Revue de la presse russe du 6 octobre.

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MOSCOU - RIA-Novosti

Vremia novostei

L'Etat a consenti à réparer aux victimes des actes terroristes uniquement le préjudice matériel.

L'Etat russe a proclamé, par le biais de la Cour suprême, que les actes terroristes et les prises d'otages ne causent pas un préjudice moral aux citoyens du pays, en tout cas, un préjudice que les autorités jugeraient de leur devoir de réparer, précise le quotidien "Vremia novostei". C'est ainsi qu'on peut interpréter la décision d'une des instances judiciaires supérieures du pays qui a, en fait, refusé le droit à la réparation des souffrances morales à ceux qui ont perdu leurs proches au cours de l'acte terroriste au théâtre de la Doubrovka de Moscou en octobre 2002.

Le verdict de la Cour suprême en date du 21 septembre qui a mis un point final au long procès intenté au Gouvernement de Moscou par les parents des victimes de "Nord-Ost" a été rendu public hier par Igor Trounov, avocat des victimes. "La Cour suprême a confirmé que les compensations ne seraient pas versées, a déclaré Igor Trounov au journal "Vremia novostei". Selon lui, cela veut dire que les victimes de tous les actes terroristes sont, en fait, privés du droit de recevoir une réparation pour un préjudice moral de la part de l'Etat ou des autorités municipales. Le fait est que le précédent vient de très haut. Cela facilite dans une certaine mesure la tâche des simples juges, car ce sont eux qui devaient interpréter l'article 17 de la loi "De la lutte contre le terrorisme" adoptée en 1998 qui parle de la "compensation du préjudice causé par un acte terroriste".

Jusque-là, l'Etat n'a accepté de compenser que le préjudice matériel causé aux personnes pendant les actes terroristes. D'ailleurs, il s'agissait de sommes insignifiantes. Quant aux demandes de réparer le préjudice moral, les tribunaux les déclinent. Cependant, selon Igor Trounov, 80 % des victimes (des centaines de personnes) demandent au tribunal de réparer justement le préjudice moral causé, et seulement 20 % demandent de réparer le préjudice matériel.

Rossiïskaia gazeta

Avis des experts sur l'investiture du président tchétchène

Boris Makarenko, premier directeur général adjoint du Centre de technologies politiques: Je n'estime pas que la situation s'est normalisée en Tchétchénie. Si le président précédent de la république a été tué dans sa propre capitale, si une série d'attentats ont été effectués ensuite, actes dans lesquels sont impliqués d'une manière ou d'une autre les terroristes tchétchènes, cela signifie que tout ne va pas bien dans la région, écrit le quotidien "Rossiïskaia gazeta".

Les nombreuses tâches des nouvelles autorités pourraient être divisées en deux catégories : celles immédiates et celles à long terme. Les premières consistent à renforcer l'ordre légal et à mettre fin à l'activité des séparatistes. Le principal objectif à long terme est de donner à la république une perspective de vie meilleure. L'un des défauts de la politique d'Akhmad Kadyrov était son pouvoir personnel démesuré. Dans cet état de choses, de nombreux Tchétchènes ne voyaient pas de perspectives ni pour eux-mêmes, ni pour leurs proches.

Valeri Khomiakov, directeur général du Conseil pour la stratégie nationale: La situation est complexe, parce que, d'une part, Alou Alkhanov a gardé presque toute l'équipe d'Akhmad Kadyrov et, de l'autre, parce que Dmitri Kozak, représentant plénipotentiaire du président, est apparu dans la Région fédérale du Sud. Espérons qu'il n'y aura pas de conflits de pouvoirs dans les rapports avec ce dernier. Des frictions sont également possibles dans le travail avec les hommes d'Akhmad Kadyrov. Les objectifs poursuivis par les hommes de l'ancien président qui sont restés au pouvoir sont évidents: garder tous les postes principaux et contrôler les livraisons de pétrole en provenance de la Tchétchénie. Quant à Ramzan Kadyrov qui n'a pu participer aux élections du fait de son jeune âge, il se préparera aux campagnes suivantes. Certes, pour l'instant, les dirigeants de la république poursuivent un but commun et la probabilité de conflits sérieux est minimale. Mais, vers la fin du mandat d'Alou Alkhanov, la tension montera. Dans ces conditions, le nouveau président devra accepter des compromis dans les rapports avec ses subordonnés.

Vedomosti

La vente de la filiale de Ioukos sera confiée à un juriste de Saint-Pétersbourg

A la veille du marché le plus scandaleux de l'année, la vente des actions saisies de Iouganskneftegaz, le Fonds des biens fédéraux a été placé sous la direction d'un nouveau chef, Iouri Petrov, juriste de 57 ans de Saint-Pétersbourg.

Hier, le premier ministre Mikhaïl Fradkov a chargé le directeur adjoint du Fonds, Iouri Petrov, de faire l'intérim du directeur, informe le quotidien "Vedomosti". Le directeur intérimaire précédent, Kirill Tomachtchouk, reste le premier directeur adjoint et, d'après le service de presse du Fonds, il aura désormais la charge de la privatisation des biens publics. Il avait pris la tête du Fonds le 4 mars, quelques jours après que le Parquet général eut accusé son prédécesseur Vladimir Malinine d'abus de pouvoir lors de la conclusion d'un accord amiable avec le groupe MENATEP, et Viktor Khristenko qui assumait alors l'intérim de premier ministre avait décidé sa suspension.

