"Alors que la procédure d'adoption est en cours pour la loi fédérale sur l'adhésion de la Russie au protocole de Kyoto, alors que les ministères préparent encore leurs initiatives, la Russie peut insister sur une série de conditions sous lesquelles elle adhérerait au protocole", a-t-elle déclaré.
D'abord, il faut créer un système à deux échelons pour le commerce des quotas qui permettrait à l'État de financer ses programmes écologiques.
Au premier échelon il doit y avoir une agence publique chargée de vendre les quotas pour les émissions de gaz. Il s'agit des quotas apparus suite à la réduction de la production industrielle qui peuvent être nationalisés.
Les quotas qui font apparition après la mise en oeuvre de technologies économes en énergie dans les entreprises, celles-ci pourraient les vendre sur le marché libre, a estimé l'experte.
En outre, la Russie devrait insister sur le rachat d'un volume de quotas garanti d'au mois 100 millions de tonnes à un prix d'au moins 40 dollars la tonne, ce qui lui apportera 4,5 milliards de dollars tous les ans.
Ce sont les fonds dont la Russie a besoin pour le rééquipement technologique de ses entreprises, les investissements et les programmes écologiques, a relevé Anna Kachirova.
Selon l'économiste, la Russie pourrait aussi contacter les pays européens et le Japon réclamant des compensations pour la sauvegarde de ses forêts. Ces compensations pourraient osciller entre 1,5 et 1,7 milliards de dollars par an, et elles devraient subventionner le reboisement et l'entretien des forêts sous le contrôle international et l'audit externe.
Quelles que soient les conditions sur lesquelles le protocole de Kyoto sera ratifié, une assise juridique solide s'impose, a estimé Anna Kachirova. Cela concerne la propriété des quotas, les recettes de vente des quotas, le mécanisme de distribution des fonds, mais aussi la nette répartition des fonctions entre les acteurs des ventes de quotas, a observé l'experte.
"L'adhésion définitive au protocole de Kyoto n'est ni judicieuse ni opportune car elle n'est préparée ni sur le plan juridique ni sur le plan économique", a-t-elle déclaré.
Cela dit, Anna Kachirova a constaté la nécessité d'élaborer un nouvel accord au lieu du protocole de Kyoto dont les dispositions auraient vieilli.
"Il faut un document qui tienne compte des intérêts du développement industriel", a-t-elle indiqué.
Dans son état actuel, le mécanisme du protocole de Kyoto n'est pas transparent, a-t-elle souligné, car le système de calcul des émissions de gaz à effet de serre n'est pas mis au point.
"Dans ce contexte, un contrôle des forces supranationales sur le développement économique de la Russie n'est pas à exclure", a encore estimé Anna Kachirova, pour laquelle l'importance du protocole de Kyoto est comparable à celle du Code fiscal.