De l'avis des experts de l'administration antitrust russe, la hausse des prix des dérivées du pétrole qui est constatée depuis mai 2004 s'explique, avant tout, par des raisons objectives : la montée des cours sur les marchés internationaux. Ceci dit, "fin août et début septembre, la conjoncture du marché intérieur était fonction des prix record du pétrole", souligne-t-on encore au FAS. Ainsi, le baril d'Urals se vend à cette époque là 36-38 dollars.
Dans le même temps, le Service fédéral relève plusieurs autres facteurs déterminant la dynamique des prix sur le marché pétrolier, dont la hausse devance celle des prix la consommation.
Les experts du FAS font avant tout ressortir l'impact négatif du "principe territorial" du développement du marché des produits pétroliers en Russie. A leur avis, cela a "de fait conduit à la création de monopoles dans la plupart des régions du pays" et "au partage du marché suivant le principe territorial".
D'après le FAS, 63% des entités de la Fédération de Russie se trouvent dans la zone des marchés hautement concentrés des dérivés du pétrole.
Les experts de l'administration estiment d'autre part qu'une autre cause de la hausse des prix est leur offre en baisse. De l'avis du FAS, "cela s'explique par la réduction de leur production en raison des conditions plus avantageuses des exportations de brut, ainsi que par l'accroissement de leurs ventes à l'étranger".
La lettre cite les données du ministère russe de l'Industrie et de l'Energie, selon lesquelles seulement 83% des essences et 46% du gas-oils produits en Russie ont été vendus sur le marché intérieur.
"La réduction de la part des petites et moyennes entreprises dans cette sphère", suite à quoi les industriels du pétrole sont moins motivés de vendre sur le marché intérieur, est, d'après le FAS, un autre facteur contribuant à la hausse des prix des dérivés du pétrole. Les experts soulignent que, sur fond de hausse générale constatée dans la production de pétrole, les compagnies pétrolières petites et moyennes voient leur part se rétrécir.
"Cette tendance défavorable s'est dessinée ces trois dernières années qui ont été marquées par la réduction de la production de pétrole par les petites et moyennes compagnies, alors le nombre de ces dernières se réduisait également", rappellent les experts du FAS.
"Outre les causes structurelles et macro-économiques énumérées contribuant à altérer les indices des prix, le FAS et ses directions territoriales se heurtent aux tentatives des grosses compagnies pétrolières verticalement intégrées d'enregistrer des bénéfices supplémentaires en faisant valoir leur situation de monopoles", affirment d'autre part les auteurs de la lettre.