Nezavissimaia gazeta
Les partis seront obligés d'être massifs
Au moment des prochaines élections à la Douma (chambre basse du parlement russe), le nombre de partis fédéraux doit se réduire considérablement. Sur les quarante formations politiques actuelles, seulement quelques structures politiques pourront participer aux élections qui se tiendront selon les règles nouvelles. Conformément aux amendements à la loi sur les partis qui sont en cours d'élaboration, le nombre minimal de membres d'un parti doit passer de 10000 à 50000. Même les célèbres partis comme le SPS (Union des forces de droite) et le LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie) risquent de ne pas passer cette barre.
Le projet de loi introduisant le schéma proportionnel des élections sera soumis par le président à la Douma fin octobre, au plus tôt. Le Comité parlementaire des structures de l'Etat examinera au début de la semaine prochaine, conjointement avec le Comité aux associations publiques, un amendement à la loi sur les partis. Son sens se résume à ceci: pour être enregistré, les effectifs du parti doivent s'accroître obligatoirement en passant de 10 000 actuellement à un nombre plus élevé. Ces jours-ci, les sources de l'administration présidentielle ont mentionné le chiffre de 50 000 pour les membres d'un parti politique.
Le parti "Russie unie" s'avère hors concurrence: ses effectifs dépassent déjà 840 000 personnes. Le KPRF (Parti communiste) vient en deuxième position. A la fin de l'année dernière, les communistes ont informé le ministère de la Justice que leur parti comptait 186 000 membres (d'ailleurs, les effectifs précis de ce parti peuvent dépasser aujourd'hui 250 000 membres). L'indice du "Parti populaire" est aussi bon: à la fin de l'année dernière, 120 000 membres. "Iabloko" compte 85000 adhérents, le Parti agraire - 60000, le Parti russe de la vie - 90000 membres. Quant au SPS (35000) et au LDPR (38 000), ils peuvent être éliminés de la course. Cela concerne encore plus les nombreux partis-outsiders qui représentent la majorité écrasante. Par exemple, le Parti démocratique de Russie qui n'a que 13 000 membres risque d'être à l'écart de la grande politique.
Vedomosti
Quelle sera l'attitude des autorités à l'égard de la filiale de YOUKOS?
Un optimisme inexplicable sur le destin de YOUKOS a régné hier sur le marché des valeurs. Les actions de cette compagnie disgraciée ont connu une hausse de plus de 10 %. La Banque interbancaire a été contrainte d'arrêter deux fois les séances concernant ces actions. Cependant, dès demain, "Youganskneftegaz", apanage principal de YOUKOS, peut devenir propriété de l'Etat. L'article 54 de la loi sur la procédure d'exécution, rappelle le quotidien "Vedomosti", oblige l'agent (aujourd'hui, c'est le Fonds russe des biens fédéraux) à vendre les biens saisis du débiteur dans un délai de deux mois suivant la saisie. Ce délai expire demain. Si, pendant ce temps, les biens n'ont pas été vendus, "le créancier bénéficiaire de la saisie(en l'occurrence, le ministère des Impôts et Perceptions) est investi du droit d'entrer en possession de ces biens". Une source bien versée dans la réglementation de l'activité du Fonds russe des biens fédéraux affirme que le Fonds a connu de tels précédents. Mais, dans le cas de "Youganskneftegaz", estime la source, des raisons peuvent être trouvées pour prolonger le délai de vente.
Anatoli Youchine, partenaire gérant de la firme juridique AST LEGAL, estime que "les huissiers sont investis de larges pouvoirs pour prolonger la durée de la procédure d'exécution".
Ce sont également les huissiers qui détermineront le mode de vente de "Youganskneftegaz" : en séances élargies ou à la commission (vente directe), ainsi que le montant du paquet.
Si l'actif à vendre est évalué à une somme supérieure à la dette due, après la vente, le montant de la dette est transmis au ministère des Impôts et Perceptions, 7 % seront payés aux huissiers pour leurs services, le reste sera restitué au débiteur (YOUKOS), a dit Anatoli Youchine. Selon lui, il y a également une autre possibilité: vendre le paquet d'actions de "Youganskneftegaz" proportionnellement à la somme de la dette (en se fondant sur l'évaluation prévue de 15 à 17 milliards de dollars, soit 26 à 29 %). Mais, dans ce cas il y aura beaucoup de difficultés juridiques, prévient Viktor Topadze, juriste en chef de la firme juridique Gide Loyrette Nouel. D'ailleurs, il est inadmissible d'établir la proportion automatiquement: le paquet d'actions à vendre doit être évalué à part.
Gazeta
Investir les fonds de stabilisation dans les pays occidentaux n'est pas avantageux pour la Russie
Le gouvernement a déterminé lundi où seront investies les sommes d'argent du fonds de stabilisation, afin de les préserver de la dévaluation. Cette année, cet argent se trouvait sur les comptes de la Banque centrale et, rien qu'en sept mois, l'inflation a englouti 9 milliards de roubles (un dollar équivaut à 29,22 roubles). En 2005, écrit le quotidien "Gazeta", le gouvernement a décidé de convertir l'argent du fonds de stabilisation en dollars US, en euros, en livres sterling et en titres de créance de l'Autriche, de la Belgique, de la Finlande, de la France, de l'Allemagne, de la Grèce, de l'Irlande, de l'Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal, de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. De l'avis des experts, cette mesure permettra effectivement de se préserver des effets de l'inflation. Cependant, estiment-ils, au lieu de financer l'économie des Etats étrangers, il vaut mieux investir cet argent dans l'économie russe et la sphère sociale: le rendement sera meilleur.
