Les départements intéressés disposent d'un délai de trois mois pour préparer un plan global d'actions concernant la réalisation du Protocole de Kyoto.
Le document va maintenant être transmis à la Douma (chambre basse du parlement). La Russie avait signé le Protocole de Kyoto en 1997.
Un refus de ratifier le Protocole de Kyoto pourrait avoir des retombées négatives sur le plan aussi bien politique qu'économique. Tel a été le leitmotiv de l'intervention que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Youri Fedotov, a faite lors de la réunion du gouvernement.
Le caractère particulier de nos positions consiste en ce que tout dépend de nous: le sort du Protocole de Kyoto est entre nos mains, a dit le vice-ministre.
Si nous refusions de le ratifier, cela pourrait avoir des retombées négatives sur le plan aussi bien politique qu'économique, a-t-il dit.
De son côté, le directeur du Service fédéral pour l'hydrométéorologie et le contrôle de l'environnement, Alexandre Bedritski, a souligné que la ratification du protocole sera profitable à la Russie à condition qu'elle adopte une stratégie de réalisation adéquate.
La Russie y perdra si elle met en oeuvre une stratégie inadéquate à la situation, par exemple si elle vend des quotas de rejets de gaz, a dit Alexandre Bedritski.
Celui-ci a indiqué que dans le cadre du protocole il était possible de réaliser des projets conjoints et que EES Rossii (Electricité de Russie) et d'autres monopoles naturels russes envisageaient déjà d'en mettre en oeuvre avec des sociétés étrangères.
Alexandre Bedritski a souligné que ces projets pourraient être doublement avantageux pour laRussie puisqu'ils permettraient d'obtenir des moyens pour améliorer la technologie de la production industrielle et aussi de réduire les rejets nocifs.
De l'avis d'Alexandre Bedritski, la Russie est à même de remplir ses obligations en matière de rejets de gaz carbonique. Les experts ont calculé qu'en huit ans la réalisation des programmes d'économies d'énergie permettrait de réduire sensiblement les rejets de gaz carbonique en Russie, a-t-il indiqué.
Ces programmes ne visent pas des objectifs climatiques, ils sont réalisés pour dynamiser l'économie. Seulement ils ont aussi pour corollaire une diminution des rejets, a souligné le directeur de l'Agence fédérale pour l'hydrométéorologie et le contrôle de l'environnement.
Dans le cadre du Protocole de Kyoto il est possible de défendre nos intérêts et d'obtenir des préférences pour notre économie, estime-t-il.
Andreï Illarionov, conseiller du président russe, estime de son côté que la ratification du Protocole de Kyoto relève d'une décision politique.
Il faut bien avoir en tête qu'il s'agit d'une décision politique, d'une décision contrainte. Et cette décision, nous ne la prenons pas de gaîté de coeur, a dit Andreï Illarionov dont l'hostilité à l'égard du Protocole de Kyoto est bien connue.
Cette décision sera préjudiciable à nos intérêts nationaux à court, à moyen et à long termes, a-t-il ajouté. C'est la raison pour laquelle nous devons prendre des mesures en vue de réduire au minimum les conséquences négatives de cette décision, estime le conseiller du président.
Andreï Illarionov a déclaré une nouvelle fois que la ratification du protocole de Kyoto ne permettrait pas de régler le problème concernant le doublement du PIB.
Dans le contexte des restrictions fixées par la première phase du Protocole de Kyoto (2008-2012) le doublement du PIB est impossible. Telle est la réalité et nous devons en être conscients, a dit le conseiller du président russe.