Revue de la presse russe du 1er octobre

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MOSCOU, RIA Novosti

Kommersant

Après la ratification du protocole de Kyoto la Russie se fera accorder beaucoup de quotas

Le gouvernement russe a décidé hier de soutenir le projet de loi fédérale sur la ratification du protocole de Kyoto et de le soumettre à la Douma. Tout porte à croire que la Douma l'adoptera car à l'issue d'interminables discussions sur l'utilité de ratifier le protocole sur les changements climatiques c'est Vladimir Poutine personnellement qui a pris la décision définitive.

La Russie débouche sur ce marché avec un bagage solide. Selon les données du Service fédéral de l'hydrométéorologie et du monitorage de l'environnement, les réserves nationales inépuisées de quotas d'émission de gaz de serre se montent à 2 360 millions de tonnes. D'autre part, l'absorption du gaz carbonique par les forêts russes a permis aux négociateurs d'obtenir un quota supplémentaire de 605 millions de tonnes. Anatoli Zelinski, membre du conseil d'administration de EES ROSSII ("Electricité de Russie"), affirme que le quota national est si important qu'il est possible d'en transformer une bonne partie en réserve stratégique nationale.

Selon les prévisions du développement électroénergétique à moyen terme, une baisse des émissions de gaz de serre est attendue entre 12 et 20% d'ici 2012 par rapport à 1990. Gazprom, pour sa part, affirme que pendant la même période les entreprises du holding gazier diminueront leurs émissions de gaz de serre de 45%. Ces deux sociétés interviennent pour 38% dans la totalité des émissions de cette nature à l'échelle du pays. Autant dire qu'elles pourront payer partiellement leur rééquipement technique en vendant leurs quotas.

Il y a aussi les transports et les services communaux qui entrent pour 40% dans les échappements de gaz responsables de l'effet de serre. Pour les entreprises qui ont pris le risque d'investir dans ces secteurs il devient possible d'obtenir des investissements des pays européens enéchange d'une réduction des rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère.

Nezavissimaïa gazeta

L'armée peut trouver un autre fournisseur à la place de Ioukos

Les Forces armées sont l'un des plus gros consommateurs de produits pétroliers. Le général d'armée Vladimir Issakov, vice-ministre de la Défense et Commandant des Arrières, et le président de Lukoil Vaguit Alekperov ont signé récemment un accord de coopération "dans le perfectionnement de la base matérielle et technique des unités des Arrières des Forces armées nationales". Ce resserrement des contacts incite à penser que Lukoil peut devenir dans l'immédiat le principal fournisseur de carburant et de lubrifiants du ministère de la Défense et évincer complètement Ioukos de ce marché, écrit la "Nezavissimaïa gazeta".

Toutes les sociétés pétrolières les plus importantes sont toujours invitées à prendre part aux ventes aux enchères officielles de carburant et de propergol organisées par le Commandement central des Arrières. Cependant Rosneft, TNK et certaines autres sociétés s'y dérobent en raison des prix fixes que la loi en vigueur interdit au ministère de la Défense de dépasser tandis que les prix sur le marché ne cessent de grimper, surtout depuis ces douze derniers mois. En d'autres termes, avec l'armée, on ne peut pas compter sur des superprofits. Et pourtant, Lukoil et Ioukos coopèrent avec les Forces armées. Un porte-parole de Lukoil a expliqué que le prix des livraisons sont, naturellement, plus bas que sur le marché mais cela ne signifie pas que la société vend à perte. Ioukos a fait savoir, pour sa part, que "ce sont des livraisons importantes garanties et stables qui permettent de planifier la production sur trois mois à l'avance".

Cependant, Ioukos n'est pas, aujourd'hui, le partenaire préféré de l'Etat. Sur cette toile de fond, sa coopération avec le ministère de la Défense et d'autres structures de force (selon l'information à la disposition du quotidien, Ioukos fournit jusqu'à 30% du carburant et des lubrifiants consommés par le ministère de la Défense) semble étrange. Du point de vue politique, il serait avantageux de voir à la place de Ioukos une autre société, plus loyale. Lukoil convient idéalement pour tenir ce rôle, d'autant que la société confirme son intérêt pour les livraisons militaires.

Gazeta

La sécurité des écoles est évaluée à 100 milliards de roubles

Près d'un mois s'est écoulé depuis la tragédie de Beslan. Les dirigeants de l'Agence fédérale pour l'éducation, les médecins et les psychologues sont tombés d'accord au cours des discussions qui ont coïncidé avec le forum "Milieu de l'enseignement" sur le fait que les écoles et les jardins d'enfants doivent être entourés d'une enceinte (plus de 50 % des écoles n'ont pas de terrain clôturé), qu'il faut y installer des caméras vidéo et des alarmes. Selon les estimations modestes, fait savoir le quotidien "Gazeta", il faut au moins 30 milliards de roubles (un dollar équivaut à environ 29,22 roubles) pour assurer la sécurité de tous les établissements d'enseignement.