Selon les experts, si 260 milliards de roubles du fonds de stabilisation accumulés au cours de sept mois avaient été placés sous forme de titres de créance des pays développés, ils n'auraient rapporté que 6,6 milliards au maximum. Le fait est que ces titres ontun degré de fiabilité très élevé, c'est pourquoi les recettes qui en proviennent ne dépassent pas 1 à 2 % par an, explique Igor Nikolaiev, directeur du département d'analyse stratégique de la société d'audit et de conseil FBK. Ces taux d'intérêt ne permettront que de compenser l'inflation, mais ils n'assurent pas un supplément substantiel.
La conversion du fonds de stabilisation en devises étrangères peut s'avérer encore moins avantageuse: si le ministère des Finances ne prévoit pas la conjoncture sur le marché, l'argent peut être perdu au cours des fluctuations des cours des monnaies du monde. L'analyste de la compagnie d'investissement "AVK" Vitali Okoulov estime que, "s'il faut choisir la devise pour conserver l'argent, le rouble est plus attrayant. Par rapport à l'euro ou au dollar, le rouble est très sous-estimé et, à long terme, il se renforcera".
Parlant de la nécessité d'investir l'argent du fonds de stabilisation dans l'économie russe, les analystes proposent, par exemple, de l'investir dans la construction du pipeline passant par Mourmansk.
Vrémia novostéi
Les Russes sont satisfaits de savoir surmonter les difficultés
Deux tiers de la population de la Russie acceptent de plein gré leur situation économique et sociale actuelle, constatent les sociologues du Centre analytique de Iouri Levada. A noter qu'il y a autant de citoyens du pays qui restent mécontents de leur environnement économique. 66% des personnes interrogées sont d'une façon ou d'une autre satisfaites de la vie qu'ils mènent aujourd'hui et 33% en sont mécontents. Il est étonnant, fait remarquer le quotidien "Vrémia novostéi", que la majorité des sondés (46%) malgré tout porte un jugement négatif sur la situation économique actuelle de la Russie. Seulement 41% trouvent à leur goût ce qui se passe dans le domaine économique.
Le directeur du Département analytique du Centre des technologies politiques, Alexéi Makarkine, explique cette disparité par les facultés sans analogues des Russes : "Ils ont tout simplement appris à survivre dans des conditions actuelles, dans une situation économique difficile. Les stratégies individuelles peuvent être très variées, par exemple le travail sur un lopin individuel ou la mise en location d'un appartement ou encore le cumul de deux ou de trois emplois. On peut dire même que beaucoup ne "survivent" pas mais vivent normalement et ont de ce fait un jugement positif sur les résultats de leur travail". En même temps, il estime que s'agissant d'évaluer la situation économique dans le pays, l'homme n'intervient pas comme une personne intéressée mais comme expert. "Mieux, si un homme vit plus ou moins bien dans un pays qui n'a pas fait beaucoup de progrès économiques, son évaluation de sa propre situation est d'autant plus précieuse. Il s'attribue à lui-même sa réussite et attribue les problèmes économiques au pouvoir. Il est vrai qu'aujourd'hui, cela ne concerne pas notre président", estime M.Makarkine.
En effet, d'après les résultats du sondage, parmi toutes les institutions du pouvoir les Russes font le plus de confiance au chef de l'Etat (56%), à l'Eglise (43%) et à l'armée (30%) et le moins aux partis politiques (5%) et à la police (10%).
Novyé izvestia
Les monuments de Saint-Pétersbourg seront conservés
Le Comité du contrôle, de l'utilisation et de la protection des monuments de Saint-Pétersbourg s'est mis au travail sur une "technologie conservatrice" inédite qu'il a baptisée officiellement "Stratégie de conservation de l'héritage". Maintenant les monuments ne seront restaurés que partiellement ou "mis en conserve". Saint-Pétersbourg, tout comme Venise ou Florence, est souvent appelé ville-musée (la ville compte douze mille monuments d'histoire et de culture régionaux, sans compter les monuments d'importance fédérale). Cependant, les objets exposés dans ce musée sont menacés de disparition. En 2004, plus de mille édifices de la ville sur la Néva se sont retrouvés sur la liste des "sites à restaurer sans délai". De l'avis des spécialistes, si la vieille ville continue à se dégrader au rythme actuel, le pays n'aura plus d'ici quinze à vingt ans sa "Venise du Nord".
La "technologie conservatrice" permettra de contrôler strictement l'utilisation des techniques de construction déterminées. Le personnel du Comité veillera même sur la couleur dans laquelle les bâtiments sont repeints. Il sera proposé aux restaurateurs de changer leur méthode de travail. Au lieu de la méthode pratiquée à l'époque soviétique qui consiste à reconstruire en entier les parties démolies des monuments, il est désormais proposé d'utiliser la méthode de conservation (rétablissement de l'ouvrage en partant des fragments restants) particulièrement pratiquée par les restaurateurs italiens. On peut voir dans les musées d'Italie beaucoup de tableaux dont la partie restaurée est d'un ton plus claire que la partie originale. Les parties restaurées des bâtiments diffèrent de même des parties anciennes.
L'adminstration municipale entend réaliser cette conception aux frais des locataires principalement.