"Ce voyage donnera lieu aux négociations sur les questions de la coopération des deux pays dans le domaine de l'énergie atomique", a-t-on précisé au département de la presse de l'ambassade.
Antérieurement, la visite était projetée pour la mi-février mais a été reportée, soulignait-on à Téhéran, en raison des élections parlementaires dans la République islamique. Celles-ci s'étaient déroulées sur fond de nombreuses manifestations en faveur des parlementaires d'obédience démocratique qui avaient été refusées d'enregistrement pour un second mandat consécutif.
Le report de la visite a provoqué une multitude de commentaires dont les auteurs affirmaient que la Russie avait prétendument cédé aux pressions américaines. Dans le temps, ces commentaires ont coïncidé avec la déclaration faite à Berlin par le sous-secrétaire d'Etat américain John Bolton : "Selon les données dont nous disposons, l'Iran ne remplit pas les engagements qu'il a pris en octobre de l'année dernière d'arrêter les travaux d'enrichissement de l'uranium".
Pourtant, selon Alexandre Roumiantsev lui-même, le report de la visite avec des raisons "purement techniques" et non politiques. Commentant la situation pour le journal Vremia Novosteï, le ministre disait : "Il était prévu que vers la mi-février nos partenaires commerciaux, notamment l'entreprise russe TVEL qui livre le combustible, signerait un contrat avec les Iraniens. Mais des désaccords ont surgi sur le prix pour le stockage du combustible irradié". A l'époque, le ministre du Nucléaire civil se disait sûr que la question des prix serait réglée "au cours des deux semaines prochaines, d'ici à fin février", après quoi il se rendrait en Iran et signerait un paquet de documents. Quant à la question du retour du combustible irradié en Russie, "celle-ci a été réglée de fait", affirmait Alexandre Roumiantsev. Selon le ministre, "il n'y a pas de dessous politiques quant aux délais de livraison de combustible en Irak et de son retour en Russie". Le combustible sera livré à la centrale nucléaire de Bushehr au milieu de 2005 au plus tard, date à laquelle est prévu le lancement physique du premier réacteur à eau légère construite par les spécialistes russes. Quant au retour du combustible irradié, celui-ci aura lieu, pour des raisons technologiques, dans une dizaine d'années.