Le gouvernement s'apprête à modifier le système des charges budgétaires et, à cet effet, à abandonner le principe inertiel où les dépenses sont décidées et indexées compte tenu de l'inflation, au profit du principe consistant à prendre en compte dès le début le résultat final.
"A partir de l'année prochaine nous fixerons les dépenses budgétaires de manière à les orienter sur le résultat final", a dit Alexandre Joukov.
Cette réforme sera très positive pour les milieux d'affaires. D'autre part, elle permettra au gouvernement de mieux employer les fonds budgétaires qui, aujourd'hui, ne sont pas utilisés efficacement dans tous les cas, a-t-il souligné.
Avant de procéder à la réforme budgétaire le gouvernement a besoin de déterminer les objectifs des transformations envisagées et les critères servant à juger de l'efficacité de la réforme.
"Les objectifs que nous nous fixons dans ce domaine sont fonction des conditions nécessaires à l'investissement en Russie", a dit le vice-premier ministre.
Différents indices conviennent comme critères de l'efficacité des transformations, par exemple l'indice de la concurrence ou celui de la capacité économique, a-t-il estimé.
"Je pense que pour les représentants des milieux d'affaires ce sont des choses évidentes. Malheureusement, le budget russe actuel n'a rien à voir avec ces principes", a fait remarquer Alexandre Joukov.
"Avant la fin de l'année le fonds de stabilisation approcherait 600 milliards de roubles (plus de 20 milliards de dollars). Ce montant considérable permettra l'année prochaine une manuvre structurelle importante dans le domaine fiscal", estime le vice-premier ministre.
Il a rappelé qu'à partir de 2005 le taux maximum de l'impôt social unique serait abaissé sensiblement, ce qui occasionnerait un déficit du fonds des retraites, du fonds des assurances sociales et du fonds de l'assurance médicale obligatoire. "Ce déficit sera comblé avec les recettes extraordinaires des secteurs pétrolier et gazier, c'est-à-dire en employant à cet effet une partie du fonds de stabilisation", a-t-il expliqué.
"Cette manuvre structurelle dans le domaine fiscal nous permettra de trouver les moyens d'assurer une croissance économique supplémentaire", a-t-il souligné.
"Des restructurations sérieuses et la poursuite des réformes sont nécessaires pour pouvoir doubler le PIB vers 2010", a de nouveau déclaré le vice-premier ministre. Cela nous incite à mettre à profit la situation économique extérieure favorable et la situation politique stable pour continuer la mise en uvre des réformes", a dit Alexandre Joukov.
Selon ses calculs, cette année le PIB augmenterait de 7% environ et l'inflation serait contenue dans la limite des 10%.
La croissance la plus rapide est constatée dans les télécommunications et dans certains secteurs des constructions mécaniques, a-t-il annoncé.
"Certains estiment que ce sont les industries liées à la production de combustible et d'énergie qui se développent le plus rapidement. Ce n'est pas du tout le cas. C'est dans les télécommunications et certains types de constructions mécaniques que la croissance est la plus rapide", a-t-il informé.