Revue de la presse russe du 24 septembre

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MOSCOU, RIA Novosti

Vrémia novostéi

La moitié de la population de la Russie est contre la nomination des chefs régionaux

Le Centre national d'étude de l'opinion publique (VTSIOM) a publié hier les résultats d'un sondage. Ils montrent que la plupart des habitants de Russie interrogés n'approuvent pas l'idée de Vladimir Poutine de réformer le système électoral. A la question de savoir s'ils sont d'accord que, pour assurer l'unité de l'Etat, il est nécessaire d'annuler l'élection des gouverneurs régionaux et de les faire nommer par les assemblées législatives régionales sur la proposition du président du pays, 50% ont répondu par la négative (19% sont absolument en désaccord avec le président et plus de 29% sont "plutôt contre"). L'initiative présidentielle a trouvé un soutien auprès 39% des personnes interrogées dont seulement 16% l'approuvent sans réserve et 22,9% sont "plutôt d'accord". 13% n'ont pas pu répondre.

Le VSTIOM estime cependant que les autorités n'ont pas de raison de s'alarmer. "Un nombre important de personnes hésitent sur la réponse. Cela ne signifie pas le désaccord de la majorité mais, sommairement parlant, une division de la société au sujet de cette initiative. Les résultats du sondage proviennent du fait que les gens ne veulent pas sacrifier leur droit abstrait d'élire le pouvoir et d'exercer une influence sur lui", a expliqué au quotidien "Vrémia novostéi" le directeur des relations internationales et publiques du VTSIOM, Dmitri Polikanov.

"Les autorités s'efforceront d'expliquer à la population qu'elle a tort mais elles réaliseront leur projet et même lui donneront un développement plus large. Je ne m'étonnerais pas si après la réduction du nombre des régions le Kremlin décide de nommer les maires des grandes villes", estime le président de l'Institut de la stratégie nationale Stanislav Belkovski.

En même temps, à en juger par les résultats du sondage, la population croit que la nomination des gouverneurs contribuera à la lutte contre le terrorisme. Presque 45% des personnes interrogées ont répondu "oui" à la question : "le système de mesures de renforcement du pouvoir proposé par Vladimir Poutine aidera-t-il la Russie à combattre le terrorisme ?". 29% environ ont répondu par la négative.

Vedomosti

La Russie n'est pas pressée d'accepter la proposition chinoise de créer un marché commun

Au cours de la deuxième réunion du Conseil des chefs de gouvernement des pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (l'OCS regroupe la Russie, la Chine et les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale : le Kazakhstan, la Kirghizie, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan) qui s'est tenue hier à Bichkek, capitale de la Kirghizie, la Chine, représentée par son premier ministre Wen Jiabao, a proposé aux pays d'Asie centrale et à la Russie de créer un marché commun. Moscou craint que la Chine ne puisse instaurer son hégémonie économique en Asie post-soviétique.

"Il y a un an la Chine avait émis l'idée de créer une zone de libre échange sur le territoire des six pays membres (cela suppose que les pays du marché commun doivent abroger les droits de douane et les restrictions quantitatives dans leurs échanges mutuels). Nous avons repoussé, en des termes corrects, cette initiative, du fait qu'elle avait pour objectif de s'emparer de nos marchés", explique au journal "Vedomosti" un fonctionnaire du gouvernement russe. Moscou craint que le développement du commerce avec la Chine ne fasse durer une tendance défavorable à la Russie : à l'heure actuelle les matières premières représentent 95% des exportations russes vers la Chine alors que celle-ci vend à la Russie principalement des produits à haut degré de finition.

"Nous ne pouvons pas ouvrir d'un coup nos portes. Si les Etats membres de l'OCS ont des règles différentes de financement des exportations et des entreprises, il y a le risque de mettre nos producteurs dans des conditions désavantageuses du point de vue de la concurrence", explique Viktor Spasski, directeur de département du ministère du Développement économique et du Commerce. "Nous avons trop de secteurs qui ne sont pas à ce jour capables de faire concurrence aux Chinois, par exemple l'industrie légère, l'électronique, la métallurgie", ajoute le directeur du département international de l'Union des industriels et des chefs d'entreprises de Russie, Alexandre Orlov. "C'est plutôt un geste politique ayant pour but de montrer l'intérêt de la Chine pour le marché russe et d'augmenter les échanges commerciaux", commente l'initiative chinoise Serguéi Prikhodko, de l'Institut de l'économie de la période de transition. De l'avis de Vassili Kachine, de l'Institut de l'Extrême-Orient relevant de l'Académie des sciences de Russie, les initiatives intégrationnistes de Pékin seront bloquées par Moscou et Washington qui ont chacun leur propre vision de l'avenir de l'Asie centrale.

