Revue de la presse russe du 23 septembre

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MOSCOU - RIA-Novosti.

Vedomosti

La filiale de YOUKOS coûte 15 à 17 milliards de dollars

La Dresdner Kleinwort Wasserstein a présenté ces jours-ci au ministère de la Justice de la Fédération de Russie les résultats de l'évaluation de "Youganskneftegaz". De l'avis de la banque, cette compagnie coûte 15 à 17 milliards de dollars. Les analystes sont certains qu'il est peu probable que cette somme arrange les fonctionnaires et que ceux-ci exigeront le retrait de la licence à "Youganskneftegaz", afin de diminuer son prix.

Comme l'a fait savoir au quotidien "Vedomosti" une source proche de YOUKOS, la Dresdner Kleinwort Wasserstein a achevé ces jours-ci l'évaluation de "Youganskneftegaz" et son résultat a été examiné avant-hier à la réunion au ministère de la Justice avec la participation des représentants du ministre de la Justice et du ministère du Patrimoine national. Les représentants des ministères susmentionnés se sont abstenus de donner des commentaires, mais un fonctionnaire gouvernemental bien informé a confirmé à "Vedomosti", en se référant au ministère de la Justice, le résultat indiqué ci-dessus.

Les analystes le qualifient de "juste et conforme aux attentes des investisseurs", mais ils doutent qu'il convienne aux huissiers. Comme le fait remarquer Steven Dashewsky, analyste de la compagnie d'investissement "Aton", "le gouvernement s'est coincé", en confiant l'évaluation de "Youganskneftegaz" à la banque indépendante Dresdner Kleinwort Wasserstein. "L'intérêt était de placer "Youganskneftegaz" sous contrôle, raisonne Steven Dashewsky. Mais, compte tenu de cette évaluation et du reste de la dette fiscale de YOUKOS, il ne sera possible de vendre aux enchères que 20 à 25 % de "Youganskneftegaz". Cela étant, estime Steven Dashewsky, les fonctionnaires n'ont qu'un moyen d'enlever "Youganskneftegaz" à YOUKOS: en lui retirant la licence pour les gisements. Dans ce cas, précise Pavel Kouchnir, analyste du Groupe financier unifié, le prix de "Youganskneftegaz" tombera tout de suite jusqu'à 2 milliards de dollars". Il est peu probable que les huissiers se servent de l'évaluation faite par Dresdner Kleinwort Wasserstein, résume-t-il.

En 2003, "Youganskneftegaz" a extrait 49,7 millions de tonnes de pétrole (62 % de toute l'extraction de YOUKOS) et, en six mois de 2004, 25,6 millions de tonnes de pétrole.

Novye izvestia

Les investisseurs étrangers ont sous-estimé la Russie

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a présenté hier un rapport sur les investissements mondiaux de l'année dernière. Il s'avère que les investisseurs étrangers sous-estiment beaucoup le potentiel de la Russie. La part de l'argent étranger dans la somme totale des investissements effectués dans ce pays ne dépasse pas 1,5 %. Dans les pays développés, cet indice atteint 50 %, constatent les "Novye izvestia".

Selon le rapport de la CNUCED, les investissements en Russie ont diminué d'environ 3 fois en passant de 3,5 milliards de dollars, en 2002, à 1 milliard de dollars en 2003. Il est à remarquer que les données de la CNUCED diffèrent fortement des données officielles du ministère russe du Développement économique et du Commerce. Ce ministère affirme qu'environ 7 milliards de dollars sont arrivés en 2003 en Russie. La différence d'évaluation peut être expliquée comme suit: les experts étrangers n'ont pas tenu compte de la plus grande transaction de l'année dernière: la fusion de la compagnie russe TNK avec le géant pétrolier britannique BP, dont le montant est de 6,7 milliards de dollars. "Les chiffres concernant les investissements dépendent parfois de quelques transactions", a expliqué Olga Kouznetsova, de l'Académie de l'économie nationale. Le fait significatif de l'économie russe: à la suite d'une seule transaction, les investissements ont été multipliés par 7.

Le rapport de la CNUCED comporte un autre point déplaisant. Par l'exportation du capital, la Russie figureparmi les vingt premiers Etats: 3,5 milliards de dollars en 2003 et 9,7 milliards de dollars en 2004. Selon les experts, d'ici la fin de l'année, l'exode des capitaux serait de 17 milliards de dollars.

