Dans la première moitié de la journée, le mouvement des cotations était déterminé par la fixation des bénéfices : après la montée du marché la veille, les moyens manquaient aussi bien pour sa poursuite que pour une nouvelle dose de positif.
"Les actions russes ont commencé la journée par une baisse : une partie des investisseurs fixaient les bénéfices craignant de tenir de grosses positions sur un marché en hausse rapide. Pourtant, vers le milieu de la journée, la correction sur la plupart des titres a été nivelée et le marché ne se négociait que légèrement en dessous de l'ouverture", dit Roman Andreev, de Centreinvestsecurities.
Andreev a ajouté que sur fond de hausse de ces derniers jours, les moments négatifs ont reculé au second plan et "même l'annonce que Youganskenftegaz est accusé d'avoir des arriérés d'impôts pour presque 1 milliard de dollars n'a pas provoqué de réaction sérieuse sur le marché".
En fin d'après-midi, une nouvelle impulsion au mouvement des cotations à la hausse a été donnée par l'agence Moody's : sa décision de revoir sa perspective attachée à la cotation de la Fédération de Russie, de "stable" à "positive", a apporté une dose d'optimisme aux participants au marché.
Ceci dit, la hausse la plus notable a été manifestée par les actions de compagnies énergétiques : Sourgoutneftegaz (hausse à la clôture de 3,27% et sur la nouvelle de 2,53%), RAO EES et NorNickel (ont ajouté à la clôture 0,47% et 0,98% et, sur la nouvelle, 1% à 2%), ainsi que Yukos (3,85% et plus de 5% respectivement).
Sergueï Kossynkine, de Zoerich Capital Management, dit que la décision de Moody's renfermait "un élément de surprise", surtout sur fond de l'attitude réservée manifestée par S&P et Fitch face à la possibilité de revoir la notation de la Russie. Il n'en reste pas moins que les événements autour de Yukos maintiennent un fond négatif sur le marché. D'autre part, la révision à la hausse de la perspective attachée à la Russie "c'est moins que la notation elle-même", a ajouté le négociateur.
Alexeï Logvine, d'Interfintrade, qualifie la décision de Moody's d' "événement du jour". "Même compte tenu de l'appréciation très libérale donnée par l'agence à l'état actuel et aux perspectives de l'économie du pays, et que sa décision ne peut être soutenue par d'autres agences de notation, cela a toutes les chances d'exercer une forte influence positive sur le marché un jour ou deux", estime l'expert.
Logvine a rappelé que lorsque Moody's relevait la perspective attachée à la Russie à celle d'investissement, le marché avait cessé de croître un jour ou deux après.
"Le relèvement de la perspective de la notation n'est pas encore le relèvement de la notation", a fait observer Roman Andreev. Selon lui, cette nouvelle a exercé l'influence la plus notable sur les eurobonds russes et leur "petite flambée" était proche, par son caractère, à une hausse spéculative.
Ainsi, le marché russe des actions a manifesté sur ce fond une hausse qui ne s'est pas avérée notable.
L'indice du Système commercial de Russie (RTS) a crû à la clôture de 0,69%, à 679,01 points, l'indice MMVB de 1,28%, à 704,04 points.
De l'avis des experts, la barre des 700 points pour l'indice RTS est un "objectif réel" avant la fin de l'année.