Novye izvestia

Des "cerveaux" quittent la Russie, des "bras" y arrivent

D'après les données du Centre Carnegie de Moscou, la raison principale du départ des scientifiques russes à l'étranger est un niveau de vie bas qui les contraint à chercher un travail intellectuel bien rémunéré, ont déclaré 76 % des personnes interrogées par les sociologues. Les autres raisons citées sont le faible prestige de la science (53 %), l'impossibilité des scientifiques d'appliquer leurs connaissances (50 %) et l'instabilité politique (40 %). Certains quittent la Russie, d'autres y arrivent. Les Statistiques russes (Rosstat) constatent la balance positive générale de la migration avec les pays étrangers. En 2003, le nombre de ceux qui sont arrivés en Russie a dépassé de 33 100 celui de ceux qui l'ont quittée. Mais il faut se rendre compte que ce sont, pour l'essentiel, des "cerveaux" qui quittent le pays et au contraire, des ouvriers qui y arrivent des pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants) et des pays baltes.

Le ministère russe de l'Intérieur est en train de recenser les migrants. 60 % de ceux qui partent vont en Allemagne, 18 % en Israël, 12 % aux Etats-Unis, 1 % au Canada et moins de 1 % en Finlande. L'Institut des problèmes socio-économiques de la démographie constate l'accroissement de la part des Russes qui cherchent activement des opportunités pour partir travailler à l'étranger. Si, en 1996, seulement 14 % des Moscovites interrogés ont cité le départ à l'étranger comme le moyen admissible pour eux de surmonter la crise socio-économique, en 2000, ils constituaient déjà 20 %. La majeure partie des Russes qui quittent le pays travaillent dans le secteur tertiaire ( supermarchés, restaurants, hôtels, stations service), mais il y a aussi un aspect géographique spécifique. Par exemple, les pays d'Europe du Sud attirent la main d'oeuvre, pour l'essentiel, pour les travaux saisonniers dans l'agriculture. Quant aux Etats-Unis, ils préfèrent accueillir des spécialistes de la programmation et du high-tech. Les travailleurs russes du transport et les personnes employées dans le domaine la construction de grands ouvrages industriels prédominent dans les pays du Proche et du Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine (centrale nucléaire de Bouchehr en Iran, combinat métallurgique au Nigéria).

Kommersant

La Douma a l'intention de retirer aux brasseurs 1,5 milliard de dollars

Le Comité pour la politique économique et l'entreprise de la Douma (chambre basse du parlement russe) a approuvé hier les amendements au projet de loi "De la limitation de la vente au détail et de la consommation de bière et de boissons fabriquées sur sa base" qui sera examiné en deuxième lecture.

Les députés proposent d'interdire la consommation de bière dans tous les endroits qui ne sont pas équipés pour cela. Autrement dit, après l'adoption de la loi, on ne peut prendre de la bière qu'aux bars, aux cafés et aux restaurants. En plus des restrictions de publicité sur la bière, c'est un nouveaucoup porté au secteur, lit-on dans le quotidien "Kommersant".

Selon les experts, la bière achetée pour sa "consommation immédiate" constitue 30 % des ventes. Marat Ibraguimov, analyste de la société financière "Uralsib", évalue le chiffre d'affaires total du marché de la bière à plus de 4 milliards de dollars, sans tenir compte des impôts indirects. Viatcheslav Mamontov, président de l'Union des brasseurs, estime que cet indice est de 5,5 milliards de dollars. Par conséquent, après l'adoption du projet de loi, les brasseurs risquent de perdre 1,2 à 1,65 milliard de dollars.

Par ailleurs, les députés ont promis de réfléchir à la question de savoir s'il est permis ou non de boire de la bière non alcoolisée dans la rue.

D'ailleurs, les principaux participants au marché estiment que la loi ne lésera pas leurs intérêts. "La bière consommée dans la rue est, pour l'essentiel, celle de la catégorie moyenne et bon marché, a dit Irina Kibina, vice-présidente de Sun Interbrew (compagnie fondée au printemps 1999 par la deuxième compagnie de bière au monde Interbrew et par Sun Brewing faisant partie de Sun Group, pour travailler sur les marchés de Russie et d'Ukraine), c'est pourquoi les problèmes se poseront avant tout aux petits producteurs locaux".

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