Quelle sera la position de Moscou sur le programme nucléaire de l'Iran à la réunion de l'AIEA?

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MOSCOU (par Piotr Gontcharov, commentateur de RIA-Novosti).

Quelle sera la position de la Russie sur le programme nucléaire de l'Iran à la réunion du 25 novembre du Conseil des gouverneurs de l'AIEA?

Moscou a soutenu la dernière résolution de l'AIEA sur le développement du programme nucléaire de l'Iran. Mais on se demande si Moscou approuvera le transfert du "dossier nucléaire" iranien au Conseil de sécurité de l'ONU, si l'Iran reste sourd aux "appels" qui lui sont lancés dans la résolution de l'AIEA.

La ferme position occupée par la Russie (et la Chine) à la dernière réunion du Conseil des gouverneurs a permis de ne pas inclure dans la résolution le "mécansime de transfert" soit une disposition sur le transfert automatique du "dossier nucléaire" iranien au Conseil de sécurité de l'ONU. Cependant, ce document qui est considéré par les experts comme un "compromis" laisse entendre clairement à l'Iran que le 25 novembre, à la prochaine réunion du Conseil, la communauté internationale prendra une "décision définitive" concernant son programme nucléaire.

La résolution "invite" l'Iran à introduire, pour "renforcer la confiance", le moratoire total sur tous les types de travaux d'enrichissement de l'uranium et à ratifier immédiatement le protocole avec l'AIEA additionnel à l'accord sur les garanties. Le protocole additionnel est une solution efficace qui facilite l'activité de l'AIEA en lui permettant d'effectuer des inspections "plus rapides et plus étendues", ce à quoi s'oppose l'Iran. Ce n'est pas par hasard qu'une des questions examinées à la session du Conseil des gouverneurs avait trait à l'introduction par l'Iran du moratoire sur tous les travaux d'enrichissement de l'uranium, ce à quoi l'AIEA a maintes fois invité l'Iran dans ses résolutions précédentes.

Portant son appréciation sur la résolution adoptée, le ministère russe des Affaires étrangères l'a qualifiée de "compromis" reflétant l'essentiel: l'avis prédominant des Etats membresde l'AIEA, selon lequel il faut lever dans les plus brefs délais toutes les questions en suspens concernant l'activité de l'Iran dans le domaine nucléaire". Le ministère russe des Affaires étrangères fait remarquer que la résolution indique le meilleur moyen (la coopération) de lever toutes les questions en suspens. Téhéran est notamment invité à reprendre le moratoire sur tous les travaux d'enrichissement, Moscou soutient cet appel. Malheureusement, souligne le ministère russe des Affaires étrangères, Téhéran "a partiellement revu ses engagements pris de son plein gré dans ce domaine". Néanmoins, la Russie espère que le maximum sera fait à la prochaine réunion de novembre du Conseil des gouverneurs de l'AIEA pour régler les problèmes existants et s'assurer que les exigences de la résolution seront intégralement remplies. "Nous espérons que toutes les parties déploieront des efforts afin de lever les questions en suspens et de permettre à l'AIEA de poursuivre les inspections en Iran ", indique le ministère russe des Affaires étrangères.

A en juger par le ton général de cette appréciation, en adoptant sa position sur le programme nucléaire de l'Iran à la réunion des gouverneurs du 25 novembre, Moscou se conformera probablement aux conclusions de l'AIEA sur le destin du "dossier nucléaire" iranien. Il n'est pas superflu de rappeler, sous ce rapport, que le Conseil des gouverneurs se réserve le droit d'examiner la question "sur l'utilité d'adopter par la suite des décisions sur le programme nucléaire iranien". Autrement dit, si l'Iran méprise les "appels" de la résolution, l'AIEA "se lavera les mains", en laissant le soin à la communauté internationale tout entière de décider du sort de son programme nucléaire.

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