des comptes de "Youganskneftegaz", a-t-il fait remarquer.
Un fonctionnaire d'un des départements fédéraux estime que cette entreprise ne pourra pas rembourser sa dette d'impôt. Par conséquent, "Youganskneftegaz" perdra probablement les licences. Les analystes partagent cet avis. Selon Valeri Nesterov, expert de la compagnie d'investissement "Troïka Dialog", l'Etat a l'intention de réduire au maximum le coût de "Youganskneftegaz". Si l'entreprise est privée de toutes ses licences, estime l'expert, elle perdra les trois quarts de sa valeur. Mais ce n'est pas tout, estime Valeri Nesterov. Il est fort possible que de nouveaux griefs fiscaux soient avancés à "Yougansknefetegaz".
Novye izvestia
Les wahhabites de Russie peuvent être proclamés hors la loi
A la fin de la semaine dernière, le vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Vladimir Katrenko a promis de proclamer par voie législative que le wahhabisme est un extrémisme religieux. Les leaders musulmans craignent que, sous prétexte de la lutte contre l'extrémisme, les autorités ne se mettent à persécuter les adeptes gênants de l'islam, lit-on dans les "Novye izvestia".
Les autorités de la Russie avaient déjà proposé de proclamer le wahhabisme hors la loi. Ainsi, en avril dernier, le substitut du procureur général Vladimir Kolesnikov avait pris l'initiative de condamner à une année de réclusion ceux qui professent le wahhabisme et, si, pendant cette période, le wahhabite "n'emprunte pas la voie de l'amendement, de le condamner à la peine maximale".
Vladimir Kolesnikov a expliqué comme suit le danger des wahhabites pour la société: "D'abord, on les transforme en zombies, ensuite ils apprennent le djihad, prennent la mitraillette en main et, en fin de compte, ces enfants deviennent criminels".
A la mi-septembre, le nouveau président tchétchène Alou Alkhanov a proposé de créer "une idéologie de l'antiwahhabisme qui montrerait aux gens ceque signifie le wahhabisme, sa nature inhumaine".
Quant à Gueïdar Djemal, président du Comité islamique de Russie, il estime que "les wahhabites ne représentent un danger que pour les bureaucrates corrompus".
Nafigoulla Achirov, coprésident du Conseil des muftis de Russie, affirme que les représentants du pouvoir ne pourront pas distinguer les wahhabites des autres musulmans. A son avis, si les wahhabites sont identifiés aux extrémistes, tous les sujets de l'Arabie Saoudite devront être automatiquement considérés comme tels, car le wahhabisme y est religion d'Etat. Les autorités auront "une immense massue pour battre chaque musulman en l'accusant de wahhabisme".
Vremia novostei
Pour l'instant, les voitures sont un objet de luxe en Russie
Selon le niveau de l'automobilisation des pays du monde établi sur la base des rapports des experts du service statistique de l'ONU, la Russie se trouve au 53e rang, par le nombre de voitures par tête d'habitant, derrière non seulement les principales puissances du monde (les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne), mais aussi les pays économiquement sous-développés comme la Barbade, l'Uruguay et le Surinam, informe le journal "Vremia novostei".
Cependant, estiment les experts, il serait plus correct de comparer la Russie avec les pays aux indices économiques semblables.
"D'ordinaire, en faisant la comparaison, on se base non seulement sur le nombre de voitures, mais aussi sur le PIB par tête d'habitant", a dit Gaïrat Salimov, expert de la compagnie d'investissement "Troïka Dialog". Par conséquent, il faut comparer plutôt la Russie avec les pays d'Europe de l'Est qui sont plus proches par la structure de la population (les enfants constituent la majeure partie des habitants) et traversent, de même que notre pays, une phase transitoire de l'économie.
Selon Maxime Matveiev, analyste de l'Alfa-bank, par l'indice du PIB par tête d'habitant, la Russie se trouve au même niveau que la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Croatie, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie. Puisque, l'année prochaine, le PIB russe doit atteindre 4450 dollars par tête d'habitant, le niveau de l'automobilisation du pays doit s'accroître de 240 à 250 voitures pour 1000 personnes, a fait remarquer l'expert.
D'après les pronostics des experts de "Troïka Dialog", à la fin de cette décennie, la Russie comptera 230 voitures pour mille habitants.
Dans les prochaines années, les experts prévoient l'accroissement considérable du nombre de propriétaires de voitures en Russie.