Izvestia

Les représentants du pouvoir examinent les propositions du président sur le changement de la législation électorale

Le projet de loi sur la nouvelle procédure de nomination des gouverneurs peut être élaboré vers la mi-octobre. Cependant, la procédure de désignation par le président de la candidature du dirigeant de la région et de son approbation par l'assemblée législative reste assez vague, estiment les "Izvestia".

Alexandre Khloponine, gouverneur du territoire de Krasnoiarsk, estime que la verticale du pouvoir en Russie ne peut être édifiée entièrement que si les chefs des administrations régionales sont également investis du droit de nommer les dirigeants des entités territoriales importantes. Les dirigeants de ces territoires doivent aussi élire les organes législatifs locaux sur proposition du gouverneur. Quant aux chefs des administrations municipales, ils doivent être élus au scrutin direct et public. Selon Alexandre Khloponine, le président est au courant de ces propositions: il a posé la tâche de les étudier, c'est pourquoi une commission a été créée.

Certains représentants du pouvoir estiment que le droit de rappeler un gouverneur doit appartenir non seulement au président, mais aussi à l'assemblée législative qui l'a approuvé. Si l'assemblée législative décline la candidature proposée par le président, le chef de l'Etat doit en proposer une autre.

Cependant, selon l'avis répandu parmi les analystes, la Cour constitutionnelle ne pourra pas abroger sa décision prise en 1996, dans laquelle les modalités d'élection du gouverneur par le parlement local ont été considérées comme non conforme à la Constitution.

Mais la première interpellation à la Cour constitutionnelle au sujet des initiatives présidentielles sur les élections d'après le système proportionnel a déjà été adressée par Vladimir Ejikov, député à la Douma de la région de Kaliningrad.

Selon Vladimir Ejikov, il s'ensuit que, désormais, pour être élu au parlement du pays, il faut appartenir à un parti. C'est une violation de l'article 19 de la Constitution sur l'égalité des droits et des libertés du citoyen indépendamment de son appartenance aux formations sociales.

Selon certains avis, les partis regroupent dans leurs rangs au maximum 4 % de Russes majeurs. De l'avis de Vladimir Ejikov, si la Douma approuve ce projet de loi, la majorité des citoyens seront privés du droit électoral passif: "d'être élu". Or, c'est l'électeur, et non pas un fonctionnaire du parti, qui doit décider de la possibilité d'être élu.

Nezavissimaïa gazeta

Une aggravation de la tension attendue au Caucase du Nord

La première quinzaine d'octobre menace d'être une nouvelle période d'aggravation de la situation dans le Caucase du Nord. Premièrement, le 5 octobre est choisi pour la cérémonie d'investiture du président nouvellement élu de la Tchétchénie, Alou Alkhanov. Deuxièmement, le 12 octobre sera le quarantième jour de commémoration des victimes de Beslan, informe le quotidien "Nezavissimaïa gazeta".

A cette occasion, des mesures de sécurité renforcées sont mises en place à Grozny. Trois sites à la fois ont été choisis pour la cérémonie de prestation de serment présidentiel et ils sont tous tenus en secret, a annoncé hier le chef de l'appareil du président et du gouvernement de la Tchétchénie. Bien que toutes les structures de force en Tchétchénie soient toujours maintenues en état d'alerte permanent, la situation dans cette république demeure tendue. Des opérations massives dans lesquelles plus de mille agents du ministère de l'Intérieur sont engagés sont menées dans l'ensemble du territoire pour retrouver et éliminer les leaders des séparatistes, Chamil Bassaev et Aslan Maskhadov, qui, comme on le sait, ont annoncé leur intention de faire avorter l'investiture du président Alkhanov le 5 octobre. Ces opérations ont déjà permis de prévenir plusieurs attentats terroristes.

Des craintes d'une aggravation de la tension persistent également en Ossétie du Nord. "Une détérioration éventuelle de la situation est supposée aussi bien au niveau officiel qu'officieux. Ce n'est pas par hasard que de nombreux journalistes étrangers envisagent de débarquer dans la région du 10 au 20 octobre. On constate aussi un renforcement du dispositif militaire", a dit au journal une représentante du Centre de journalisme extrême de Vladikavkaz, Iana Voïtova. Le ministère de l'Intérieur de l'Ossétie du Nord a diffusé un numéro de téléphone pour se faire informer des appels à "régler leurs comptes aux Ingouches" (le commando qui a pris en otage l'école de Beslan comprenait des habitants de l'Ingouchie, république voisine de l'Ossétie du Nord).

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