Comme l'a fait savoir Youri Petrov, représentant de l'Agence fédérale pour l'éducation, la Russie compte plus de 100 000 établissements d'enseignement. Le système d'ensemble assurant la sécurité, y compris les gardiens, les alarmes, les caméras de vidéosurveillance, ainsi que les moyens anti-incendie, coûte, en moyenne, un million de roubles. Par conséquent, il faut dépenser 100 milliards de roubles. Pour commencer, l'Agence fédérale a demandé au ministère des Finances seulement 30 milliards de roubles, mais selon, Youri Petrov, "si, d'ici 2005, nous réussissons à obtenir ne serait-ce que 50 % de la somme demandée, nous serons déjà heureux".

Entre-temps, les parents d'élèves de nombreuses écoles de Moscou ne comptent pas sur les innovations et préfèrent inviter dans les écoles les employés des entreprises de gardiennage privées. Pour qu'ils soient plus vigilants, les directeurs des écoles ont accru la collecte mensuelle d'argent pour la protection. Si, l'année scolaire dernière, les parents payaient pour ce service 40 à 50 roubles par mois, à présent, ils doivent payer, en moyenne, 100 roubles.Ainsi, le salaire des vigiles d'une école de 500 élèves et plus peut atteindre 800 à 1000 dollars. D'ailleurs, fait remarquer le journal, cette majoration ne s'est reflétée nullement sur la qualité des services.

Vremia novostei

Paul Khlebnikov a pu être tué pour "Entretien avec un barbare"

Les sources proches de l'enquête sur l'assassinat de l'Américain Paul Khlebnikov, rédacteur en chef du magazine "Forbes" paraissant en russe, ont fait connaître l'une des versions prioritaires. Il en découle qu'en écrivant son livre sur le chef de guerre tchétchène Khoj-Akhmed Noukhaiev, le journaliste a bénéficié de l'aide d'intermédiaires qui l'ont mis en contact avec le célèbre Tchétchène et se sont même portés garants de Paul. La publication qui a paru a indigné Khoj-Akhmed Noukhaiev qui a demandé, paraît-il, des explications à ces intermédiaires, lit-on dans le quotidien "Vremia novostei". D'après les données préalables, ceux-ci ont longuement essayé d'obtenir les explications auprès de Paul Khlebnikov et ont ensuite décidé de l'assassiner.

Comme l'a fait savoir un enquêteur au quotidien "Vremia novostei", lorsque le journaliste recueillait des informations sur Boris Berezovski (oligarque disgracié qui a fait l'objet d'un avis de recherche du Parquet général russe et qui réside en Grande-Bretagne), il a contacté certains Tchétchènes de renom. Ceux-ci ont consenti à le mettre en contact avec Noukhaiev qui aurait aidé Boris Berezovski à régler certains problèmes avec les représentants des milieux criminels. En échange, Paul Khlebnikov a promis de respecter certaines conditions. La rencontre a eu lieu à Bakou et le journaliste n'a préparé aucune publication.

En 2003, Valeri Streletski, ancien employé du service de sécurité du président et propriétaire de la maison d'édition " Detektiv-press", avait demandé à Paul Khlebnikov d'écrire un livre sur Noukhaiev. Le livre "Entretien avec un barbare" de Paul Khlebnikov comporte les propos tenus par Noukhaiev. Ce dernier parle notamment en détail des cas où l'on peut et où il faut tuer un homme et il expose ses points de vue islamiques radicaux, etc. Cette attitude arbitraire envers son monologue n'a pas plu à Noukhaiev et il a décidé que ceux qui avaient amené chez lui Paul Khlebnikov devaient répondre de la parution du livre. Selon une source, les intermédiaires ont décidé que la meilleure façon de répondre à Noukhaiev était d'éliminer le journaliste.

Novye izvestia

26 % des familles russes vivent au-dessous du seuil de pauvreté

Un sondage de l'Institut indépendant de politique sociale (NISP) a fait une étude sur 44 000 familles dans 79 entités de la Fédération de Russie. Il s'avère que 26 % d'entre elles vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Un peu plus d'un tiers des pauvres (33,9 %) résident à la campagne et près d'un cinquième (17,4 %), dans de grandes villes de plus de 500 000 habitants. Les résultats du sondage et les conclusions des experts du NISP sont publiés dans le journal "Novye izvestia".

Les retraités russes ne sont pas la catégorie la plus pauvre de la population: parmi les familles aux revenus inférieurs au minimum vital, il n'y a que 5,9 % de retraités solitaires et 3,1 % de couples à la retraite. Les 3/5 des familles pauvres ont des enfants: 41 % des couples ont des enfants âgés entre 18 et 20 ans et 20,2 % des familles sont monoparentales. Il est à remarquer que tous les membres de la famille parmi les 35,3 % de familles pauvres travaillent.

Cela étant, faut-il créer plus d'emplois? C'est une question à débattre. D'autant plus que, comme l'ont déjà constaté les experts, le niveau de l'emploi en Russie, par rapport aux pays occidentaux, est très élevé. Dans un nombre considérable de familles (26 %), un membre apte au travail non seulement ne travaille pas, mais aussi ne cherche pas du travail.

Les programmes sociaux régionaux ne règlent nullement le problème de la pauvreté: 34 % de ceux qu'ils concernent vivent au-dessous du seuil de pauvreté. De l'avis des experts, il faut mettre l'accent sur l'assistance concrète aux pauvres des régions riches. Quant aux régions pauvres, il convient d'y appliquer une politique d'harmonisation des budgets et de soutien aux territoires.

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