Les trafiquants de drogue russes et les gangs internationaux spécialisés dans la même activité continuent de considérer le territoire russe comme une plaque tournante par laquelle d'importants lots de stupéfiants transitent d'Orient en Occident. La lutte contre le commerce de la "mort blanche" donne-t-elle vraiment des résultats? C'est par cette question que RIA Novosti a entamé son entretien avec Alexandre Mikhaïlov, directeur adjoint du Service fédéral de répression du trafic de stupéfiants.
- Pour combattre la contrebande de stupéfiants, les agents des services russes antidrogue réalisent diverses mesures préventives, assez souvent en collaborant avec le ministère de l'Intérieur, les services de renseignement, les gardes-frontières et les douaniers. Par exemple, l'opération "Pavot 2004" a permis de détruire 1066 plantations illicites et des zones de plantes narcotiques sauvages et aussi d'empêcher la vente de ces produits sur le marché. Au cours de cette opération les agents des services antidrogue ont saisi plus de seize tonnes de stupéfiants et de matière première servant à leur fabrication. 6.211 affaires pénales ont été mises en mouvement.
- Quelles formes prend votre coopération avec les organes de maintien de l'ordre étrangers?
- Une autre opération décidée par les chefs des Etats membres de l'Organisation de sécurité collective s'est achevée récemment. Elle avait pour objectif de démanteler des filières de trafic de stupéfiants en Russie, en Arménie, en Biélorussie, au Kazakhstan, en Kirghizie et au Tadjikistan. 2.565 groupes opérationnels et 923 postes permanents avaient été créés pour mettre fin au transport de la drogue dans les régions frontalières. Des contrôles ont été effectués dans 654 stations et gares ferroviaires, sur 1.127 routes et dans 124 aéroports. Des trains, des avions, des camions et des voitures particulières ont été fouillés.
Au cours de cette opération près de trois tonnes de stupéfiants et plus de 13 tonnes de matière première servant à leur fabrication ont été saisis. 276 armes à feu ont été saisies. Des renseignements fournis par l'Agence tadjique de lutte contre le trafic de stupéfiants ont permis d'arrêter un ancien chef de guerre qui introduisait de la drogue au Tadjikistan par la frontière tadjiko-afghane. Lors de la perquisition de la maison de ce trafiquant des agents de l'ambassade de Grande-Bretagne et du ministère afghan de l'Intérieur ont découvert des stupéfiants, un lance-roquettes avec des projectiles ainsi que des armes à feu.
- De nos jours les dealers recourent activement à Internet. En effet, le narcotrafic utilise la toile pour promouvoir la consommation de la drogue.
- C'est vrai, des sites diffusent des centaines de textes publicitaires incitant les gens à consommer toutes sortes de drogues: haschich, ketamine, ecstasy et autres, expliquant la façon de les consommer; comment se conduire en cas d'interpellation par la police en possession de ces produits. Cette situation est d'autant plus préoccupante pour la Russie quand on sait que le nombre d'internautes augmente régulièrement dans le pays et que deux d'entre eux sur trois sont des jeunes.
La prévention de l'utilisation non médicale des produits narcotiques est un volet important de notre activité. Il est indispensable d'amplement informer la population des graves conséquences de la toxicomanie. Nous coopérons étroitement avec les centres de recherche, les établissements d'enseignement supérieur, secondaire et secondaire spécialisé, nous sollicitons l'aide de professionnels de la santé, de psychologues et des services de prévention de la criminalité. Un grand travail d'explication est réalisé en direction de la jeunesse.