Les remaniements opérés sont directement liés à la prochaine vente de Iouganskneftegaz, affirment les experts. Kirill Tomachtchouk n'est pas, aux yeux du gouvernement, l'homme qui convient dans le rôle de vendeur de la filiale de Ioukos, estime Serguéi Souverov, de la banque Zenit. A son avis, ce rôle devait être confié à un homme qui doit sa nomination aux autorités actuelles. "Il fallait trouver un homme absolument loyal et contrôlable qui organiserait la vente de Iouganskneftegaz de façon à ce que la société tombe entre les mains qu'il faut", assure Serguéi Souverov. Bien des choses dépendent dans cette situation du Fonds des biens publics, de la mise à prix au déroulement des adjudications. "Le gouvernement s'efforce de placer la préparation et le déroulement des enchères sous un contrôle rigoureux tandis que Tomachtchouk fait naître chez bien des gens des associations avec Malinine accusé à son tour d'être affilié à MENATEP", ajoute Lev Snykov, analyste de la société d'investissement Sovlink.

Novyé izvestia

La Banque centrale veut protéger les déposants alors que les banquiers s'efforcent de se protéger eux-mêmes

La Banque de Russie a publié hier la liste d'encore seize banques "blanches". Au total le système d'assurance des dépôts regroupe déjà 64 des 1 138 établissements de crédit ayant demandé à y être intégrés. Le système d'assurance des dépôts a vocation à prémunir les déposants contre les méfaits des crises bancaires. Cependant, les banquiers cherchent eux-mêmes à inventer un remède contre les crises, écrit le quotidien "Novyé izvestia".

Les dépôts à terme irrésiliables peuvent être un tel remède. Le Code civil de la Fédération de Russie oblige à rembourser tout ou partie d'un dépôt sur simple demande du client. Il y a plusieurs années la Banque de Russie a proposé de pratiquer les dépôts à terme. Puisqu'ils ne pourraient être retirés avant une date concrète, cela apaiserait les craintes des banquiers qui seraient sûrs que l'argent qui leur a été confié pour six mois restera à leur disposition pendant six mois et même en cas d'événements fâcheux le déposant ne pourrait pas le réclamer. Mais comme la Banque centrale ne projetait pas de supprimer les dépôts à vue, les banques auraient été obligées d'accorder des intérêts plus importants sur les dépôts irrésiliables pour intéresser les clients.

L'Association des banques russes a repris la semaine dernière son travail sur un projet d'amendements à apporter au Code civil. Ses représentants se dérobent à tout commentaire et pourtant, à en juger par les jugements des analystes, l'innovationincite à faire les trois conclusions suivantes. Premièrement, elle stabilise le système bancaire dans son ensemble et les banques proposeront des intérêts plus élevés pour les dépôts irrévocables. Deuxièmement, l'interdiction de résilier le contrat est surtout avantageux pour les banques faibles et peu sûres et elle rattache les clients à des établissements inefficaces, ce qui est mauvais pour les déposants et pour l'économie en général. Et enfin troisièmement, lorsque les banques seront intégrées dans le système d'assurance des dépôts, les risques diminueront pour les déposants, les intérêts seront abaissés pour tous les types de dépôts et les dépôts irrésiliables ne seront pas plus avantageux que les dépôts ordinaires.

Kommersant

Les scientifiques soviétiques ont cédé le prix Nobel d'hier à leurs collègues américains

L'Académie royale suédoise des sciences a annoncé hier les noms des prix Nobel de physique. Cette année 1 million 342 mille dollars ont été partagés entre trois américains : David Gross, David Politzer et Frank Wilczek. Ils ont ainsi été récompensés pour leurs découvertes dans le domaine de la théorie des particules fondamentales (quarks), jusqu'ici le plus petit matériau de constriction de l'Univers.

Cependant, écrit le quotidien "Kommersant", le directeur adjoint de l'Institut unifié des recherches nucléaires de Russie, Pavel Bogolioubov, a raconté qu'une théorie analogue à celle récompensée cette année par un prix Nobel avait été formulée à la fin des années 1960 par les physiciens soviétiques Nikolaï Bogolioubov (son père), Albert Tavkhelidze, président de l'Académie des sciences de Géorgie, et Viktor Matveev, directeur de l'Institut de la physique nucléaire de Moscou, mais leur travail était tenu secret et n'avait pas été proposé au Comité Nobel. Nikolaï Bogolioubov avait failli recevoir ce prix pour d'autres mérites scientifiques. C'était en 1974. De l'avis général de l'opinion scientifique mondiale, il était l'un des prétendants les plus indiqués au prix Nobel mais à la veille de la réunion du Comité Nobel à Stockholm le journal "Pravda" avait publié une protestation courroucée des scientifiques soviétiques contre "l'académicien Andréi Sakharov, traître scientifique" signée, entre autres académiciens, par Nikolaï Bogolioubov. "Mon père n'a pas signé cette lettre, son nom a été mis au bas du texte sans demander son avis. Mais le Comité Nobel a tout de suite écarté sa candidature", a déclaré Pavel Bogolioubov.

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